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RÉSINE COPAL

C'est la plus importante des gommes-résines. Elle sert à la préparation des vernis durs de bonne qualité. On la récolte sur l'Hymenœa verrucosa. Très dure, presque incolore, sans odeur ni saveur, elle a pour densité 1,139. Presque insoluble dans l'alcool anhydre, elle finit par se dissoudre dans l'alcool ordinaire bouillant; l'éther gonfle cette matière, puis finit par la dissoudre.

La résine copal broyée à l'air, puis séchée à l'étuve pendant un mois, absorbe l'oxygène de l'air et devient très soluble dans l'éther et même dans l'alcool. Cette propriété est utilisée pour, son emploi industriel.

La résine courbaril, ou copal tendre de l'Inde, provient de YHymenœa courbaril; elle se présente en lames globulaires blanches, fusibles à 100 degrés, solubles à froid dans l'essence de térébenthine et à peu près insolubles dans l'alcool anhydre.

On importe d'Amérique un copal tendre, d'un jaune pâle, dont l'éclat est vitreux, la couleur agréable, et qui est soluble dans l'alcool bouillant.

Plusieurs huiles essentielles oxygénées, notamment l'essence de lavande, de romarin et de menthe poivrée, possèdent la propriété de ramollir le copal à la température ordinaire, et de le dissoudre incomplètement à une température élevée,

La distillation du copal produit une huile qui a pour composition C**H 1# , et qui bout à 165 degrés. Cette huile, dont la densité est égale à 0,951, dissout le caoutchouc et ressemble à l'huile de succin.

RÉSINE DE GAIAC

Cette résine est d'un brun verdâtre, friable, soluble dans l'alcool, dans l'éther et l'essence de térébenthine. Son odeur rappelle celle du benjoin; sa saveur est acre.

L'acide azotique dissout la racine de gaïac et se colore en vert; l'eau détermine dans cette liqueur la formation d'un précipité vert, et le reste de la disso-

36i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

lution devient bleu. Une plus grande quanlité d'eau brunit la liqueur et fait virer la couleur du précipité qui devient bleu.

La résine de gaïac est facilement soluble dans la potasse et dans l'acide sulfurique. Le sous-acétate de plomb la précipite complètement de sa dissolution alcoolique.

La solution sulfurique de la résine de gaïac est rouge, et l'eau la précipite en violet.

La résine de gaïac a pour propriété caractéristique de se colorer en bleu sous l'influence des rayons violets du spectre et de se décolorer par les rayons rouges. Le même phénomène est immédiatement produit par le chlore.

La teinture de gaïac est bleuie par le perchlorure de fer; cette coloration passe au violet sous l'influence de l'hyposulfite de soude, puis disparaît ensuite totalement.

Les vapeurs d'acide hypoazotique bleuissent la teinture de gaïac, et cette réaction très sensible peut déceler la présence de l'acide azotique.

ÉCORCES. — ÉCORCKMEXT

Les essences forestières dont l'industrie utilise les écorces sont assez nombreuses. On peut citer dans nos contrées, le chêne, le cerisier, le merisier, le bouleau, l'aulne, le tilleul, l'orme, l'épicéa. Ces écorces sont employées au tannage des cuirs, dont nous dirons quelques mots; les deux dernières principalement servent à la préparation des cuirs de Russie.

En outre, l'écorce du tilleul et de l'orme sert à faire des nattes, des tapis et surtout des cordes. Celle du bouleau, du merisier est employée dans la fabrication des tabatières, semelles de souliers, harnais de chevaux.

Tous ces produits ne présentent que peu d'importance si on les compare à ceux donnés par le chêne, fournissant les écorces propres au tannage et à la fabrication du liège.

On reconnaît qu'il est temps de procéder à l'écorcement quand on voit que les boutons commencent à gonfler, à s'ouvrir et à laisser apparaître les premières feuilles. A la rigueur, l'opération peut être continuée jusqu'à l'entier épanouissement des feuilles, mais alors l'écorce se détache moins facilement, elle est moins riche en tannin et perd par conséquent de sa valeur.

