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TRANSPORT DES BOIS

Dans les pays de montagnes, on emploie des glissoires pour faire descendre les bois, et si la distance est trop considérable, on charge les pièces sur des traîneaux.

Les arbres abattus dans les pays plats sont amenés sous deux paires de roues, aux essieux desquels ils sont attachés par des chaînes.

Les bois arrivas près d'une rivière sont transportés plus avantageusement

par eau et préférablement sur des bateaux, excepté dans les cas spéciaux où l'on doit les faire flotter.

FLOTTAGE JBN SUEDE

D'après M. Paquet, d'importantes compagnies de flottage ont été créées en Suède pour le transport spécial des bois exportés par ce pays. Ces compagnies se chargent, soit avec leur propre personnel, soit avec l'intervention de brigades de tâcherons, du flottage, de l'empilage et de la répartition des bois. Ce travail terminé, les compagnies établissent pour chaque propriétaire le compte des frais qui leur incombent.

Un certain nombre de ces compagnies se chargent des travaux d'endiguément, de leur entretien, du curage des rivières, etc. Ces travaux sont souvent considérables, car le cours des rivières et torrents du Nordland suédois est des plus irréguliers. Souvent, des blocs de rochers de grandes dimensions encombrent le lit des cours d'eau, forment des barrages et rendent les travaux d'entretien fort difficiles.

Sur les pentes rapides, les bois sont descendus au moyen de rouleaux. Sur celles qui sont plus douces, on emploie un avant-train de traîneau attelé de chevaux. Les bois sont fixes par le gros bout sur le traîneau, tandis que l'autre glissant sur la neige est manœuvré dans les tournants par un ouvrier, Dès que le terrain présente une pente plus douce, on réunit avec des chaînes plusieurs gros blocs entre eux, sur deux traîneaux formant avant et arrière-train et dont la distance se règle suivant la longueur des bois.

Pour soulever et tourner les billes on emploie deux outils; l'un est une forte gaffe (wendehaken) et l'autre est un levier (hedebaum).

Les bois sont ensuite empilés sur les bords des rivières et chaque pièce est marquée au chiffre du propriétaire.

Au printemps commence le flottage, vers le 1 er juin. A cette époque, le dégel en masse se produit et la crue des eaux atteint de grandes proportions que l'on utilise. En effet, plus le courant est rapide et moins on a de chances de perdre des bois en route. Si, au contraire, le courant est trop faible, les pièces vont s'échouer et se fixer sur les berges.

Les bois des piles sont poussées dans le courant; ils y flottent à bûches perdues. Malgré toutes les précautions dont sont accompagnées ces diverses manœuvres, il arrive souvent que des pièces s'accrochent, s'arrêtent et se fixent même au milieu des rivières. Les bois alors s'entassent les uns sur les autres, s'accumulent et finissent par former de véritables barrages qui sont ensuite fort difficiles à démolir.

Une autre cause de perte réside dans la rupture des bois causée par les cataractes. En Norwège, on est quelquefois forcé d'avoir recours à la dynamite pour disloquer les amas de bois formés au pied des cataractes.

On conçoit que pour ces divers travaux on soit obligé d'employer des ouvriers habiles et forts.

Les salaires sont les suivants :

Les flotteurs sur mer [xjôftott&re) qui conduisent les trains de bois sont payés de O',t0 à 0',Ï5 par heure de travail.

Les flotteurs de rivière et de torrents (ttrômflottare) touchent de 0',2B àC,30.

Enfin, les contremaîtres (oormann) ont de r ,30 à 0',40.

Sur les lacs, le transport des bois flottés se fait de deux façons différentes. Sur les petits dont la longueur ne dépasse pas 10 kilomètres, on forme une grande enceinte circulaire avec un chapelet d'une centaine d'arbres réunis bout à bout. Un coté est ouvert, par lequel on peut faire pénétrer environ 20.000 troncs d'arbres. On ferme ensuite et les bois ne peuvent plus sortir. Pour mettre le tout en mouvement, on emploie une ancre fixée à un cabestan. Cette ancre se trouve mouillée à 300 mètres environ en avant et on haie dessus. I, 'ancre est ensuite enlevée, transportée plus loin et la manœuvre se continue ;iinsi jusqu'à l'extrémité du lac. Cette manœuvre s'appelle en suédois tpeifloltning ou jeu de flottage.

Lorsque les lacs sur lesquels on opère sont plus grands, on est obligé pour remorquer les flottes de bois d'avoir recours aux steamers.

