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APPAREIL BRISANT

En 1831, Bréant, directeur des essais de la Monnaie, proposa d'introduire dans les bois des dissolutions métalliques au moyen d'une forte pression.

Son appareil se composait d'un cylindre en fonte M, d'une pompe foulante P, et d'un condenseur N (fig. 157), dans lequel on peut à volonté faire arriver soit de la vapeur, soit de l'eau froide à l'aide du tube a.

L'opération se conduit de la manière suivante : l'obturateur étant enlevé, on introduit la pièce de bois dans le cylindre M et Ton fait arriver le liquide de façon qu'il n'atteigne pas tout à fait le sommet de la pièce de bois. Après avoir refermé le cylindre, on fait le vide en N, par l'introduction alternative de la vapeur et de l'eau froide. On ouvre le robinet 6; l'air passe en partie du cylindre dans le condenseur, et l'on recommence cette opération jusqu'à ce que la pression dans le cylindre soit inférieure à m ,15. Cet état est maintenu pendant quelques minutes afin de laisser sortir les gaz du bois. On ferme ensuite le robinet 6, et l'on introduit, au moyen de la pompe foulante P, le liquide dans le cylindre, jusqu'à ce que la pression soit portée à 10 atmosphères. Cette près-

sion est maintenue pendant un temps] variable, suivant la nature du bois et

lu liquide employé. Ordinairement, six heures suffisent. Au bout de ce temps, on laisse rentrer l'air peu à peu et l'on fait écouler le liquide par le robinet e.

PROCÉDÉ BBTHEL

En 1838, Bélhel modifia le procédé Bréant. La matière qu'il employait élail un mélange d'huiles bitumineuses et de naphtaline, cette dernière possédant, comme nous l'avons vu, des propriétés antiseptiques très puissantes. On peut expliquer son action de la manière suivante : si l'on plonge une pièce de bois dans le produit du goudron de houille distillé, la naphtaline coagule l'albumine du bois et en prévient ainsi la putréfaction, et l'huile bitumineuse pénétrant dans tous les tubes capillaires, cuirasse hermétiquement la fibre ligneuse et ferme tous les pores, qui se trouvent ainsi mis à l'abri de l'air et de l'humidité. Cette huile bitumineuse étant insoluble dans l'eau et sans action sur l'air atmosphérique, permet l'application du procédé dans toutes les situations possibles. L'appareil employé par Béthel était le suivant :

Le bois qu'il s'agit de préserver est d'abord introduit dans un cylindre en tôle entièrement impénétrable à l'air et de plus assez résistant pour supporter une forte pression. Comme il doit pouvoir contenir des pièces de bois de grandes dimensions, on lui donne 2 mètres de largeur sur 20 mètres de longueur. A l'aide d'nne pompe pneumatique mue par une machine a vapeur, on fait le vide, ou plutôt on y raréfie l'air, jusqu'à ce qu'il n'ait plus qu'une pression de 9 centimètres de mercure. L'eau et l'air qui sont contenus dans les cellules du bois peuvent alors se dégager facilement. On introduit ensuite l'huile lourde désignée sous le nom de créosote et dont la densité moyenne est un peu supérieure à celle de l'eau. Cette huile est refoulée dans le cylindre à l'aide d'une presse hydraulique, puis soumise à une pression de 8 atmosphères.

On laisse le bois séjourner dans le cylindre pendant un temps assez long pour qu'il puisse s'imprégner d'huile. Une durée de douze heures est généralement suffisante, mais elle doit être d'autant plus grande que le bois est plus compacte, plus dense et plus humide.

Lorsque le bois est encore vert, il est préférable de ne pas l'employer, car on ne parvient pas à l'imbiber convenablement, même en augmentant la pression et en prolongeant beaucoup l'expérience.

Si le bois est compacte, comme le chêne, le cœur peut très bien n'être pas imbibé ; mais il suffit à sa conservation que l'huile pénètre dans une zone de quelques centimètres au-dessous de sa surface.

Il est nécessaire que chaque mètre cube de bois soit imprégné d'au moins 115 kilogrammes d'huile lourde de goudron. Si le bois doit séjourner dans l'eau et surtout dans l'eau de mer, il en faut au moins 460 kilogrammes. On comprend aussi que la proportion d'huile de goudron absorbée variera beaucoup avec la nature des bois. C'est dans le hêtre qu'elle est la plus grande. Elle s'y élève jusqu'à 325 kilogrammes; c'est aussi dans cette essence que l'huile se répartit de la manière la plus uniforme.