Pendant longtemps on a procédé pour faire l'écorcement d'une façon très primitive consistant à faire des incisions circulaires sur le tronc de l'arbre et à détacher ensuite l'écorce à Paide d'une spatule. Tantôt on écorce les arbres sur pied, tantôt on ne le fait qu'après les avoir abattus.

Quoi qu'il en soit, cette manière de procéder est médiocre, et l'on a cherché pour les grandes exploitations surtout à pratiquer l'écorcement mécaniquement.

M. Maître, se fondant sur l'action que l'humidité et la chaleur peuvent avoir sur les couches ligneuses, a proposé la vapeur pour effectuer en toutes saisons ce genre de travail.

L'appareil qui a d'abord été employé à cet effet est fort simple. Il consiste en un cylindre vertical de tôle divisé en deux compartiments. Dans le comparti-

ment inférieur se trouve un foyer, le supérieur renferme un récipient d'eau qui constitue une chaudière à vapeur ordinaire.

Sur cette chaudière se trouve un couvercle percé de deux trous et muni d'un tube en tôle, de sorte que la vapeur produite peut pénétrer alternativement dans des compartiments ou tonneaux où se place le bois à écorcer. Au bout de quarante à cinquante minutes de chauffage, le bois est suffisamment imbibé pour être soumis au décorticage.

Ce bois, en effet, enfermé dans les compartiments, s'est échauffé au contact de la vapeur; l'humidité a dilaté les pores, et à un moment donné, il a toutes les propriétés du bois en bonne sève, on peut le travailler sans perdre de temps et sans crainte de produire des rebuts.

Ce premier appareil a été perfectionné de la façon suivante : Le foyer est disposé avec retour de flamme. Au-dessus de la chaudière est établie une caisse en bois garnie de tôle et divisée en deux compartiments, dont chacun peut contenir un demi-stère de bois. La caisse est séparée du récipient par un châssis à liteaux. Le tout est transportable.

Afin de pouvoir faire fonctionner, en cas de nécessité, un seul compartiment, on a ménagé à la partie inférieure de la caisse un registre en tôle galvanisée avec emmanchement d'une tige de fer qui permet d'ouvrir ou d'intercepter alternativement toute communication de la vapeur entre la chaudière ou l'un et l'autre compartiment. Un double cylindre emboîtant la cheminée reçoit l'eau destinée à l'alimentation. Cette eau est chauffée par la chaleur de la fumée et des gaz qui sortent par la cheminée; elle se déverse dans la chaudière par un robinet d'une

manière continue; elle est renouvelée d'heure en heure à l'aide d'une pompe.

La première charge dure environ une demi-heure ; les suivantes sont un peu

moins longues.

L'écorce ainsi obtenue ne laisse rien à désirer au point de vue physique, sa

qualité est excellente, car la vapeur, dans ces conditions ne peut altérer les principes tanniques contenus dans les fibres végétales.

Avec ce système, on peut écorcer le bois coupé hors du temps de la sève

et longtemps après la coupe, ce que l'on ne pourrait pas faire par les procédés

ordinaires.

MATIÈRES TAIVIVANTE8

Les matières tannantes sont extraites du règne végétal et principalement des écorces de certains arbres. Il y en a un nombre considérable ; nous ne nous occuperons que des plus importantes.

Les écorces employées dans les tanneries européennes sont celles du chêne ordinaire, du chêne liège, du quebracho, du châtaignier, du pin, du sapin, du bouleau et de l'aulne.

L'Algérie produit de nombreuses espèces d'écorces, employés par les Arabes pour la préparation de leurs cuirs, et notamment des sumacs variés extraits du Rhus coriaria, du Rhus glabra, du Rhus pentaphylla, une grande quantité de chênes, etc... L'exploitation de ces écorces se fait sur une vaste échelle et donne lieu à un important commerce d'exportation.

Une matière tannante faisant l'objet d'un commerce considérable en Asie est la noix d'arec, nommée aussi noix de bétel.

Cette noix contient beaucoup de tannin. C'est le fruit d'un élégant palmier que l'on rencontre aussi dans les colonies françaises de la Martinique et de la Guadeloupe.

