SCIERIES POUR BOIS EN GRUMES
Les arbres étant abattus, soit à la hache, soit à l'aide de la scie à lame droite et à action directe de la vapeur, on procède ensuite au sciage en travers qui se fait le plus souvent sur place.
i1« ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
La figure 120 donne une modification de la scierie à action directe représentée figures 118 et 119. Au lieu d'être à aclion directe, elle fonctionne par ■ oiirroie. Selon ies cas, on emploiera l'un ou l'autre système. Puis, les diverses
Fig. IW.
machines que nous allons décrire, sont utilisées pour équarrir convenablement <>l rapidement les gros bois en grume de 50 centimètres à 1™,20 de diamètres destinés à la charpente, à la marine et au commerce.
Toutes les industries travaillant le bois, utilisent ces aciéries qui donnent la première façon aux arbres abattus. Les exploitants de forêts, les constructeurs de wagons ou de navires, les charpentiers, elc..., ainsi que les usiniers chei lesquels les bois d'emballage sont employés en grande quantité, peuvent ainsi, 1,-ràce à ces machines, substituer à la main-d'œuvre du scieur de long, le travail rapide et précis de scieries verticales à lame sans fin ou circulaire à chariot.
Les scieries verticales alternatives à plusieurs lames pour sciages droits (lig. 121, 123, 123, 134) reçoivent autant de lames qu'on le désire. Ces lames travaillent ensemble la pièce de bois placée sur le chariot. Deux lames permettent d'équarrir ; une seule au milieu fend eu deux les gros troncs dont on a besoin de connaître la qualité au cœur, et, deux, trois, cinq, dix, quinze lames divisent l'arbre d'une seule fois et en ligne droite en autant de traits qu'on a placé de lames.
Hais, généralement, dans la pratique on procède autrement en divisant le travail.
On se contente de mettre six ou huit lames au châssis pour obtenir de grands plateaux qui sont ensuite équarris à la scierie circulaire, puis engagés ihins une scierie à cylindres pour èlre divisés d'un seul coup en autant de planches que l'on désire. On évite ainsi l'emploi coûteux d'un grand nombre de lames difficiles à placer bien régulièrement et qui sont longues à affûter. De plus, on ménage la force motrice.
Le chariot diviseur que l'on voit à la figure 125 peut Être appliqué au modèle de scie représentée figure 121. Dans ce cas, on peut fendre l'arbre en deux parties ou le diviser en feuillets et panneaux.
I.h figure 124 représente une scierie double au moyen de laquelle on peut, à l'aide de deux châssis de différentes grandeurs, soit débiter en même temps un bois en grume de 70 centimèlrcs et un autre de 50 centimètres, soil dédoubler
en planches les bois éqnarris au grand châssis. On évite ainsi l'achat d'une scierie à cylindres.
Si l'on veut scier les bois en grume suivant une courbure quelconque, suivant la courbure naturelle de l'arbre ou suivant une ligne tracée sur la pièce, on emploie la scie verticale à plusieurs lames (fig. 1S6). Cette scierie reçoit des chariots spéciaux et des dispositions particulières à l'aide desquelles, l'ouvrier placé près des lames dirige très facilement le bois suivant la ligne donnée.
La figure 125 représente une scierie verticale à une lame sur le côté avec chariot diviseur. Celte machine ne fait à la lois qu'un seul trait de scie, mais d'une grande précision et permet de varier l'épaisseur du feuillet, du panneau ou du plateau après chaque trait. La lame très tendue peut être relativement mince et prend peu de bois pour l'épaisseur du trait.
La lame est divisée dans sa longueur en plusieurs parties égales, comprenant chacune quatre dents à deuble inclinaison, c'est-à-dire que chaque partie
l'AUL CHARPENTIER — LE B01;
l'A Ul, CHARPENTIER -
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE a denture inclinée on sens contraire de la partie précédente et s
bcie ainsi disposée offre le grand avantage d'être à action continue comme les
scies circulaires sans présenter les inconvénients de ces dernières, c'est-à-dire
que la lame 'travaille aussi bien en montant qu'en descendant, permettant ainsi de doubler la production.