Pour être certain que les bois ont absorbé les quantités d'huile lourde nécessaires à leur conservation, on détermine leur poids à l'entrée et à la sortie du cylindre; ceux qui n'ont pas augmenté de la quantité voulue, y sont repassés.

Une disposition ingénieuse permet de réduire beaucoup la dépense de maind'œuvre à laquelle donnent lieu le chargement et le déchargement des pièces de bois dans le cylindre ; elle consiste à placer ces pièces sur un petit chariot qui roule sur des rails, et qui, entré par une extrémité du cylindre, ressort par l'autre.

Lorsque les bois ont été soumis à cette préparation, ils prennent une teinte brun foncé, et l'expérience montre qu'ils résistent bien à la putréfaction.

Les bois tendres et poreux sont facilement imprégnés par l'huile lourde du goudron ; on peut donc les utiliser dans les constructions en remplacement des bois durs.

Le prix de revient du bois créosote est assez variable, car il dépend du prix de la matière première, l'huile de goudron. On peut admettre comme moyenne le prix de 20 francs par mètre cube.

En général, les bois bien préparés par ce procédé se conservent bien. Toutefois ils ne sont pas à l'abri des ravages exercés par le limnoria terebrans lorsque l'injection n'est pas absolument complète.

Pour les poteaux télégraphiques et pour les traverses de chemins de fer, ces bois donnent des résultats très satisfaisants. On a constaté qu'ils ne sont pas attaqués par la fourmi blanche. Dans les mines et les carrières ils résistent bien à la carie et à l'humidité.

C'est particulièrement dans l'eau de mer que les bois créosotes donnent les résultats les plus remarquables. Des essais comparatifs ont montré que le bois ordinaire est presque entièrement rongé par les tarets au bout de quelques années, tandis que dans les mêmes conditions le bois bien créosote n'est pas sensiblement attaqué.

De grandes quantités de bois ainsi préparées ont été employées en Angle-

terre aux travaux de plusieurs ports importants, notamment à Leith, à Holyhead, Portland, Plymouth, Brighton et Southampton.

Quand ces bois sont attaqués par les tarets ou par les mollusques perforants, on constate que cela tient à ce qu'ils ont été imprégnés d'une manière insuffisante, ou bien à ce que des chocs ont dégradé leurs surfaces et mis à nu la portion qui n'avait pas été atteinte par l'huile de goudron.

Ce procédé cependant est assez dispendieux; il ne s'applique pas aux bois récemment abattus et il leur communique une odeur désagréable. Enfin, il rend surtout le bois très combustible, ce qui ne permet pas de l'employer dans la construction des maisons ou des navires.

APPARBIL, LBGB HT FI.EIKY PIROÎVIVET

Cet appareil est fondé sur les mêmes principes que celui de Bréant; il diffère peu de celui de Bélhel. Le cylindre ou récipient qui contient les pièces è injecter est en cuivre, ce qui permet d'employer le sulfate de cuivre comme agent antiseptique.

Fi ( . 158.

Cet appareil (fig. 158) se compose d'un cylindre H de 12 mètres de longueur sur f -*,6u de diamètre. Ce cylindre est terminé à l'une de ses extrémités par un fond bombé fixé par des rivets. A l'autre extrémité, une calotte également bombée est mobile autour d'une charnière et peut fermer le cylindre d'une manière parfaitement étanche. Le corps du cylindre est formé de douze tambours, réunis par des doubles rangs de rivets. 11 peut du reste se démonter en deux parties, de manière à être transporté plus facilement. Les parois ont une épaisseur de 10 millimétrés et peuvent résister à une pression d'au moins 13 atmosphères. Cette pression intérieure se mesure pendant l'opération au moyen d'un manomètre. Un chariot 0, destiné à supporter les pièces de bois que l'on doit préparer est placé sur un truc, ou, si la disposition [des voies l'exige, sur un système de deux trucs. Il peut ainsi être amené en face de l'ouverture du cylindre sur les rails intérieurs duquel on le fait rouler. Une locomobile N pou-

?ant développer de 10 à 15 chevaux-vapeur sert de générateur pour la vapeur qu'on doit faire pénétrer dans le cylindre par le tube a, et peut mettre en mouvement soit la pompe à air, soit la pompe à injection. Un serpentin placé dans des cuves en bois R,R, contenant une dissoLution de sulfate de cuivre au titre de 2 p. 100, reçoit le courant de vapeur, qui, après avoir traversé le cylindre» sert à élever la température de la dissolution.

