ET DE CRÉOSOTE
Nous avons vu que les sels métalliques, malgré certaines qualités essentielles possédées par plusieurs d'entre eux doivent généralement céder le pas aux huiles de goudron indûment désignés dans le commerce sous le nom générique de créosotes.
L'usage cependant de ces dernières est assez embarrassant et exige des appareils assez compliqués. Or, comme nous l'avons vu, les huiles de goudron renferment au maximum 10 p. 100 de créosote ou acide carbolique ou phénique.
Lorsque c'est ce dernier acide que l'on cherche à utiliser, il est évident que l'excès d'huile inerte est inutile.
Indépendamment de cette inutilité, l'huile présente le grave inconvénient de rendre plus difficile l'absorption de la créosote par le bois.
La pénétration d'un liquide dans un corps solide dépend surtout de la facilité avec laquelle ce dernier peut être mouillé par le liquide. On sait aussi qu'une surface ligneuse, imprégnée d'eau, ne saurait absorber aucune huile. Or le bois est difficile à sécher complètement, et d'ailleurs quand on l'expose sec à l'action de l'atmosphère, il en absorbe l'humidité.
Tel qu'on l'emploie pour les travaux et les poteaux de chemins de fer, il ne peut être considéré comme absolument sec, et à cause de l'humidité contenue dans ses pores, il résiste d'une manière marquée à l'absorption des huiles de goudron.
Son exposition dans des espaces où Ton fait le vide ne peut obvier à cet inconvénient; aussi l'imbibition est-elle incomplète.
En appliquant au contraire aux bois une solution de créosote, on ne l'exposerait pas aux inconvénients de la présence de l'huile, et l'on obtiendrait la pénétration avec plus de facilité et plus économiquement.
On a essayé l'emploi de ce système en Allemagne à l'aide d'une combinaison de soude et de créosote renfermant 40 p. 100 de cette dernière. Les pièces que Ton veut imprégner sont enduites de ce liquide étendu d'eau ou placées dans des caisses et recouvertes par la liqueur.
La température est élevée à 100 degrés au moyen d'un courant de vapeur, puis on laisse refroidir lentement. On donne ensuite une couche de sulfate de fer, qui sature la soude, met en liberté la créosote dans les pores du bois et y fait déposer le protoxyde de fer; ce dernier ensuite paraît absorber l'oxygène de l'air encore renfermé dans le bois et passé à l'état de sesquioxyde. Les toiles à voile et les cordages sont souvent préparés de la même façon.
ENCTCLOP. CHIM. 2i