‹ Le boisChapitre 57 sur 238 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

BOIS EUIOPÉEHS

On peut distinguer en Europe trois grandes régions botaniques.

La région septentrionale comprend la Laponie, l'Islande, les provinces du nord de la Suède, de la Norwège et de la Russie.

Dans cette partie froide, les espèces ligneuses ne forment que la centième partie de tous les végétaux que Ton y trouve. Les arbres sont principalement représentés par les Conifères et les Amentacées.

En général, le chêne, le noisetier et le peuplier s'arrêtent au soixantième degré de latitude, le frêne au soixante- unième, le hêtre et le tilleul au soixantetroisième, les Conifères au soixante-septième.

M. Charles Martins dit qu'à Drontheim les arbres les plus communs dans les jardina sont le sorbier des oiseaux et le lilas. Il remarqua quatre chênes paraissant souffrir du froid.

Le frêne est un arbre plus robuste, mais qui acquiert en Suède des dirnen* sions moins considérable que le chêne; ce savant remarqua les derniers frênes à la latitude de 61 degrés. Le tilleul peut vivre à Drontheim comme le peuplier baumier et le marronnier d'Inde. Tous les arbres a fruit ne peuvent être cultivés qu'en espalier. Aux environs de Drontheim des bouquets d'auldes, de bouleaux et de sapins entremêlés de frênes, d'érables, de trembles* de cerisiers à grappes, de noisetiers, de genévriers et de saules couronnent les points culminants.

La région moyenne de l'Europe corriprend tous les pays qui forment les provinces du midi de la Russie, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la Suisse*

le Tyrol, les îles Britanniques, l'Italie supérieure et la plus grande partie de la France. Dans cette région les forêts sont formées par les essences suivantes : le Chêne commun ou Quercu8 robur, auquel viennent se joindre le Châtaignier, le Hêtre, le Bouleau, Y Orme, le Charme, Y Aulne, etc.. Le Chêne domine.

Dans la région méridionale, formée par le littoral de la Méditerranée, on rencontre le Chêne à Kermès et le Chêne vert. En outre des bosquets de Myrtes odorants d'Arbousiers, de magnifiques Lauriers roses se pressent au bord de la mer.

En Italie, en Sicile, en Espagne, YOranger fleurit et se couvre de fruits. Les forêts y sont formées essentiellement par le Chêne vert(Quercus ilex), le Chêne liège (Quercussuber), auxquels se mélangent des arbustes caractérisques, comme YErica arborea, les Cythises, les Genêts odorants, etc...

Nous citerons encore parmi les espèces caractéristiques de ces contrées : les Cyprès, les Pins pignons, les Pins d'Alep, les Pins laricio, les Platanes, et particulièrement Y Olivier, le Lentisque, le Caroubier, le Grenadier et le Pistachier.

Sur une grande partie des côtes méridionales de la Sicile on rencontre enfin un palmier, le Chamœrops humilis, accompagné d'Orangers et de Citronniers.

FRANCE

Bien que la France ait encore plus de neuf millions d'hectares de forêts et de bois, soit la sixième partie de son territoire et la vingt-septième partie de rétendue totale des forêts de l'Europe, elle est loin de se suffire pour la production du bois.

La France fournit à peine le tiers de la quantité dont elle a besoin, et presque tout le bois de construction lui vient de l'étranger au prix de plus de cent millions par an.

On évalue à onze cent mille hectares la surface des terrains qu'il serait utile de reboiser. Mais quel que soit le zèle apporté à cette œuvre de restauration, quels que soient les avantages immédiats du reboisement pour le cultivateur, comme dans les plantations de chênes truftiers, il ne faudra pas moins d'un siècle d'efforts bien dirigés pour que l'on obtienne tous les résultats attendus.

C'est après ce laps de temps que les essences précieuses, surtout les chênes, pourront avoir succédé aux résineux à croissance rapide, dont on se sert pour revêtir hâtivement les pentes ravinées.

L'importance annuelle de la production française dépasse 40 millions de stères, fournis : trois sixièmes par la région du nord oriental, deux sixièmes par le midi oriental et le nord occidental, et un sixième par le midi occidental.

La consommation annuelle s'élève à 60 millions. Il en résulte un déficit considérable qui nous fait recourir principalement à la Norvège, à la Russie et à

l'Amérique.

Dans quelque région climatérique qu'on se place, on pourra observer que les forêts françaises se composent d'une ou plusieurs essences dominantes au milieu

desquelles d'autres se rencontrent à l'état de dissémination, mais sans fournir jamais de massifs compactes.

De là deux catégories : d'une part : les essences susceptibles de fournir un massif constituant une foret, et, d'autre part, les essences isolées plus ou moins nombreuses suivant les cas, mais incapables de vivre et de se perpétuer à l'état de massif constant.

Hg. 94. — Coupe d'un tronc d'érable. Fig. 35. — Coujie d'un Ironc de chêne.

Ainsi, dans la région chaude, les essences qui composent les grands massifs sont le pin d'Alep, le pin. maritime, le chêne vert ou yeuse et le chêne liège.

Fig. 96. — Coupe d'une tige de sapin.

Dans la région tempérée, nous trouvons les chênes rouure et pédoncule, ) châtaignier, le charme, les pins sylvestre et l&ricio, le hêtre et le sapin.

ne KNcvr.i.oi'f.niK chimique

Dans la région froide, nous rencontrerons le hêtre, le pin à croehetx, le sapin, l'épicéa et le mêlè:e.