Le chariot portant le bois n'avance pas alternativement au moyen d'un
rochet; cet avancement s'effectue d'une manière continue par l'effet de poulies en cônes avec double embrayage à friction.
11 faut, en général, toutes Jes fois qu'on le peut, préférer l'installation avec
fosse peu profonde |fig. 125) n'excédant pas l m ,78. L'entretien est plus facile,
la manœuvre meilleure, le sciage plus régulier. Le châssis porte-lames peut
atteindre une très grande vitesse et donner jusqu'à deux cent cinquante coups à la minute.
La scierie à lames sans Tin est parfaite pour tous les travaux de chantourne ment et de débits des petits bois courbes; elle peut s'appliquer également au sciage droit des bois en grumes (fig. 127, 128). Grâce au chariot diviseur ou double, elle peut servir aux mêmes usages que la scierie verticale alternative,
Hais cette dernière est supérieure à la première, et comme sciage, et comme simplicité d'entretien.
Bien que la lame soit sur le coté (fig. 125), on peut travailler le bois jusqu'à 85 centimètres d'épaisseur et la manœuvre des grumes est très facile. On commence .«
par griffer les bois sur le chariot pour le premier trait, puis on leur fait faire quartier successivement et l'on arrive ainsi à l'équarrissagc complet; ou bien, plaçant la première face dressée du côte du chariot, la division de la pièce de bois en planches, feuillets ou panneaux, s'obtient très facilement et avec une grande précision.
La scierie verticale alternative nous parait donc plus aisée à conduire que la scierie à lame sans fin, appliquée au sciage droit des bois en grume.
Un ouvrier très ordinaire peut faire un excellent travail avec la première, mais pour tirer un bon parti de la seconde, il faut avoir à sa disposition un
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homme habile et spécial. Cela lient au soin absolu qu'il faut apporter à l'affûtage des lames sans fin qui sont longues de 8 à lu mètres. Dans ce cas, elles ne
peuvent pas être très tendues sous peine d'échauffer les coussinets ; il en résulte que, si la voie de la scie n'est pas très régulière et si les bois sont un peu
PAl'l. CHARPCSTIEii ■
ENCYCLOPEDIE UllMlQl-K
difficiles, le ruban dente s'écarte de la ligne droite dans les hauts bois et les guides sont impuissants à les maintenir. Cet inconvénient n'existe pas pour les petits bois conduits à la main.
Toutefois, il est des cas où pour débiter les bois en grume, les scieries à lames circulaires munies de chariot supportant et amenant les bois, sont préférables.
Ces appareils peuvent être montés sur des bâtis en fonte ou en bois (fig. 129, 430, 134, 432).
Toutes les pièces étant près du sol sont stables, facilement transportables et peuvent s'établir commodément en forêts.
L'épaisseur du trait de scie produit par les lames circulaires d'un grand diamètre limite l'emploi de ces lames à la division des bois ronds en deux ou trois parties. Chacune de ces parties est ensuite subdivisée au moyen de lames d'un plus petit diamètre et de moindre épaisseur, en planches, voliges, lattes, etc.
Dans les exploitations temporaires, on fait souvent usage de scies verticales montées sur roues pour en faciliter le transport (fig. 433), mais les secousses produites par le mouvement alternatif des organes nécessitent des travaux de consolidation qui ôtent à ces appareils la plus grande partie de leurs avantages.
11 paraît plus certain d'employer des types de scieries demi-fixes, n'exigeant pas de fosse profonde, ni de travaux de fondation- faciles à installer sur le sol, mais devant être transportées au moyen de chariots indépendants.
Telles sont les scieries représentées figures 424, 422, 423 pour l'assise desquelles, il suffit d'un châssis ou charpente en bois solidement boulonné, qui se démonte et se transporte comme les diverses pièces composant la scie.
La scierie circulaire se prête fort bien aux exigences du transport instantané.
La force motrice nécessaire à la bonne marche de ces diverses scieries varie en général de 4 à 6 chevaux-vapeur pour les bois ordinaires.