TRANSPLANTATION DBS ARBRES

Enfin, nous donnerons quelques détails sur un point intéressant du transport

Fig. 141. — Vue de profil.

îles arbres, nous voulons parler de celui qui a trait au déplacement d'arbres entiers lorsqu'il s'agit de transplantations.

TIEIt — LE BOIS

Dans ce cas, on emploie, à Paris, notamment, des chariols spéciaux qui peuvent se classer en trois catégories.

Fig. 143. — Plan du p<:lit chariot.

I* Le petit chariot (fi};, 141, US, 143, 144) qui représentent une vue de profil, un plan et deux élévations de lavant-trait, et de l'a mère-train dit cltnriot ;

Fig. 143. — Elévation de l'avant-train. Fig. 141. — Elévation de l 'arrière-train.

2* Le chariot h deux chevaux dont les figures 143, 146, Ht, 148 représentent une vue de profil, un plan et deux élévations de l'arrièrc-train et de l'avanttrain du chariot;

Ses ENCYCLOPEDIE CHIMIQUE

3* Enfin, le grand chariot construit en Ter et en fonte. Les figures 149, 150 indiquent une vue de profil et un plan de cet appareil.

Fig. 1W. — Vue de profil du chariot à deux chennx.

Fig. IMi. — Plan du chariot à deui rhcvaux.

Lorsque l'on emploie ces chariots pour une transplantation d'arbres, on doit avoir soin de conserver, autant que possible, les racines, surtout celles qui présentent le plus de parties chevelues. La motte de terre qui accompagne l'arbre, doit donc avoir le plus d'ampleur possible.

Pour les arbres a feuilles caduques, la dimension des mottes peut varier de 0-,80 à 2" ,50, selon le diamètre et l'âge des arbres. A l'égard des arbres h feuilles persistantes, dont les racines se reforment moins facilement, il faut toujours, pour en favoriser la reprise, quelle que soit d'ailleurs la force de ces arbres, de très grosses mottes de près de 2 mètres de diamètre au minimum.

PAUL CHARPEHTIEB -

Fig. 1*7. — Elévation de l'arrière -train. Fig. 148. — Elévation de IVant-ti

Fig. 149, — Vue dt profil du grand chariot.

Pour transplanter les arbres au moyen de ces chariots, on pratique d'abord, autour du tronc et à une certaine distance de son pied, un déblai annulaire afin de pouvoir former la motte. Au fur et à mesure que la fouille devient plus profonde, la motte est garnie suivant la nature plus ou moins compacte du terrain dont elle est formée, soit d'une enveloppe en branchages, soit d'un cuvelage cerclé en bois avec bandes en fer, armées de vis de pression.

L'arbre est alors soutenu à l'aide de haubans et l'on détache la motte du terrain auquel elle adhère par la base, en passant des plats-bords par dessous, quand elle est encastrée dans un cuvelage en bois; ou en retournant et en nouant les branches, quand elle n'est entourée que de branchages.

Fig. 150. — Plan du grand chariot.

L'arbre étant ainsi préparé, on pose au-dessus de la feuille deux plats-bords, sur lesquels on pousse le chariot, de manière à embrasser l'arbre dans les quatre traverses qui forment le bâti du chariot. La traverse de l'arrière est d'ailleurs rattachée aux traverses latérales par une charnière qui permet de la manœuvrer à volonté et d'ouvrir ainsi au tronc de l'arbre un passage qui lui permet de pénétrer dans le bâti. La motte est alors prise en dessous par la corde ou par la chaîne enroulée sur les treuils de l'appareil. On imprime ensuite à ceux-ci un mouvement de rotation, et l'arbre avec sa motte est enlevée au-dessus du sol. La traverse de l'arrière du bâti est remise en place; les haubans amarrés aux principales branches de l'arbre, pour le maintenir droit et solide, sont attachés sur ce bâti.

Ces diverses opérations une fois terminées, on attelle le chariot et l'arbre est transporté à sa nouvelle destination. Pour le descendre à la place qu'il doit occuper, on emploie les mômes procédés que pour l'enlever du sol où il a été pris. La cavité préparée pour le recevoir doit toujours être garnie de bonne

terre, convenablement tassée et humectée, au fur et à mesure qu'elle est jetée dans la fouille.

Le prix de la transplantation d'un arbre, en supposant un parcours de 3 à '* kilomètres, varie pour le petit chariot de 20 à 40 francs, pour je chariot moyen de 40 à 75 francs, et pour le grand chariot, qui exige souvent neuf chevaux, do 75 à 120 francs.

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