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Les forêts de Sardaigne commencent à s'épuiser, mais les forêts d'Espagne, d'Algérie et surtout de Tunisie peuvent, pendant de longues années encore, suffire à la majeure partie de la consommation.

En Tunisie, les résultats des quatre dernières années sont les suivants :

Nombre d'arbres exploités 21.406

Quintaux d'écorce récoltés 31.838

Rendement moyen par arbre 148 k

Rendement maximum 257

Rendement minimum 81

Prix de Tente total 158.706 r ,00

Prix de vente par arbre moyen 7 40

Prix de Tente par arbre maximum ... 10 15

Prix de Tente par arbre minimum ... 4 75 Prix de Tente du quintal métrique sur

pied 500 590 660 720

Tan du chêne kermès.

L'écorce de ce chêne est très riche en tannin.

On peut compter en moyenne sur les chiffres suivants :

Ecorce déjeune cbêne 11 p. 100

Ecorce de chêne (âge moyen) 15 —

Ecorce de racines 22 —

Généralement les tiges sont trop petites pour pouvoir être exploitées. On ne récolte que l'écorce des racines, qui porte dans le commerce le nom de g ar ouille. La consommation de la garouille est d'environ 25.000 quintaux métriques par an.

Les régions où elle est employée sont la Provence, qui s'approvisionne sur place, l'Angleterre qui en achète 10.000 quintaux, la Belgique et le nord de la France, qui en importent 10.000 par Anvers et le Havre.

Cette matière tannante n'est employée que par les tanneurs qui font les cuirs lourds.

Les pays de production sont le Midi de la France et les Etats barbaresques.

La France en produit annuellement environ 2.000 quintaux. En Afrique, les exploitations sont a peu près limitées à la province d'Oran, qui en embarque tous les ans 15.000 quintaux à Oran et 5.000 à Mostaganem.

Le commerce de la garouille est soumis aux variations de production des autres écorces tannifères, telle que la vallonée, le quebracho, le mvroboland. Généralement les prix d'achat de la garouille oscillent entre 13 et 18 francs les 100 kilogrammes dans les ports d'embarquement.

L'extraction est assez coûteuse, mais comme les kermès sont ordinairement sur les bords de la mer, l'économie réalisée sur les transports compense l'élévation du prix d'extraction.

Quebracho.

Dans l'arbre d'importance des écorces tannileres, nous trouvons ensuite le quebracho, dont nous nous sommes occupés déjà précédemment.

C'est un bois rouge excessivement dur, très résistant, un peu cassant qui se trouve en abondance au Brésil et dans la République argentine.

Au point de vue chimique, le quebracho renferme un' tannin particulier différent de ceux du chêne et du châtaignier ; il renferme en outre une résine d'une couleur violette tirant sur le rouge et même sur le noir. Traité par le l'eau, il abandonne 25 p. 100 de son poids de matières solubles.

Le quebracho Colorado contient 16 à 19 p. 100 de tannin.

Le quebracho blanco — 12àl3 — —

En outre, il renferme des matières colorantes difficiles à séparer, qui nuisent beaucoup à son emploi, car elles donnent au cuir une teinte rouge désagréable.

Malgré cela, l'Europe en consomme actuellement pour une somme dépassant 6 millions de francs.

Une fois moulu, le bois de quebracho perd rapidement à l'air sa richesse en tannin ; mais s'il est en bûche, ce phénomène ne se produit pas.

L'écorce de ce bois n'est pas riche en tannin ; la partie utile est la partie rouge qui apparaît lorsqu'on a enlevé à la hache l'écorce et l'aubier blanc, qui est fort dur.

Le tannin du quebracho précipite la gélatine' avec coloration claire, les sels de protoxyde de fer eh gris cendré et les sels de sesquioxyde de fer en vert sale. L'acide sulfurique concentré ajouté goutte à goutte, fournit un liquide rose.

Tan du châtaignier.

Nous avons enfin à nous occuper du châtaignier au point de vue de son exploitation comme matière tannante.

Ce fut en 1818 que fut découverte la propriété tannifère du bois de châtaignier. Pour fabriquer les extraits, on emploie le bois provenant de vieux arbres refendus en bûches, qui ne doit contenir ni bois pourri, ni bois mort, ni petites racines courantes.

Les bûches doivent être très propres; leur longueur doit être comprise entre O^oO etl m ,50 au maximum.

Les bois rebutés sont les troncs racines de l'arbre qui cependant contiennent le plus de tannin, mais ces bois ronceux et chargés de pierres sont difficiles à travailler, à découper et à triturer.

Le bois de châtaignier vert à 75p. 100 d'humidité sur tronc, renferme 4 p. 100 de tannin.

Le bois ordinaire à 40 p. 100 d'eau en renferme 6 p. 100, et le bois complément sec de 8 à 9 p. 100.

Pendant la disseccation, une partie du tannin se résinifie, surtout au commencement. Les châtaigniers du Nord sont moins riches en tannin que ceux du Midi et ceux de l'Ouest, moins riches que ceux originaires des départements de l'Est.

100 kilogrammes de bois rendent 25 kilogrammes d'extrait à 20 degrés Baume, qui, théoriquement, devraient rapporter 20 p. 100 de] tannin, mais en pratique on ne dépasse guère 17 p. 100. Ces 100 kilogrammes donnent 10 kilogrammes d'extrait sec renfermant 50 p. 100 de tannin.

Les fabriques d'extrait doivent naturellement s'établir à proximité des lieux d'exploitation. Pour fabriquer en moyenne 10.000 kilogrammes par jour, soit 3.500.000 par an, on peut compter sur une dépense annuelle de 180.000 francs environ pour les frais généraux ; il faut y ajouter le prix de la matière première, assez variable et dans lequel les frais de transport entrent à peu près pour 50 p. 100. Finalement on arrive à un prix de revient d'environ 15 francs par 100 kilogrammes d'extrait ordinaire à 15 p. 100 de tannin.

La richesse moyenne en tannin des principales matières tannantes est indiquée dans le tableau suivant ;

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