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COLOPHANE

Cette résine n'est pas un principe immédiat pur ; elle contient tantôt deux, tantôt trois acides isomériques portant les noms d'acides pinique, pimarique et sylvique. Ces trois acides ont le même équivalent, qui est C 40 H M O*HO.

V acide pinique constitue la résine amorphe contenue dans la colophane; il est très analogue à l'acide sylvique.

Pour le préparer, on traite à froid la colophane par de l'alcool à 72 degrés, puis on verse de l'acétate de cuivre dans la dissolution. Du pinate de cuivre se précipite; on le recueille sur un filtre, et on le décompose 'ensuite par un acide minéral, après l'avoir lavé soigneusement.

L'acide sylvique est insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther, dans l'acide acétique concentré et dans l'huile de naphte. Il fond vers 125 degrés et se combine avec les alcalis.

Si Ton abandonne au repos une solution d'acide sylvique dans l'alcool, on obtient un dépôt d'acide oxysylvique.

L'acide sylvique s'obtient en épuisant à chaud par l'alcool les résidus de la préparation de l'acide pinique. L'extrait alcoolique donne par le refroidissement des lames rhomboïdales d'acide sylvique.

La térébenthine, qui s'écoule du Pinus maritima, contient, au lieu d'acide pinique, un autre acide qui est l'acide pimarique. Ce dernier cristallise en prismes droits à base rectangle; soluble dans l'alcool bouillant et dans l'éther, il fond également vers 125 degrés.

Soumis à la distillation, l'acide pimarique donne de l'acide sylvique et de la pimarone OWO 1 .

Quand on traite cet acide par l'acide azotique, on produit un acide azomarique jaune, amorphe, résineux et insoluble, ayant pour formule G 40 H ,c (AzO 4 ) t O 8 . L'acide azomarique est bibasique ; son sel ammoniacal, très soluble, se dessèche en plaques transparentes d'un rouge orangé.

La distillation décompose la colophane. 1.400 kilogrammes de résine donnent, quand on les distille, 40 kilogrammes d'huile essentielle, 400 kilogrammes d'huile peu volatile et 960 kilogrammes de goudron.

Les produits de cette distillation renferment quatre carbures d'hydrogène différents, le rêtinaphte C 1 *H i , le rétinyle C 10 !! 14 , le rètinole C W H 1€ , et la metanaphtaline isomère de la naphtaline. Le mélange de ces divers carbures porte le nom d'huile de résine.

La partie de cette huile, qui bout entre 108 degrés et 150 degrés, est un mélange de rétinaphtane et de rétinyle qui est employé en industrie pour remplacer l'essence de térébenthine dans certaines de ses applications.

La seconde portion d'huile, qui bout vers 240 degrés, est du rètinole et sert à fabriquer certaines encres d'imprimerie.

Mélangée à la chaux, elle forme une sorte de graisse désignée dans le commerce sous le nom de graisse notre.

Parmi les gaz dégagés pendant la distillation de la colophane, on peut signaler l'éthylène et le butylène.

Les huiles de résine sont employées dans la fabrication du gaz de résine qui possède un pouvoir éclairant très intense.

M. Fremy, en distillant la colophane avec de la chaux, a obtenu deux substances liquides : l'une, la rè&inone, bout à 78 degrés; l'autre, la rèsinèone % à 148 degrés. Il se forme en outre de l'acide carbonique restant uni à la chaux.

BLEMI

On a donné ce nom à plusieurs résines jaunes et odorantes provenant de la famille des Térébinthacées. L'élémi du commerce renferme :

!• Une résine cristallisable ;

2° Une substance résineuse amorphe O°H S0 0* ;

3° Des quantités variables d'une huile essentielle isomérique avec l'essence de térébenthine.

La résine cristallisable est blanche, soluble dans l'alcool concentré et oouil-

PAUL CHARPENTIER — LE BOIS tt63

lant. L'élémi en renferme 30 p. 400. La substance résineuse amorphe, très soluble dans l'alcool froid, rougit le tournesol.

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