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PROCÉDÉS PAR IMMERSION

L'immersion des bois, lorsqu'elle n'a pour but qu'une simple action physique, peut consister à plonger les pièces à protéger dans une couche de sable, par exemple.

Le plongement des bois de marine dans le sable, afin de les soustraire aux intempéries de l'atmosphère, était usité en 1836 dans plusieurs de nos ports militaires.

Quant à l'immersion dans l'eau douce, ce mode de faire avait faveur en Angleterre vers la fin du XVII e siècle.

L'immersion dans l'eau de mer donnait naturellement de meilleurs résultats.

En 1819, le conseil maritime ordonnait encore de plonger dans l'eau de mer les pièces de bois destinées à la construction des navires. Toutefois les opinions étaient partagées ; l'immersion produisait bien le départ d'une partie des sucs végétaux et leur remplacement par les particules salines ; mais ces dernières, disait-on, attirant ensuite l'humidité de l'atmosphère, provoquaient plutôt qu'elles n'empêchaient la putréfaction.

Encore maintenant, cependant, les bois de la marine sont mis souvent en réserve dans l'eau de mer, ou sont enfouis dans les vases molles du littoral qui les mettent à l'abri du taret naval.

John Griffith, dans son Manuel du constructeur de navires, nous apprend qu'il y a trente ans ce que l'on connaissait de mieux pour la conservation des bordages en chêne, c'était de les immerger dans une eau courante fraîche ou dans une eau salée stagnante pendant cinq à six mois, puis de les placer dans l'air, garantis contre le soleil et la pluie, et de les y laisser a peu près le même temps.

En résumé, il paraîtrait que les bois immergés ne se déchargent que très

lentement d'une portion des matières solubles qu'ils renferment, et que ce sont seulement les couches (extérieures qui en sont privées. L'immersion, dans ces conditions, n'aurait donc d'autre effet certain que celui de mettre le bois à l'abri du contact de l'air.

Une méthode préférable serait celle qui consisterait à faire précéder la dessiccation des bois abattus par une immersion partielle dans l'eau, afin de leur enlever une partie de leur sève, que remplacerait l'eau aspirée par la capillarité, car on les rendrait ainsi moins sujets aux fendillements et à la vermoulure.

Les moyens chimiques qui ne furent employés qu'en second lieu pour la conservation des bois, mais qui remontent cependant à une époque assez reculée, consistent en applications de divers enduits, et, comme nous l'avons dit, en pénétration de diverses substances antiseptiques.

Les différents enduits gras ou résineux dont on recouvre la surface des bois ont pour but d'empêcher le contact de l'air, qui est l'agent le plus actif de destruction.

Pline a indiqué l'emploi de diverses huiles que Ton appliquait à la surface du bois pour le garantir de l'action de l'air et de l'humidité.

On sait depuis longtemps que le goudron est un assez bon enduit préservateur (>our la marine, où il sert à recouvrir les bois qu'il garantit de l'action destructive des eaux.

Pour mieux préserver les bois de marine, on avait imaginé à Dunkerque de les enduire de gélatine à chaud, de tanner celte gélatine par l'application d'une solution concentrée de tannin qui la rendait insoluble. C'est la préparation qu'on fait encore subir aux filets de pêcheurs, aux voiles et aux cordages de la marine.

Les diverses substances antiseptiques que l'on a cherché à faire pénétrer dans les bois ont pour but, soit d'expulser le plus complètement possible le suc séveux, cause principale de leur altération, et en prenant sa place de les préserver de toute décomposition; soit de chasser seulement du bois la partie aqueuse de la sève, et, en se combinant avec la matière azotée ainsi concentrée, de former avec celle-ci des composés fixes et insolubles dans lesquels les sucs végétaux ne sont plus susceptibles d'être attaqués par l'humidité, et par conséquent ne peuvent plus donner lieu à la fermentation, condition première et essentielle de la pourriture.

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