GÉNÉRALITÉS SUR LES ANTISEPTIQUES EMPLOYES
La nature des substances antiseptiques employées et les moyens de les faire pénétrer au travers des masses ligneuses ont beaucoup varié.
Les principales matières dont on ait successivement fait usage sont les sels métalliques, puis les huiles végétales et minérales.
Parmi les sels métalliques, ceux de mercure et de zinc firent l'objet d'un grand emploi en Angleterre. Ceux de fer et de cuivre furent plus spécialement employés en France.
Le sublimé corrosif, ou protochlorure de mercure, servait depuis longtemps à la conservation des pièces anatomiques ainsi qu'à l'embaumement des corps,
auxquels il donne une grande dureté, lorsque Kyan songea en 1832 à l'appliquer à [la conservation des bois. Ce sel fut d'abord employé, dans la proportion de 1 kilogramme de sel pour 40 kilogrammes d'eau, à conserver des bois destinés à des constructions particulières et même à des constructions navales. Toutes les expériences lui furent favorables, et malgré la propriété dont jouit le mercure de se séparer de la plupart de ses combinaisons, il paraîtrait que ces bois n'avaient sur la santé aucune fâcheuse influence. Malheureusement, le prix du sublimé corrosif étant très élevé, on a essayé de conserver des traverses de chemins de fer en employant une dissolution beaucoup plus étendue, et le procédé ne réussit plus.
Le sulfate et le chlorure de zinc furent ensuite appliqués sur une grande échelle, surtout en Angleterre.
Le chlorure de zinc est un antiseptique très puissant, mais il a l'inconvénient d'être très soluble dans l'eau. On estime environ à dix ans la durée qu'il peut donner à des traverses de sapin convenablement préparées. Il faut, dans ce cas, qu'il soit employé dans la proportion d'au moins 1 kilogramme de sel pour 40 kilogrammes d'eau, et que la quantité de sel injectée dans le bois soit d'au moins 2 kilogrammes par mètre cube.