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HECTARES

Chêne liège 453.800

Chêne zeen % 53.800

Chêne vert 738.000

Pin d'Alep 811.000

Cèdre 38.000

Thuya 158.000

Olivier sauvage 35.000

Divers 990.000

La province de Constantine est de beaucoup la plus boisée. Elle compte à elle seule 1.209.000 hectares de bois et forêts.

Les principaux produits des forêts algériennes, ceux qui fournissent un aliment au commerce d'exportation, sont :

1° Le liège.

Il* ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

2° Les bois de construction (marines, bâtiments, traverses de chemins de fer, mcrrains, etc...).

3° Les bois de travail (parquetage, menuiserie, ébénisterie, marqueterie, tabletterie, etc.).

4° Les résines.

5° Les écorces à tan, etc..

D'après la loi musulmane, les forêts étaient la propriété de l'Etat. L'occupation française ne fit que confirmer ce principe. Aussi, à part quelques aliénations, les forêts des trois départements algériens sont-elles restées propriété domaniales.

Les principales essences indigènes sont les suivantes :

(HE\E VERT (Quercus ilex).

Le chêne vert est le plus répandu. On le trouve à l'état pur et souvent mélangé avec le pin d'Alep. Cet arbre repousse très bien de souche lorsqu'il est jeune , et drageonne très abondamment à tout âge. On provoque la production des drageons en brûlant sur place les débris do la coupe après l'exploitation. Son bois, fort dur, présente une densité qui varie de 0,9 à 1,18. II fournit un excellent chauffage; la menuiserie, le charronnage remploient beaucoup. L'âge lui fail acquérir une très belle couleur d'un brun foncé et d'un noir intense au cœur; son écorce est très appréciée pour le tannage.

CHÊ\E LIÈGE (1)

Nous sommes en présence d'une essence des plus importantes. L'Algérie est la véritable patrie du chêne liège; ce pays en renferme une aussi grande quantité que tout le reste du globe, et produit un liège, dont la qualité reconnue égale à celle des meilleures provenances d'Espagne et de Portugal, va en s'améliorant avec la culture forestière.

Cet arbre croît spontanément dans le Nord de l'Afrique et dans le Midi de l'Europe. Celui qui vit dans les landes de Gascogne appartient à une espèce spéciale, le chêne occidental, dont le tempérament est plus rustique.

Les principales stations du chêne liège sont les côtes septentrionales d'Afrique, le Portugal, l'Espagne et le Midi de la France, la Corse, la Sardaigne et la Sicile. Il est inconnu en Syrie ainsi qu'en Asie Mineure.

Le chêne liège, de la famille des chênes verts, a le même feuillage bronzé à reflets métalliques des chênes yeuse et ballotte, mais son port est plus trapu, sa cime plus irrégulière et moins fournie, et son écorce est caractéristique.

De moyenne grandeur, car sa hauteur ne dépasse pas généralement 20 mètres, il peut grossir beaucoup, grâce à sa longévité, et l'on reilconti'c souvent eii Algérie des sujets ayant un mètre de diamètre».

Cette essence, fortement enracinée, pivotante souvent, émet dans les sols rocheux de nombreuses racines traçantes qui, courant parfois à la surface du

il) En portugais {seveiro) ; espagnol (corchcr); provençal {s'urv, suvi); italien (soghero) ; anglais (curk); arabe [kciTauch, senuin .

sol, contournent les anfractuosités, pénètrent dans les tissures et assurent à l'arbre une assiette des plus solides lut permettant de résister aux plus Torts ouragans.

Peu d'arbres forestiers sont doués d'une vitalité aussi grande ; coupé rc/. de terre ou incendie sur pied, le chêne liège repousse de souche jusqu'à un Age fort avancé, et c'est grâce à cette précieuse qualité que nombre de forêts algériennes se sont conservées malgré les incendies qui les avaient dévastées.

Sur lelittoral algérien, le chêne liège croit aussi bien en plaine qu'en montagne ; il préfère cependant les terrains un peu accidentés et les collines peu élevées ; on le voit rarement au-dessus de 900 mètres d'altitude. Cet arbre s'accommode de presque tous les terrains, excepté les calcaires purs et les argiles compactes. En général, il préfère les granits, les schistes et surtout les grès.

Fig. 103. — Rayons médullaires d'un tronc de chêne liège.

Le bois du'chène liège est lourd, compacte et difficile à travailler. Il se déjète et se fend profondément en séchant. Il sert donc fort peu; les charrons du pays remploient quelquefois, et les constructeurs de barques l'utilisent pour fabriquer des coudes et des courbes. Les variations atmosphériques l'altèrent rapidement; i! pourrit alors très vite. L'ébénisterie, la menuiserie pourraient l'employer avec avantage, car sa couleur est fort belle.

