Scène VII
ZAKOUSKINE, ADRIENNE
Adrienne reste seule un instant. Elle tourne le do» à la porte. Zakouskine entre, un rouleau de musique à la main.
Zakouskine. — Madame!
Adrienne, sans le regarder. — Monsieur!
Zakouskine. — M""' Margerie n'est pas làf Adrienne. — Elle va revenir tout de suite, elle est...
Adrienne pousse un petit cri, laisse tomber tout ce qu'elle tient et s'effondre sur une chaise.
Zakouskine. — Catastrophe!... Madame... Ah!
Le charme slave!... ^ladame... petite madame!
Adrienne. — Ce n'est rien... ce n'est rien... Je sai.s ce que c'est...
Elle revient à elle.
Frangine, rentrant, une carte à la main. — Yuici.
chère madame. (Elle aperçoit Zakouskine.) Tiens, comment?
Zakouskine. — Madame, je suis revenu vous apporter cette musique que voils aimez tant !
Frangine. — Oh! merci!... MaLs, permet lez-moi de vous présenter. Le comte Zakouskine, madame Champmorel.
Adrienne. — Monsieur! '
Zakouskine, à part, en saluant. — Pauvre femme!
Frangine, s'approchant d'elle et montrant la carte. —
Voilà notre vieille maison... Vous voyez, elle est simple mais elle a du style!
Adrienne, très émue et regardant Zakouskine à la dcrohco.
— Oui... oui... oui.
Frangine. — Là, derrière ces arbres, la ferme, ici, une grande allée de chênes. C'est très joli.
Adrienne. — Merci.
Le Domestique, entrant. — M""* Fauehel et M"'* de Ternay sont au petit salon.
Frangine. — Ah! bien... faites attendre.
Adrienne. — Allons, je vous quitte, clièi-e madame. Alors, à bientôt... n'est-ce pas, vous me promettez?
Frangine. — A bientôt!... et n'oubliez pas vos bonnes résolutions.
Adrtexne. — Oh î je vous jure cjue je ne tromperai plus mon mari.
Francixk. -- A la boinie heure!
Adrienne. — Oh! non. Je no le tronipei-ai plus avec ce petit imbécile d'Edouard.
Frangine, riant. — Ohl ' icu...
Zakouskine. — Madame : JulTrira que je la mette en voiture?
Adrienne. — Tirs volontiers!... Au revoir, chère amie.
Franctne. — Au revoir!
Zakouskine. — Je prends consré... Madame! (li
«;ort en fredonnant et en esquissant un pas.) PaS de préliminaires.
LU
L'ILLUSTRATION THÉÂTRALE