Les écorces d'acacia peuvent également être rangées parmi les matières tannantes. Les principales sont celles de l'Acacia arabica, nommées par les Indiens écorces de Babool ; celles de l'Acacia catechu et de l'Acacia farnesiana ; enfin celles de l'Acacia horrida, employées au Cap de Bonne-Espérance.

Les gousses de l'Acacia nilotica, nommées nib-nib, servent aussi en Nubie pour la préparation des cuirs.

Les écorces de l'Acacia dealbata et de l'Acacia melanoxylon sont très usitées pour le tannage en Tasmanie, où ces arbres sont nombreux et atteignent de grandes hauteurs.

Les écorces du chêne des Antilles (Catalpa longissima), du manguier (Mangifera indica), des conocarpes [Conocarpus arborea), des Bucida, du badamier (Terminalia catalpa), les écorces et les feuilles du palétuvier (Rhizophora mang/e), les écorces de bois tan (Malpighia spicata), sont aussi des matières tannantes que l'on récolte à la Martinique et à la Guyane.

Dans la Guyane anglaise, on emploie les écorces du Mora excelsa, du Spondiaa lutea, et de divers Nectandra.

La Réunion produit comme matières tannantes les écorces du bois noir (Acacia lebbeh), du flao (Casuarina èquisetifolia), du banco ulier (Aleurites tri' loba), du bois de natte (Imbricaria maxima), et du faux benjoin.

On donne le nom d'algoraba aux semences du ProsapU palida, qui sont riches en tannin et très employées pour tanner les peaux à Valparaiso.

Les fruits du mirobolan citrin (Terminalia chebula) et du Terminalia bellerica sont aussi l'objet d'un commerce important pour la préparation des cuirs dans les Indes.

Le dividivi ou dibi-dibi est la semence du Cœsalpina coriaria, qui fait l'objet d'un commerce considérable à Maracaïbo et Savanille.

Le kino est une exsudation très employée pour le tannage au Bengale ; elle est fournie par le Sterocarpua marsupium.

En Afrique, on connaît aussi un kino produit par le Sterocarpus erinaceus. Au Gabon, on retire un kino excellent de la sève d'un Myristica appelé par les naturels combo.

ÉCORCES DE CHÊIVE

C'est la plus importante des matières tannantes.

Le tan est un produit qui sert à transformer les peaux en cuir. Le tannin proprement dit est le principe essentiel du tan et se rencontre dans la plupart des substances astringentes végétales, et principalement dans l'écorce des chênes et surtout dans les diverses excroissances qui se forment à la suite de la piqûre d'insectes sur les jeunes branches de plusieurs espèces de chênes et qui portent le nom de noix de Galles.

Lorsque l'écorce de chêne est moulue, elle porte le nom de Un.

Pour arriver à amener l'écorce a l'état convenable pour son utilisation dans

les fosses de tannerie, on est obligé de lui Taire subir plusieurs préparations de broyage et de trituration, qui sont généralement opérées k l'aide de machines représentées par les figures 167, 168, t69, 170, 171.

■m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

Ces machines se comprennent d'elles-mêmes; nous nous bornerons à les énumérer :

Figure 16". — Machine à broyer les bois et les écorces.

Figure 168. — Machine a triturer les bois de tannerie. La force employée est d'environ 4 chevaux- va peur pour une production de 350 kilogrammes & l'heure.

Figure 169. — Pilons à tan. Force employée : 1 cheval par pilon.

Figure 170. — Moulin a tan.

Figure 171. — Moulin à tan; système à noix.

L'écorce de chêne moulue, ou le (an, renferme en moyenne les quantités suivantes de tannin;

Ecorce rugueuse a»ec couche corticale e:

Couche du liber de la vieille ecorce . .

Couche Interne

Couche» eiteme et inieroe

Couche du liber et couche «tome . - .

Couche Interne

Couche Interne

Af.

Il h 53

Aux Etats-Unis, on extrait le tan de quatre espèces principales de chêne.

La première est le chêne d'Espagne, connu sous le nom de chÈne rouge. Son écorce, qui est épaisse, noire et à profondes rainures, est préférée pour les cuira grossiers, qu'elle rend plus souples et d'une meilleure couleur.

