EMPLOI DU SULFATE DE CUIVRE
Nous nous bornerons à donner ici les résultats chimiques auxquels remploi de ce sel a conduit, sans nous occuper des appareils employés qui seront décrits un peu plus tard.
D'importantes études ont été faites par M. Bottier sur les résultats fournis par l'injection des bois au moyen du sulfate de cuivre.
Cet auteur établit d'abord que la matière ligneuse, imprégnée de sulfate de cuivre, finit par s'altérer au bout d'un temps plus ou moins long , ce qui s'explique facilement par la disparition de la petite quantité de cuivre fixée sur la cellulose.
Des copeaux imprégnés de sulfate de cuivre, puis lavés à l'eau pure et desséchés ensuite, ont été enfouis dans de la terre végétale maintenue humide par des aspersions périodiques d'eau de pluie; au bout d'un certain temps, la quantité de sulfate de cuivre diminuait, des taches noires se montraient sur les copeaux, et enfin le bois pourrissait.
Les causes sous l'influence desquelles le sel de cuivre est enlevé au bois sont au nombre de trois :
1° La présence du fer;
2° Celle de certaines solutions salines ;
3° Celle de l'acide carbonique.
Des expériences faites sur des copeaux préparés avec des solutions de sulfate de cuivre renfermant des quantités différentes de sulfate de fer ont conduit aux conclusions suivantes :
1° Le sulfate de fer jouit d'un certain pouvoir antiseptique beaucoup plus faible que celui du sulfate de cuivre ;
2° Des bois préparés à l'aide de solutions renfermant à la fois du sulfate de fer et du sulfate de cuivre se conservent sous terre à peu près pendant le même temps, a moins que le sel de fer ne soit en proportion considérable';
3° Il n'y a pas lieu de préférer, pour la préparation du bois, le sulfate de cuivre chimiquement pur au sulfate commercial.
Cette dernière opinion paraît être confirmée par l'exemple de la roue des mines de San-Dominguo. Cette roue s'est trouvée, lorsqu'on l'a découverte, dans un état de parfaite conservation, bien qu'elle eût été immergée pendant quatorze siècles dans des eaux chargées de sulfate de cuivre et de sulfate de fer.
Un certain nombre de sels exercent une action nuisible sur les bois imprégnés de sulfate de cuivre.
Si l'on plonge des copeaux préparés, lavés et desséchés dans une solution de chlorure de calcium, de carbonate de soude ou de carbonate de potasse, on remarque, au bout de quelque temps, que ces solutions renferment toujours une quantité assez considérable de sulfate de cuivre et que le bois en contient de moins en moins.
Ce fait démontre que la préparation par le sulfate de cuivre n'est pas à conseiller pour les bois qui doivent être employés dans les constructions maritimes.
On peut expliquer de la même façon la destruction des bois préparés au sulfate de cuivre lorsqu'ils sont enfouis sous des tunnels ou dans certains terrains calcaires.
De même que certains sels, les solutions d'acide carbonique enlèvent au bois le sulfate de cuivre qui s'y trouve. Il suffit pour s'en convaincre de traiter par Peau gazeuse les copeaux imprégnés.
Pour arriver à augmenter la proportion de métal fixée par la fibre ligneuse, il faut recourir à d'autres sels. C'est ainsi que l'emploi de l'acétate de cuivre permet de fixer deux fois plus de métal. Le chauffage des bois préparés augmente également la proportion de cuivre.
Certains corps organiques agissent à l'égard des sels de cuivre comme les mordants relativement aux matières colorantes. Introduits dans la fibre ligneuse, ils s'y fixent en lui permettant d'absorber des quantités de cuivre parfois très considérables; les corps qui donnent les résultats les plus remarquables sont l'indigo et le cachou.
L'emploi des sels cuproammoniques permet d'introduire facilement une grande quantité de cuivre dans le bois. *
En prenant des copeaux imprégnés par ces divers procédés et en les faisant pourrir, on constate que la durée du bois est d'autant plus grande que la quantité de cuivre est plus considérable.