MOELLE
Le parenchyme dont la moelle était exclusivement formée se trouve plus tard séparé par le développement du cercle ligneux en deux régions, dont l'une, centrale, se nomme la moelle ; elle est composée de cellules qui, du centre à la circonférence, vont en diminuant de volume, en même temps qu'elles prennent une couleur verte de plus en plus foncée. Celles-ci sont gorgées de sucs abondants, qui manquent au contraire dans celles du milieu, et à ces différents caractères, on peut reconnaître facilement qu'elles ont une vie beaucoup plus énergique lorsqu'elles sont plus jeunes. Peu à peu cette énergie s'affaiblit, et au delà de la première année la moelle prend ordinairement une couleur souvent blanche.
Les cellules dont le volume va en diminuant du dedans au dehors ne renferment plus que de l'air, et la vie y paraît suspendue. Souvent même elles se rompent, et des lacunes plus ou moins considérables se montrent au centre.
Le diamètre de la moelle peut varier également. Par la multiplication des cellules et par l'augmentation de chacune la moelle doit s'élargir, et plus tard, quand les faisceaux ligneux se développent à leur tour, ils peuvent de même s'étendre dans tous les sens et par leur extension en dedans, refouler un peu la moelle.
BOIS
La première couche de bois se compose donc de faisceaux fibro-vasculaires disposés en cercle autour de la moelle. Ils sont séparés l'un de l'autre par des bandes assez larges de tissu cellulaire étendues en manière de rayons de la moelle à l'écorce. Plus tard, de nouveaux rayons se développent dans l'épaisseur de ces rayons et augmentent leur nombre aux dépens de leur largeur. Enfin, ces faisceaux, par leur multiplication et l'augmentation de leur volume total, finisnissent par se rapprocher et presque par se toucher en réduisant les rayons, qu'ils séparent, à des lames très minces. Ils forment ainsi un cercle ligneux.
Le cercle ligneux, dans sa partie interne, qui a reçu le nom d'èlui médullaire, présente une structure particulière. La moelle se moule sur cet étui, et les angles rentrants qu'elle présente toujours dans les premiers temps et qui persistent dans certaines tiges, correspondent à autant d'angles saillants qui forment le bord interne de chacun des faisceaux. L'étui médullaire est la partie du bois
qui subit le moins de changements. Ses trachées conservent le volume qu'elles ont acquis de bonne heure, et elles peuvent se dérouler même dans les tiges assez vieilles. Tout le reste du cercle ligneux est composé de fibres et de vaisseaux d'un autre ordre, annulaires, rayés ou
ponctués , d'un diamètre généralement plus ,1
grand. Dans les plantes ligneuses, chaque année entre le bois et l'écorce, dont l'intervalle est rempli par le cambium, il se forme une couche ç de bois moulée sur la précédente (fig. 20). On c voit donc tout de suite que le nombre des couches représente le nombre d'années qu'a vécu l'arbre.
Qu'on prenne, par exemple, une bûche de chêne ou d'orme et qu'après avoir coupé nettement une certaine portion de la surface de la Fig. 30. tranehe, on examine ses zones, on verra que le
bord interne de chacune est dessiné par une on plusieurs lignes de petits Irous qui manque dans tout le reste de la zone. Ce sont les ouvertures d'autant de gros vaisseaux qui se trouvent seulement vers ce bord interne, tandis que la couche est formée plus en dehors par des fibres serrées, à parois assez épaisses pour paraître pleines et pour que le canal qui les parcourt dans leur longueur échappe à l'œil nu.