La seconde est le rocft cheanut, très abondant dans les districts élevés. Son

écorce est épaisse, dure et a de prorondes rainures. Elle diffère des autres écorces en ce que l'épiderme contient beaucoup de tannin, qui, dans les autres espèces, se trouve principalement sous les couches intérieures.

Vient ensuite le quercitron, ou chine noir, dont l'écorce est peu serrée, amère et profondément sillonnée ; d'une couleur brune ou noire assez pronon-

cée. Le quercitron est riche en tannin et communément employé. Enfin, les tanneurs américains emploient aussi les écorces du chêne écarlate, du chêne gris et du chêne vert.

En Europe et dans l'Afrique septentrionale, on emploie, au point de vue de la production du tan, les écorces du chêne liège, du chêne zeen, du chêne vert et du chêne kermès.

Tan du chêne liège.

L'écorce à tan du chêne liège est formée par la portion intérieure du système cortical comprise entre l'aubier et la partie subéreuse. On ne la récolte que sur les vieux arbres ou les pieds d'âge moyen qui ne sont pas démasclés. Son

épaisseur varie de 10 à 30 millimètres. Elle comprend le liber et l'enveloppe cellulaire dont la partie externe est constituée, par des cellules fortement incrustées formant un tissu de couleur rouge ocreux dans lequel se trouve la majeure partie du tannin.

Dans la pratique, l'abondance de ce produit s'évalue par l'intensité de la coloration rouge de l'écorce.

En général, plus 1 épaisseur de la partie extérieure de l'enveloppe cellulaire est forte, plus il y a d'acide tannique.

Des analyses d'écorces considérées au point de vue commercial comme moyennement riches ont donné 19 p. 100 de tannin.

L'exploitation de l'écorce à tan dans les forêts de chêne liège porte sur les vieux sujets, que leur âge ou leur état de végétation ne permettent pas de démascler. Ces arbres, destinés à être abattus, sont laissés de côté au moment de l'opération du démasclage, puis vendus chaque année.

La récolte a lieu du 25 mai au l* r septembre. On abat les arbres, on enlève le liège, puis l'écorce à tan. Après avoir été détaché de l'arbre par morceaux coupés aussi régulièrement que possible, l'écorce est étendue au soleil. La durée de la dessiccation varie de trois à cinq jours. C'est la partie la plus délicate de l'opération; il faut soustraire l'écorce à l'action de l'humidité, car le tan mouillé devient noir. Il se couvre de moisissures qui peuvent se communiquer à des écorces saines et les détériorer en décomposant l'acide tannique qu'elles contiennent.

L'écorce noircie perd une partie considérable de sa valeur et déprécie la marchandise dans laquelle on la rencontre.

Les écorces à tan d'Algérie et de Tunisie sont exportées. Les prix de vente à B6ne, qui étaient de 11 francs le quintal métrique en 1866, sont arrivés à 18 francs en 1888.

Les frais d'exploitation et de transport en Tunisie peuvent s'évaluer comme suit :

FRANCS

Pour les écorces transportées à Bone :

Exploitation en forêt; mise en sac 3,50

Frais de sacs et ficelles 0,20

Débardageen forêt pour réunir les écorces } t5

Transport à dos de bètes de sommes à une distance moyenne

de 25 kilomètres 2,75

Nettoiement des coupes à fr. 50 par arbre 0,30

Prix d'achat moyen 6,15

Frais généraux mémoire

Revient total 13,05

L'écorce à tan du chêne liège est consommée en Italie, en Portugal et en Angleterre. A poids égal, elle contient plus de tannin que celle des autres chênes, la racine de kermès exceptée.

Les cuirs qui sont traités avec cette écorce ont leurs pores plus serrés, sont plus fermes et moins altérables par l'humidité. Ils sont plus rosés, mais cet excès de coloration n'a aucune importance, car on ne les emploie que pour la la confection des semelles.

En Italie, on admet que le tannage avec l'écorce du chêne vert ou des chênes à feuilles caduques exige une durée de douze à quinze mois lorsque dix suffisent quand on emploie l'écorce de chêne liège.

L'Italie consomme annuellement 8.000 quintaux métriques d'écorce à tan de chêne liège, le Portugal 20.000, l'Irlande environ 10.000.

Les pays de production sont les suivants, qui ont fourni en 1888 :

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