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MOTIFS DE LUCARNES

M. Cordier, architecte.

Les premières lucarnes datent du treizième siècle; on les fit alors, soit avec devanture en maçonnerie, soit entièrement en charpente, recouvertes de plomb ou d’ardoises.

Nous ne nous occuperons ici que des lucarnes en charpente apparente; celles-ci sont tantôt de petites dimensions et elles constituent alors de simples chiens-assis, destinés à donner de l’air et de la lumière â un comble; tantôt, au contraire, elles sont de véritables fenêtres.

La figure 45 représente en perspective l’ossature d’un chien-assis, construit par M. Oppler, architecte, sur le toit d’une maison de campagne à Pyrmont (Hanovre). Les édifices du moyen âge offrent des exemples de ces petites lucarnes qui étaient recouvertes avec de la tuile, de l’ardoise ou du plomb.

Il y a encore des lucarnes ou chiens-assis dont le toit n’a qu’une seule pente; ce sont alors des lucarnes dites retroussées ou à demoiselle.

Les lucarnes sont composées, en général, de deux portions triangulaires en pan de bois que l’on

Fig. 45.

nomme joues ou jouées, assemblées dans les chevrons latéraux de l’ouverture, appelés chevrons de

jouées, et auxquels on donne plus d’épaisseur qu’aux autres chevrons.

Les jouées de la lucarne supportent le toit de la baie, terminée sur le devant par un châssis dormant qui forme, du côté de la façade, une fenêtre pou-

Fig. 46.

vant être fermée par des châssis vitrés ou par des volets.

Les pannes sont coupées au droit des jouées pour le passage de la lucarne et, si les fermes sont trop écartées pour qu’on puisse laisser sans soutien les bouts de la pièce qui restent en bascule, on assemble ces extrémités de la panne dans deux linçoirs établis sous les chevrons portant sous les jouées de la lucarne. Ces linçoirs s’assemblent dans la panne et .portentsur des blochets de sablière ou sur la sablière même.

Les greniers des écuries sont pourvus de portes-

lucarnes nécessaires pour le service des fourrages. Ces baies peuvent donner lieu, dans les écuries de

luxe, à des ouvrages de charpente très intéressants. La figure 46 représente, en élévation, une porte-

lucarne exécutée d’après les dessins de M. de Sanges, aux écuries du château de Bagatelle ; elle est en bois apparent avec remplissages en briques. Le balcon

avec balustrade à jour est soulagé par des consoles en bois plein; la toiture est surmontée d’un campa-

Fig. 49-49 bis.

nile avec abat-sons, destiné à abriter une cloche pour le service des écuries.

Quelques lucarnes ont encore les formes dites

poussée par le vent, de pénétrer dans une fenêtre. La figure 47 donne en perspective une guitare dans laquelle la pièce A forme le cintre de la baie; les

pièces B, B sont les aisselliers et les pièces C,C, les liens guitares.

Les figures 48 à 55 reproduisent, en coupe et

en œil-de-bœuf ou en guitare. Cette dernière est un assemblage de charpente, composé surtout de pièces courbes et qui est employé pour soutenir les toits en saillie des lucarnes ou empêcher la pluie,

en élévation, cinq types différents de lucarnes en bois.

Le motif de droite de notre planche XII représente, à l’échelle de 0m,04 pour mètre, l’élévation et la

coupe d’une porte-lucarne, construite d’après les dessins de M. Cordier, architecte. Cette lucarne est d’une construction à la fois simple et élégante. Le

vantail qui la ferme est composé de planches découpées sur les rives, de manière à faciliter l’aérage du grenier. Le motif du centre est également à l’échelle de 0m,04 pour mètre; celui de gauche, à

l’échelle de 0m,05 pour mètre, a été exécuté au château de la Haye- Roger.

La lucarne (fig. 56 et 57) a été construite par

M. Formigé, architecte, pour la restauration de la cathédrale de Laval (Mayenne).

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