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QUANTITÉS DE GOUDRON QUE LES ROIS PEUVENT

ARSORRER

Suivant l'essence et suivant la perfection du résultat, les bois complètement et parfaitement remplis de goudron en ont absorbé de 30 p. 100 à 50 p. 100 de leur poids (goudron pris à l'état sec, tel qu'on l'obtient en le desséchant dans le vide à 140 degrés).

En général, dans la pratique, on n'a pas besoin d'atteindre des proportions aussi élevées.

Des expériences faites sur de nombreux échantillons d'essences différentes

(chêne, sapin, hêtre, charme, peuplier), ayant environ 0-,30 de longueur sur 7 centimètres de largeur et 5 centimètres de hauteur, ont montré que des injections même peu profondes, mais produites à chaud, pouvaient agir avec efficacité.

Pendant ces expériences, le temps de l'immersion dans] les bains préservateurs variait de cinq à quinze minutes; les matières employées consistaient en goudron ordinaire de gaz, goudron de gaz débarrassé des produits les plus volatils, brai, huile, parfois de la colophane était ajoutée à ces matières. Au sortir du bain chaud, les blocs étaient plongés dans du goudron liquide et froid; en général, pour finir, on les chauffait pendant quelques instants dans le bain chaud en vue de les dessécher.

Quant aux essences différentes, la moyenne d'absorption et de perte se fait dans Tordre suivant : c'est le chêne qui absorbe et perd le moins; vient ensuite le sapin, puis le hêtre et le. bois blanc, qui varient assez souvent, et enfin le charme.

En résumé, on peut injecter avec le goudron en tout ou en partie, des blocs de bois en grume, secs, humides, équarris, travaillés, ayant été préparés par des sels et même en voie de pourriture, en employant la condensation de la vapeur d'eau et la pression atmosphérique comme force mécanique, et en utilisant la chaleur comme force dissolvant ou liquéfiant les matières préservatrices.

Les bois peuvent être entièrement ou partiellement imprégnés et dans les deux cas, ils résistent plus ou moins aux agents qui les altèrent.

La matière préservatrice qu'on injecte suit toujours le chemin que la détérioration prend dans les bois qui s'altèrent spontanément.

La carbonisation superficielle est plus efficace quand elle se fait par l'intermédiaire des matières goudronneuses que si l'on se contente de porter le bois en nature à une température qui en désorganise une partie.

Lorsqu'on ne produit qu'une injection peu profonde, il est indispensable que le bois ait reçu, avant la préparation préservatrice, la forme complète sous laquelle il doit être utilisé.

Une bille qui serait complètement pénétrée de goudron ou de brai pourrait avoir une existence très longue si elle n'était soumise qu'aux agents chimiques ordinaires, mais il y a lieu de tenir compte des causes mécaniques d'altération.

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