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Uloff.
Pour une bonne réussite de l'opération, il est nécessaire d'opérer avec des bois sains, bien droits, sans traces de pourriture, de gélivures ou de roulure, car le liquide à introduire suivant le chemin le plus facile, passerait par les fentes sans pénétrer le bois.
Les arbres abattus du mois de décembre au mois de mars doivent être mis en préparation du commencement de mars à la fin de mai, et ceux coupés de mars à décembre doivent recevoir le liquide préservateur dans la quinzaine qui suit l'abatage.
Les branches et la tête des arbres doivent être rognées aussitôt après la coupe de l'arbre. De plus, il faut avoir soin de laisser à chaque bout des pièces une longueur d'environ 10 centimètres en sus de la longueur de la pièce à préparer afin de pouvoir la rafraîchir au moment de la mise en préparation.
La culée de l'arbre et la portion de la tête, trop petite pour servir à la confection des traverses, ne doivent être coupées qu'au moment où les pièces vont être enlevées pour être mises en chantier.
Ces diverses précautions ont pour but d'éviter la coagulation , qui aurait pour effet de former dans les canaux séveux une série de diaphragmes capables d'équilibrer pendant plusieurs heures une colonne liquide de 10 mètres de hauteur, en opérant sur des bois tronçonnés depuis deux ou trois jours, et qui ^pourraient même s'opposer d'une manière complète à la préparation des bois qui auraient été exposés au soleil pendant les grandes chaleurs.
La durée de la préparation est de quarante-huit à soixante heures pour les bois de dimensions moyennes, abattus en saison convenable et provenant d'essences telles que le charme, le hêtre, le bouleau, le platane, le sycomore. Il faut quelquefois cent heures pour préparer des pièces de hêtre ayant B ,80 de diamètres sur 2", 50 de longueur.
On admet généralement que la durée de la préparation varie en raison du carré des longueurs et en raison directe du diamètre.
Les bois à cœur, comme le chêne, Forme, le merisier, toutes les espèces de peupliers, les résineux, l'acacia sont plus longs à préparer ; il leur faut de cinq à huit jours.
On peut conclure dès maintenant que ce procédé V sur le système Boucherie, dont nous allons bientôt parler, plusieurs avantages :
1* Le temps écoulé entre l'abatage et la mise en préparation n'a pas d'influence sensible sur la pénétration du liquide antiseptique ;
2° Les bois équarris se préparent aussi bien que les bois en grume, ce qui «stun avantage important;
3* Dans le procédé Boucherie, nous verrons que le corps des bois durs n'est jamais pénétré, et si le débitage vient à mettre à nu cette partie du bois, on ne peut être assuré de sa conservation; ceci n'est pas à craindre avec le procédé que nous venons de décrire.
SYSTEME BLYTE-THERMO-CARBOLISATIOX
Ce procédé particulier de conservation des bois repose sur ce fait que la chaleur produisant des vapeurs d'eau et de créosote mélangées devient l'agent introducteur dans la niasse du bois, du principe antiseptique de l'acide phénfque ou carbolique dont nous avons déjà parlé. De là est venue la dénomination de thermo-carbolisation donnée à ce procédé.
Dans beaucoup de cas, les préparations à la créosote n'ont été reconnuesefficaces qu'autant que l'injection de la matière antiseptique avait été corn-
Fig. 159.
plète, et ce dernier résultat n'est obtenu souvent qu'à la condition d'employer jusqu'à 20 kilogrammes d'huile lourde, ce qui, en admettant un prix moyen de 6 francs par 400 kilogrammes, fait ressortir le prix de la matière première à l r ,20 par traverse, tandis que dans l'injection au sulfate de cuivre on compte généralement sur 500 grammes de sel nécessaire, soit environ 30 centimes par traverse.
Il y avait donc de ce fait un désavantage marqué au détriment de la créosote, et cela provenait de la difficulté qu'on éprouve de disséminer l'huile lourde bien régulièrement, à moins d'en employer de fortes quantités.