En revanche, il est excellent comme bois de chauffage, et le charbon que l'on en lire est de qualité exceptionnelle. Sa densité varie de 0,8 à 1,03.

Le feuillage du chêne liège persiste deux années sur l'arbre, et malgré cela son couvert est très léger et permet.au sous-bois de se développer en toute liberté en formant des fourrés souvent impénétrables.

La floraison a lieu ordinairement vers la lin avril, tout en variant suivant les expositions et les altitudes.

Les glands mûrissent et tombent depuis tin octobre jusqu'en janvier. Généralement abondants, assez gros, très après au goût, ils sont par suite impropres à l'alimentation.

L'écorce du chêne liège comprend deux couches concentriques bien distinctes et de nature différente. La cône intérieure qui se trouve en contact immédiat avec le bois, est formée d'une matière grenue peu élastique, entremêlée d'un tissu fibreux, c'est la partie active de l'écorce; elle correspond au liber des il titres

arbres et concourt seule à la formation des couches corticales et ligneuses de l'arbre, dont elle constitue un des organes essentiels. C'est cette partie que les anciens licgeurs ont appelée la mère, et qu'en Algérie on désigne plus communément aujourd'hui sous le nom de tannin.

Partout où cette couche vient à être détruite sur le corps de l'arbre, il n'y a plus formation ni d'ecorce, ni de bois, à moins que la plaie ne vienne à se cicatriser et à être recouverte par suite de l'accroissement des tissus voisins. Une décortication complète ou même partielle, lorsqu'elle fait le tour du tronc, est une cause certaine de la mort de l'arbre.

La seconde couche formant la zone extérieure de l'écorce est plus épaisse que la précédente et se compose d'une matière spongieuse, élastique et compressible, peu perméable aux liquides, constituant ce que l'on appelle le lissu subéreux ou liège. On peut considérer cette couche comme étant une enveloppe inerte participant à la croissance de l'arbre, mais ne concourant en rien aux fonctions actives de la végétation, ce qui permet d'expliquer comment on peut dépouiller l'arbre d'une partie de son enveloppe subéreuse sans que son existence en soit compromise. Après cet enlèvement, en effet, une nouvelle couche de même nature se forme, et l'opération pratiquée avec soin peut se renouveler périodiquement.

Il se produit chaque année, entre l'écorce et le bois nouvellemeut formés, une nouvelle couche d'ecorce; il arrive alors qu'en se multipliant elles pressent le réseau des couches corticales plus anciennes et le forcent à se distendre. Les couches extérieures finissent par se déchirer et forment sur le tronc de l'arbre de profondes crevasses longitudinales.

La couche annuelle se formant dans l'écorce du chêne liège, est en réalite double ; chacune des zones corticales s' accroît de son côté, cet accroissement se faisant à la surface intérieure des dernières couches formées. Pour le liber, cet accroissement ne se distingue pas; pour le liège, au contraire, il est très prononcé et facile à reconnaître. Les couches annuelles du liège, ainsi que cela se présente dans la plupart des bois, sont bordées intérieurement par une série de cellules de couleur plus foncée; on peut alors facilement distinguer ces couches les unes des autres et apprécier l'âge du liège.

Le liège mâle ou vierge est l'écorce subéreuse que l'arbre produit naturellement. Cette écorce se développe avec l'arbre, s'accroît avec lui, se crevasse en \ ieillissant, et n'arrive jamais à se détacher du tronc naturellement, comme on l'a souvent affirmé à tort. Elle peut atteindre une épaisseur assez forte; on trouve sur de vieux chênes des écorces qui ont m ,30 d'épaisseur.

L'arbre vieillissant, la résistance qu'opposaient les anciennes couches corticales, ne permet plus aux nouvelles couches en formation qu'un développement très faible; il en résulte un liège sans élasticité, crevassé et sans applications possibles.

Ce liège mâle n'a donc que peu ou pas de valeur. Il est souvent employé cependant pour les décorations rustiques des parcs ou jardins.

Si l'on dépouille l'arbre de son liège naturel, en ayant soin de ne pas endommager la couche inférieure de récorce ou liber, on voit se former après un certain temps une nouvelle couche de liège nommée liège de reproduction ou liège femelle, par opposition au liège mâle ou naturel. C'est cette nouvelle matière qui est le

véritable liège commercial ; ses avantages sont d'être homogène, élastique et sans crevasse.

Lorsque l'on enlève à l'arbre son liège mâle, on procède à l'opération nommée démasclage. Par cette opération on met le chêne en état de former du liège de reproduction ; on le met donc en valeur, car ce n'est qu'à partir de ce moment que l'arbre devient réellement productif.