Une autre partie du système P comprend :

1° Une pompe à air;

1° Un condenseur;

3° Une pompe aspirante et foulante à double effet.

La pompe à air communique par des clapets d'aspiration|, avec la partie supérieure du condenseur, à laquelle aboutit également un autre tube m qui donne issue à la vapeur contenue dans le récipient, ainsi qu'à la petite quantité d'air ou de gaz qui peuvent s'y trouver.

Le gaz et la vapeur arrivent dans le condenseur dès que la pompe est mise en action et quelle commence à y faire le vide. La vapeur est ramenée à l'état liquide, et quant aux gaz non réduits, ils passent dans le corps de pompe, ainsi que le trop-plein du condenseur, et sont ensuite refoulés par le mouvement de retour du piston dans une bâche en fonte. Celle-ci est placée au-dessus de la pompe et communique avec elle au moyen de clapets d'expulsion. La bâche est du reste remplie jusqu'au niveau d'un trop-plein d'une certaine quantité d'eau qui intercepte la communication des organes de la pompe avec l'air extérieur. Le condenseur est alimenté par un réservoir avec lequel il communique à l'aide d'un tube muni d'un robinet, dont la poignée se meut sur un cercle gradué et dont#n règle l'ouverture convenablement.

Le vide produit par l'action de la pompe détermine l'aspiration de l'air du réservoir et son injection dans le condenseur, au moment même où y arrive la vapeur du cylindre.

On peut aussi faire arriver les jets d'eau froide au moyen d'une pompe.

La pompe à double effet est percée à chacune de ses extrémités de deux ouvertures munies l'une d'un clapet d'aspiration, l'autre d'un clapet de refoulement.

Les ouvertures d'aspiration peuvent être mises en communication au moyen de robinets, soit avec les cuves, soit avec un réservoir d'eau pure. Les ouvertures de refoulement communiquent, au moyen de robinets, avec le cylindre, avec la chaudière du moteur ou avec le condenseur.

Lorsqu'on commence à remplir le cylindre, on met les deux ouvertures d'aspiration en communication avec les cuves RR à l'aide du robinet 6, et les deux ouvertures de refoulement avec le cylindre. Mais à la fin de l'opération, pour achever lentement et sans secousses le remplissage du récipient et la [compression du liquide, on ne laisse plus communiquer avec les cuves qu'une des ouvertures d'aspiration, celle qui est à la tête du corps de pompe. L'ouverture de refoulement correspondante est de même mise seule en communication avec le cylindre. A partir de ce moment le remplissage ne se fait plus en réalité qu'au moyen d'une pompe à simple effet.

La seconde ouverture d'aspiration peut alors communiquer avec le réservoir,

et par suite l'ouverture de refoulement correspondante sert à amener l'eau dans la chaudière du moteur, dans le condenseur, dans les cuves, enfin sur tout autre point où elle peut être utile.

Cette disposition présente plusieurs avantages; elle dispense de l'emploi dune seconde pompe d'injection, de faible dimension, pour achever la compression dans le cylindre ; elle permet de ne pas avoir une troisième pompe pour l'eau pure ; enfin elle contribue à maintenir la régularité du mouvement 4e l'appareil.

L'opération étant terminée, on ouvre le robinet de vidange 6, on fait écouler le liquide dans les cuves RR après avoir ouvert le robinet à air c, et l'on retire le bois, qu'on laisse sécher sous des hangars.

A l'aide de cet appareil, on peut préparer journellement 1.600 traverses ou 600 poteaux télégraphiques.

La quantité de liqueur préservatrice, ordinairement composée de 2 kilogrammes de sulfate de cuivre pour 100 litres d'eau sous une température de 45 degrés, est très variable, suivant la nature des bois, leur âge, le temps qui s'est écoulé depuis leur coupe, et surtout leur volume au moment de l'expérience.

Le temps qui s'est écoulé entre le moment de leur débit et celui de l'injection apporte de notables différences dans la masse du liquide absorbée, ainsi qu'on peut le constater par l'examen du tableau suivant, qui résume les observations faites à ce sujet :

ESSENCES

Charme. . . .

Hêtre

Hêtre

| Hêtre

Hêtre

Hêtre

Hêtre

Hêtre

Hêtre

Hêtre

Hêtre

Hêtre

Pin maritime.

Pin maritime.

Pin maritime.

Pin maritime.

Hêtre

Hêtre

Pin maritime.

Peuplier . . .

Sapin

Chêne ....

Châtaignier. .

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