On a essayé alors d'employer la créosote à l'état de vapeur, mais on ne peut
l'obtenir ainsi qu'au-dessus de 300 degrés, et l'application d'une si haute température désagrège le bois.
En 1870, H. lîlyte a disséminé la créosote réchauffée dans un jet de vapeur à 4 ou six kilogrammes de pression, venant barboter k la surface inférieure de celle-ci, puis il a saturé de cette vapeur carburée des bois en vase clos.
Il a pénétré complètement les cœurs de bois de chênes, de pins des Landes, <1e hêtres rouges, et a pu faire cette pénétration, jusque-là fort difficile, avec des
huiles lourdes, du coaltar, des goudrons végétaux, etc. Il emploie plus généralement de 2 à 3 kilogrammes de créosote par grande traverse et 2 kilogrammes d'acide phénique brun par mètre cube de bois de choix ou de traverses, mélangés avec ISO litres d'eau environ par mètre. La réussite de l'opération dépend de la juste proportion d'acide phénique.
L'appareil ordinaire servant à préparer les traverses se démonte et se transporte facilement dans les chantiers d'approvisionnement; il se compose de quatre parties distinctes (fig. 159, 160,161):
i" Une chaudière montée sur roues, de 15 à 20 chevaux, à haute pression, donnant, par une seule prise, de la vapeur à 6 kilogrammes de pression.
2* Une petite chaudière horizontale sur roues avec foyer ordinaire contenant la créosote et l'eau, nommé bouilleur,
3* Trois cuves ou réservoirs AA'À", en tôle, à surface découverte, renfermant l'huile lourde, que Ton fait passer dans le bouilleur, selon les besoins, à l'aide d'une pompe.
Des serpentins BB'B" reçoivent de la vapeur, pour réchauffer, agiter ou faire fondre la créosote.
4 # L'appareil de préparation, qui comprend : trois cylindre en tôle MM'M", avec dômes de vapeur, soupapes de sûreté et couvercles mobiles sur le derrière de l'appareil. Ces cylindres, enveloppés, peuvent supporter une pression de 6 kilogrammes.
Les bois à traiter y sont introduits, et les dômes servent à emmagasiner un excédent d'huile lourde ou d'un mélange de cette matière avec les produits de la condensation, quand on désire baigner les bois injectés par un premier traitement et vérifier la proportion de liquide absorbée durant ce bain.
Deux longs cylindres en tôle NN' appelés condenseurs sont disposés perpendiculairement à chaque extrémité des fours et peuvent résister à la pression de 3 kilogrammes. Ils renferment de l'huile lourde et des résidus d'opération.
La tuyauterie comprend onze groupes, qui sont :
m Tuyau par lequel la vapeur pénètre de la chaudière dans le bouilleur. La vapeur vient barboter à la surface inférieure du mélange de créosote.
m! Branchement de vapeur dirigé devant le fond des trois fours ayant trois coudes pour introduire la vapeur par Taxe des fours.
n Tuyau prenant la vapeur carburée à la surface du mélange contenu dans le bouilleur et le conduisant dans les trois fours par le même axe d'entrée que Ja vapeur vierge.
p Tuyau de communication entre le fond de chaque four et la surface inférieure du bouilleur afin de ramener dans ce dernier les matières qui se sont condensées dans les fours.
r Tuyau partant des dômes de chaque four pour les faire communiquer entre eux afin d'arriver à équilibrer la pression d'un four à l'autre.
r* Tuyau faisant suite au précédent, établissant la communication de chaque four avec les deux condenseurs, dans le but d'utiliser la vapeur des dômes pour opérer l'ascension du mélange liquide des condenseurs dans les fours afin d'y baigner les bois.