La couche corticale du liber contribue seule à la formation du liège de reproduction, aussi lui a-t-on donné le nom de mère; mais cette matière est en outre devenue l'objet d'un commerce important sous le nom de tannin; les deux dénominations sont employées, surtout la dernière en Algérie.

M. Mathieu résume ainsi les considérations que l'on peut présenter sur la formation du liège de reproduction :

« La mère dénudée se dessèche plus ou moins profondément au contact de l'atmosphère ; d'abord d'une couleur rosée à la surface, elle passe bientôt au rouge ocreux, finalement au brun noirâtre. C'est entre cette zone durcie et la portion de la mère restée active que s'organise, le nouveau liège, à une profondeur et dans une région très variables par conséquent, c'est-à-dire tantôt dans l'enveloppe herbacée, tantôt entre elle et le liber, souvent dans l'épaisseur de ce dernier. Quelle que soit la couche qui régénère le liège femelle, celui-ci une fois reconstitué s'accroît par lui-même à sa face interne, tout comme l'a fait le liège mâle. »

C'est en effet ainsi que se passent les choses. La mère n'est pas entièrement repoussée en dehors ; l'action de la végétation après le démasclage la fait se diviser en deux ; la partie extérieure desséchée se sépare de la partie ordinairement très mince restée active, et c'est entre cette dernière, adhérente au bois et en communication avec le liber de la partie supérieure non encore démasclée et la portion extérieure, que se forme la première couche de liège femelle.

Le dessèchement de la mère se prolonge ensuite en mourant sous reçoive mâle à une certaine distance au-dessous de la seclion de démasclage. La formation du liège femelle commence ensuite.

Dès que la première couche de ce nouveau liège est formée, l'écorce subéreuse continue à s'accroître avec régularité, et comme pour le bois, l'épaisseur des couches annuellement formées, est fonction de l'âge et de la vigueur de l'arbre, ainsi que des conditions de plantation.

Les couches d'un liège de bonne qualité doivent se présenter régulières, d'une épaisseur normale. Si cette épaisseur est trop forte, le liège devient mou, il se laisse pénétrer par les liquides; on lui donne alors le nom de liège gras ou liège soufflé. En général, ce sont les bas-fonds humides qui produisent cette qualité de liège.

Lorsque l'épaisseur est trop faible, c'est-à-dire lorsque les couches sont minces et resserrées, le liège n'est plus élastique. Sa densité est alors plus forte, ce qui est un grave inconvénient pour le commerce. Ce dernier défaut tient le plus souvent à la nature du terrain où l'arbre se trouve. Les lièges de cette sorte sont produits généralement sur les sols pauvres, élevés, exposés à l'ouest.

Dans le sens de l'épaisseur, le liège est sillonné par des canaux de couleur brunâtre, toujours dirigés perpendiculairement à l'écorce. Ces canaux sont des

rayons médullaires, qui d'abord cylindriques, prennent ensuite une forme elliptique sous l'influence de la pression latérale, et finalement s'aplatissent complètement. Ces rayons médullaires sont tapissés intérieurement par des cellules qui se détruisent facilement et laissent alors dans le liège des vides dont Tintérieur est rempli par une matière pulvérulente.

Lorsque ces vides sont trop abondants, la qualité du liège en est amoindrie, son imperméabilité diminue.

Sur le ventre de la planche de liège, c'est-à-dire à la face intérieure, les canaux médullaires sont signalés par de petites ouvertures généralement allongées dans le sens de la hauteur et qu'un léger bourrelet entoure. On peut alors juger facilement la nature du liège à l'inspection de la planche. Lorsque cette dernière est lisse, lorsque les ouvertures signalées sont petites et rares, on peut être certain que le liège est homogène et de bonne qualité. Dans le cas, au contraire, où la surface intérieure de la planche serait rugueuse et criblée d'un grand nombre de trous noirâtres, ce serait un liège de qualité médiocre troué et crevassé à l'intérieur.

Si l'on compare entre eux un liège de première reproduction et un liège mâle pris sur le même chêne, on constate qu'une modification s'est produite dans la texture de la nouvelle enveloppe subéreuse; les principaux caractères de cette modification sont l'oblitération et la disparition d'une partie des canaux médullaires, la conséquence en est que la compacité et l'homogénéité du liège sont augmentées.

En outre, les couches annuelles moins comprimées présentent plus d'élasticité, la surface externe est crevassée moins profondément, la qualité du liège s'est donc améliorée.

Comme les arbres fruitiers, les chênes lièges ont leur individualité propre, c'est-à-dire que tel sujet qui aura donné du liège fin à la première récolte, continuera à produire du liège fin, et réciproquement tel arbre dont le liège est d'abord troué, continuera à donner des produits de qualités médiocres.

L'accroissement du liège est très variable, le tableau suivant peut en donner une idée.

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