Enfin, dans la région très froide, le mélèze et le pin cembro.

Toutes les aulres essences forestières ne végètent dans leurs régions respectives qu'à l'état d'essences secondaires disséminées suivant certaines circonstances locales au milieu des grands massifs, et ne présentant en nombre qu'une très petite proportion relativement aux essences dominantes.

Fig. 91. — Marronnier d'Inde.

Les forêts qui recouvrent le sol de la France se divisent, 1 en trois catégories :

1° Forèlsdomaniales;

2° Forêts des communes et des établissements publics ;

3° Forêts particulières.

Les premières présentent une superficie d'environ 1.500.000 hectares, les ■coudes 2.500.000, et les troisièmes couvrent environ .'i.uOO.OOO hectares.

Dans notre pays, les bois sont divisés en cinq classes, qui sont :

{• Les bois durs ;

2° Les bois blancs;

3° Les bois résineux ;

4* Les bois fins ;

5° Les bois d'ébénistcrie.

La première classe renferme le C/iéne, l'Orme, le Hêtre, le Frêne, le Charme, le Châtaignier, le Sycomore, V Acacia, YErable et le Platane.

La seconde classe comprend le Bouleau, Y Aulne, le Peuplier, le Tremble, le Saule, le Marronnier d'Inde et le Tilleul.

Dans la troisième classe viennent se ranger les bois résineux, qui sont : le Pin, le Sapin, le Mélèze, le Cyprès et Vif.

Les bois fins sont représentés en France par : le Merisier, le Sorbier, le Cornouiller, le Poirier, le Pommier, V Arbousier, le Prunier, V Alisier, le Néflier, etc.

Enfin la cinquième classe emprunte quelques espèces à la première et à la quatrième et comprend en outre : Y Acacia, le Buis, le Noyer, Y Abricotier et Y Amandier.

Nous terminerons cet aperçu général de la richesse des forêts françaises en donnant l'état complet, par familles, des espèces ligneuses qui sont le plus abondamment répandues dans les vallées des Alpes françaises. Ce sont :

ABIÉTIIVÉE8

Pinus cembra (Pin cembro).

On le rencontre à l'état disséminé dans les forêts de mélèzes et de pins à crochets, souvent en compagnie du sapin et de l'épicéa.

C'est un arbre des grandes altitudes appelé à rendre de grands .services pour le reboisement.

Pinus syTveetris (Pin sylvestre),

11 ne forme de massifs purs que sur les versants inférieurs, sur ceux, par exemple, qui appartiennent à l'étage oxford i en. Il est presque toujours employé par voie de plantations.

Pinus uneinata. (Pin à crochets).

On le rencontre ordinairement au milieu des derniers pins sylvestres et dans les zones inférieure et moyenne du mélèze.

Larix Europaea (Mélèze).

Cet arbre constitue de vastes forêts, depuis le fond des hautes vallées, où il est mélangé au pin sylvestre, jusqu'aux grandes altitudes, où il n'est plus dépassé que par le pin cembro.

Dans la zone intermédiaire, il couvre de grandes étendues, souvent seul, souvent aussi accompagné par l'épicéa, le sapin et le pin à crochets. Il végète dans tous les terrains, au milieu des rochers les plus arides. Il est très employé dans les travaux de reboisement.

Abies excella (Epicéa commun).

Cette espèce se rencontre en compagnie du pin sylvestre et du mélèze, tantôt par individus isolés, tantôt par bouquets plus ou moins touffus.

Cet arbre constitue à lui seul des massifs importants. Il est abondamment répandu sur les versants moyens, mais devient très rare dans les versants supérieurs.

Ables pectlnata (Sapin pectine).

On le trouve dans la plupart des forêts, au-dessus de la zone du pin sylvestre, le plus ordinairement à l'état disséminé. Il est peu employé.

ACÉRUTOES

Acer pseudo-platanuB (Erable sycomore).

Il est généralement employé dans les Alpes, sur les atterrisscments des barrages.

Acer opulifollum (Erable à feuilles d'obier).

C'est un arbre assez répandu, susceptible d'être employé dans les terrains secs inférieurs, et principalement dans les terres noires.

Acer eampestre (Erable champêtre).

Cet arbre forme des taillis à toutes les expositions; il est précieux pour les reboisements des terres noires.

AMYGDAJLEES

Prunus brigantiaca {Prunier de Briançon).

C'est un arbuste se trouvant ordinairement dans les haies disséminées au milieu des prairies des hautes vallées.

On l'emploie pour reboiser les coteaux arides.

Prunus spinosa (Prunier épineux).

Il est commun dans les haies. .

Cerasus avium (Cerisier merisier).

On le rencontre dans les bois et prés-bois des versants inférieurs.

Cerasus padus (Cerisier à grappes).

Très commun dans les haies et les vallons boisés.

Cerasus mahaleb (Bois de Sainte-Lucie).

Se rencontre sur les coteaux pierreux.

BÉTULACÉEg

Alnus Incana (Aulne blanc).

Cet arbre accompagne les torrents, qu'il suit dans tous leurs parcours. Il est excessivement utile pour le reboisement des ravins.

Betula alba (Bouleau commun).

11 est disséminé ça et là dans les bois humides.

CELAgTRINÉES

Evonymu§ Europœus (Fusain d'Europe).

Il forme les taillis et les haies des basses montagnes.

Page 1