8 Tuyau de communication entre les cuves et les condenseurs pour remplir ces derniers de matières liquides carburées destinées au bain.
t Tuyau de communication entre le dôme de chaque four et l'air extérieur par lequel la vapeur des fours peut s'échapper au besoin ; par ce tuyau peut s'échapper le trop-plein du liquide dans une cuve.
u Tuyau de communication entre l'air extérieur et le bas de chaque dôme des fours, et par lequel on peut constater la hauteur inférieure du bain.
v Six gros tuyaux faisant communiquer le fond des fours avec le fond des
condenseurs et servant à condenser les vapeurs des fours ou à établir l'ascension du mélange liquide des condenseurs vers les fours.
z Tuyaux continuant les tuyaux r et faisant communiquer la vapeur des dômes avec la créosote liquide des cuves.
La préparation s'accomplit ainsi : Ayant isolé complètement le premier four, on ouvre simultanément l'arrivée de la vapeur d'eau et des vapeurs carburées par le centre du four (il faut noter que la créosote est disséminée au milieu de la vapeur d'eau). Les vapeurs carburées, entraînées par les vapeurs d'eau, attaquent vivement et pénètrent le bois, l'opération est commencée.
On ouvre alors les communications du four, du bouilleur et des condenseurs. Il s'établit une circulation continue des vapeurs ayant agi et d'une partie de la sève condensée.
La pression s'élève de 4 à 6 kilogrammes dans le four une demi-heure après environ. Elle y est maintenue à peu près pendant le même temps. Le bois est alors complètement préparé.
L'opération du four suivant s'entame en le faisant communiquer avec le four préparé pour équilibrer les pressions, et après l'isolement de ce dernier en procédant comme ci-dessus.
Bien que cette préparation soit la principale, on peut la compléter, dans le cas des traverses, par exemple. Pour cela on met, soit le dôme du second four, soit la chaudière en communication avec les condenseurs contenant de la créosote et de l'eau avec une partie des produits de la condensation. Ce liquide, pressé par la vapeur, monte et baigne complètement les bois amollis. Il peut en pénétrer les surfaces et les aubiers.
L'appareil que nous venons de décrire peut préparer cinq cents traverses par jour. Les bois sortent très attendris et peuvent supporter des pressions, des moulages, des courbures. Us durcissent facilement et peuvent s'employer, pour la voie, quelques heures après leur sortie du four.
Lorsque l'on emploie la quantité d'huile pouvant exactement entrer en combinaison dans le bois, la teinte de ce dernier, ainsi que son aspect, ne sont pas changés. Le bois devient plus dense; les pores sont plus serrés; il est plus gras à scier et se polit plus facilement.
Il s'établit probablement une contraction moléculaire un peu après l'opération; mais au bout de peu de semaines les bois ne jouent plus sous l'influence de la température, les pièces durcissent à l'air et deviennent inattaquables par l'humidité. Les fibres sont plus résistantes dans les épreuves à la torsion, et les épreuves à l'arrachement indiquent une augmentation sensible de résistance.
En prolongeant les opérations, on peut donner au bois des teintes foncées et uniformes pouvant l'embellir dans certaines applications.
Le prix de revient d'une traverse de grande ligne cubant 0*,085, comportant l'emploi de 2 kilogrammes de créosote, est de r ,60 environ.
Les avantages dus à l'emploi de ce procédé sont importants.
Les qualités du bois, force des fibres, résistance à l'arrachement, sont augmentées.
L'opération pouvant s'accomplir sur des bois fraîchement coupés est plus rapide que dans tout autre procédé.
On peut, comme dans les autres procédés, employer le moyen supplémentaire de préservation des aubiers par un bain à pression variable, mais dans de meilleures conditions et avec moins de matières premières.
Les bois préparés peuvent s'employer dans la construction peu de mois après la préparation, qui peut suivre la coupe en forêts.
Le prix de préparation, fixé à f ,60 par traverse, devient moins élevé que celui de la préparation en vase clos au moyen du sulfate de cuivre, qui se monte à 0',80 environ, et surtout inférieur à celui de la préparation ordinaire à la créosote, pour laquelle il faut compter i f ,50 par traverse.
Le pin des Landes et celui du Nord, ainsi injectés, peuvent se comprimer et servir au pavage. Enfin, les bois de hêtre et de chêne peuvent, après avoir été convenablement teintés, servir dans la construction des meubles lorsque l'odeur de la préparation a disparu.