DENSITÉ
Benzine 0,880
Toluènes 0,874
Xylènes 0,865
Cumènes 0,870
Pyridine 0,980
Phénol 1,065
Crésol 1 ,050
Naphtaline 1 ,153
Qninoléine 1,081
Dans les huiles lourdes, c'est l'acide phénique et l'acide crésylique (phénol et crésol) qui sont les corps les plus volatils et en même temps les plus solubles dans l'eau à la température ordinaire; ils distillent en même temps que les huiles les plus légères. Ensuite vient la naphtaline, qui est insoluble dans l'eau froide et très peu solubie dans l'eau bouillante. C'est la naphtaline qui forme le principal constituant de la boue noire se présentant fréquemment aux extrémités des pièces de bois créosotées. La naphtaline se sublime sous l'action de la chaleur et se concrète en beaux flocons d'un blanc magnifique.
Si maintenant on expose séparément de l'acide phénique et de la naphtaline à la température ordinaire dans l'air, on remarque que la naphtaline disparaît moins rapidement que l'acide phénique.
Le même phénomène s'observe dans les bois injectés par l'une ou l'autre de ces deux substances.
Les huiles légères qui renferment plus d'acide phénique s'évaporent avec plus de rapidité que les huiles lourdes plus riches en naphtaline.
Enfin, si l'on pratique des lavages réitérés à l'eau froide, on finit par entraîner tout l'acide phénique. On voit donc de quelle importance est le choix des huiles d'injection lorsqu'il s'agit de bois à conserver sous l'eau.
On reconnaît donc aujourd'hui à la naphtaline des propriétés antiseptiques moins prononcées que celles de l'acide phénique, mais beaucoup plus durables.
Après la naphtaline distillent les alcaloïdes des groupes de la quinoléine et de la leucoline, puis la paranaphtaline ou anthracène, et enfin l'acridine qui est un antiseptique et un germicide énergique, et finalement le phénanthrène, le carbazol, le pyrène, le chrysène et le benzerythrène. Tous ces corps se volatilisant à des températures élevées, peuvent avoir une valeur sérieuse pour la conservation des bois.
En résumé, il y aurait lieu de revenir à l'emploi préconisé dans le principe, pour l'injection des bois d'un mélange d'huiles lourdes et légères, et d'encourager au lieu d'empêcher l'usage des parties les plus lourdes.
On a également obtenu d'excellents résultats en employant la paraffine pour l'injection des bois. La paraffine a des propriétés antiseptiques énergiques, elle existe dans les huiles lourdes de pétrole, de schiste et des goudrons bitumineux. L'emploi de cette substance a surtout été préconisé pour conserver les bacs en bois qui sont employés dans les fabriques d'alizarine artificielle. On sait que cette substance colorante est préparée au moyen de Y anthracène qui, dissous dans l'acide acétique et dans l'acide chromique, donne Yanthraquinone. Lo, brome donne ensuite Yanthraquinone bibromé, et enfin le traitement par lapo-
tasse fournit l'alizarine. Toutes ces réactions se font à chaud par un courant de vapeur. Or, les bacs en bois employés sont détruits au bout de quelques semaines par les acides et les alcalis employés. Si au contraire on emploie des bois injectés à la paraffine, on peut conserver les bacs pendant deux ans.
La préparation à la paraffine se fait par simple macération au moyen d'une dissolution de paraffine dans le pétrole, l'éther ou le sulfure de carbone.
Les bois sont d'abord parfaitement desséchés à l'étuve pendant environ trois semaines, puis imprégnés de paraffine, et finalement recouverts d'un vernis à Thuile siccative ou de silicate de soude. Ge dernier a l'avantage d'être incombustible ; si on lave ensuite le bois avec de l'acide chlorhydrique, on reforme du chlorure de sodium et de la silice qui bouche les pores du bois.
Avant de décrire les divers appareils employés pour injecter les bois avec l'une quelconque des substances dont nous avons étudié les effets, nous relaterons brièvement les conclusions auxquelles M. Melsens est arrivé à la suite des importantes études qu'il a faites au sujet de l'emploi du goudron dans le problème industriel de la conservation des bois.
1* On peut croire que les essences communes, bouleau, hêtre, charme, etc..., bien injectés, pourront remplacer le chêne pour la fabrication des traverses de chemins de fer.
2° Toutes les substances fixes, insolubles dans l'eau, inaltérables à l'air et à l'humidité, fusibles à une température qui ne dépasse pas celle à laquelle les bois se détériorent, telles que goudrons, bitumes, cires, huiles fixes, colophane, etc..», qu leur mélange, sont les plus convenables.
3° Lorsqu'on injecte une bille en alternant les effets des chauffes et des refroidissements, on peut la pénétrer complètement ou partiellement par des substances conservatrices. Il est toujours convenable de finir par des substances solides à la température ordinaire, afin qu'elles puissent boucher tous les méats les plus exposés à l'air et à l'humidité.
4° Lorsqu'on se contente d'injections partielles, qui sont assez souvent suffisantes, il faut absolument maintenir l'intégrité de la bille, c'est-à-dire qu'elle doit avoir reçu, avant d'être injectée, la forme définitive sous laquelle elle servira.
5° Quand l'injection n'est que partielle, elle se fait toujours dans le même sens, de la même manière, en un mot elle suit le même chemin que la détérioration; de façon que, lorsque celle-ci commencera, elle devra d'abord passer par dessus les portions injectées et conservées avant d'arriver au bois à détériorer.
6° L'injection peut s'obtenir d'une manière très simple en employant la chaleur comme dissolvant des matières sonservatrices, puis en se servant comme force mécanique de la condensation de la vapeur d'eau produite à une température élevée.
7* Quand on carbonise les billes pour les conserver, il faut encore, et surtout dans ce cas, qu'elles aient reçu leur forme définitive. En carbonisant dans des goudrons ou matières analogues, les pores du bois sont bouchés, tandis que la carbonisation pure et simple peut laisser l'intérieur des billes accessibles à l'air et à l'humidité.
8* Les traverses ou billes ordinaires des chemins de fer n'ont aucune valeur
quand elles sont mises hors de service, tandis que celles qui ont été injectées au goudron peuvent servir comme bois à brûler.
9° Un grand avantage de l'injection par les matières goudronneuses consiste dans l'emploi que 1 on peut faire de bois en grume, équarris, verts, desséchés ou •ayant subi des préparations quelconques.