FABRICATION DU BOIS DURCI
Actuellement, on fabrique le bois durci de la manière suivante :
Des sciures de bois, surtout de palissandre, sont réduites en poudre très fine, puis humectées avec une quantité convenable de sang mélangé d'eau et portées dans une étuve chauffée à 50 degrés environ. C'est avec ces poussières desséchées que s'identifie l'albumine du sang. L'agglomération s'opère avec des sciures de môme nature. Le moulage est fait dans des bagues contenant des matrice en acier poli, destinées à reproduire, avec toute la finesse possible, diverses créations artistiques.
Les poussières sèches sont empilées dans les moules, de façon qu'après la compression, il n'y ait pas d'excès de matières premières.
La pression est obtenue au moyen d'une presse hydraulique très puissante.
Les plaques sont chauffées au gaz de façon à maintenir une température uniforme pendant toute l'opération.
Les moules munis de leurs bagues se meuvent dans des rainures disposées de façon qu'ils ne puissent éprouver aucune variation.
Les plaques dites de chauffe sont munies chacune d'un appareil à gaz qui suit leur mouvement d'ascension ou de descente.
Au premier abord, il est difficile de se rendre un compte exact de l'action exercée par l'albumine du sang sur la sciure. Longtemps on a cru que cette action était la même que celle produite sur les tissus par l'albumine des œufs. Mais l'examen de la sciure ainsi travaillée fait reconnaître la présence de la résine. On a reconnu que la résine, en présence de l'albumine du sang détermine une adhérence plus forte. Chauffé vers 200 degrés, le sang par un commencement de fusion acquiert une propriété adhésive telle, qu'après le refroidissement, ses parties ont conservé une notable adhérence entre elles. On peut considérer comme une espèce de fusion cette opération du chauffage, car, si Ton ouvre les moules pendant le travail, on trouve une pâte molle, noirâtre, semiliquide, pour ainsi dire, analogue au bitume en fusion. C'est à ce moment, probablement, que les parties les plus délicates des matrices se trouvent remplies et fidèlement reproduites après le refroidissement.
Dans la fabrication faite avec les sciures de palissandre, il se produit un phénomène assez intéressant. L'air est expulsé, le mélange de sciure et d'albumine du sang subit une fusion. Il se forme une matière nouvelle ressemblant au tissu ligneux et Ton obtient un bois dur, dense, capable de subir tous les travaux d'ébéniste rie.
Ce phénomène paraît être dû à l'aclion simultanée de la résine contenue dans les sciures et de l'albumine du sang en présence de la chaleur et de la pression. La matière acquiert la teinte brun noir, et, après le refroidissement, sa densité atteint 4,300, tandis que la sciure albuminée ne pèse que 0,800.
Les objets ainsi moulés peuvent être polis ou vernis et peuvent recevoir des incrustations d'ivoire ou de nacre de perle.