Le nombre des faisceaux ligneux augmente parce qu'il son développe de nouveaux dans l'intervalle cellulaire, d'abord large, qui les sépare, et qui a servi d'origine aux rayons médullaires. Ces faisceaux se multiplient plus tard d'après un autre mode pour ainsi dire inverse, puisque ce sont des rayons médullaires nouveaux qu'on voit s'interposer aux éléments ligneux. Mais le faisceau nouveau
ainsi appliqué sur l'ancien n'est pas simple comme lui; il est double ou triple, coupé ainsi en plusieurs par des rangées cellulaires qui coin m en cent de nouveaux rayons, 2, 3, 4 (fig. 21), différents des rayons 1, en ce qu'ils ne partent pas du centre m. Dans la nouvelle zone, plus grande que celles qui l'ont précédée, puisqu'elle leur est extérieure et concentrique, il est formé naturellement d'un plus grand nombre de faisceaux et de rayons interposés.
a ENCYCLOPEDIE CHIMIQUE
L'accroissement de chaque zone s'achève dans le courant de l'année ; étendue jusqu'à une certaine limite, elle s'y arrête, et pose ainsi une base fixe sur laquelle s'appuiera la zone de l'année suivante.
A mesure que la plante vieillit, la proportion des liquides renfermés dans les cavilés diminue relalivcmenl aux solides. Comme c'est l'âge qui amène ces modifications, elles devront elre plus avancées dans les cercles les plus intérieurs dont le tissu est plus plein, plus sur, plus sec.
Dans les bois colon», c'est le centre qui le sera d'abord, et la coloration ira comme la dureté, en s'avancant vers la circonférence. C'est de là qu'est venue dans beaucoup de bois la distinction de deux parties :
1° L'une extérieure, qui conserve encore les qualités du jeune bois, c'est-àdire qui resle imprégnée des sucs liquides auxquels elle est perméable, plus tendre par conséquent, plus pâle, plus blanche, ce qui lui a fait donner le nom d'aubier.
2° I, autre, intérieure, desséchée, durcie et colorée, qu'on nomme vulgairement le ccrtir ou bois parfait.
HAYOXH MEDULLAIRES
Les rayons médullaires qui, existant dès l'origine de la tige, se continuent
sans interruption de la moelle à l'écorcc, ont été
*" (h nommés yrands rayons (fig. 22); ceux qui ne se
sont montrés que dans les années suivantes, el
' ont leur point de départ dans les couches qui
correspondent à ces années, ont été nommés
**■ petits rayons. Ceux-ci se présentent même dans
les bois, où la distinction des couches n'est pas
manifeste, et indiquent ainsi des formations
successives que l'homogénéité de (ouïe la masse
ligneuse ne permet pas d'apercevoir autre-
C'est vers la périphérie du bois, et par conséquent dans la partie où ils se trouvent en rapport avec le système cortical que les rayons offrent souvent le plus de largeur.
L'écorce, comme le système ligneux, offre une portion cellulaire et une portion fibro-vasculaire. Hais il y a inversion dans la situation et dans la proportion relative des parties.
Le parenchyme, celte sorte de moelle de l'écorce, occupe son pourtour el offre un développement plus grand, des formes plus variées que les faisceaux fibro-vasculaires, tandis qu'au contraire, dans le bois, ces faisceaux sont beaucoup plus développés et beaucoup moins simples que la moelle.
Chaque année, il se forme une couche d'écorce en même temps qu'une couche de bois. Les zones de bois restent immobiles ; mais la nouvelle couche ligneuse
s adaptant sur une plus ancienne qu'elle vient recouvrir, les zones d'écorce sont sans cesse repoussées en dehors pour faire place à d'autres plus jeunes, et surtout aux nouvelles couches ligneuses qui se forment au dedans d'elles.
L'épidcrme est la partie de l'écorce qui doit par la distension résultant de l'accroissement progressif de la tige et de l'action des agents extérieurs, disparaître la première.
Son existence est en effet temporaire, cet épidémie finit par se fendre, se dessécher et se détruire.
Sous l'épiderme se trouvent d'autres couches cellulaires :
1° La couche subéreuse, ainsi nommée, comme nous l'avons dit, parce que dans quelques arbres elle constitue la substance connue sous le nom de liège (suber).
2° L'enveloppe cellulaire, appelée aussi couche verte.
Elle se dislingue de la première par la chlorophylle, qui remplit et teint en vert ses cellules polyédriques à parois plus épaisses, et laissant entre elles des méats ou souvent des lacunes. Au milieu de ces cellules vertes, on en trouve fréquemment qui renferment des cristallisations.