‹ Le bois sacré; comédie en trois actesChapitre 10 sur 42 · LA FEMME DB CHAMBRE · texte numérisé non relu

LA FEMME DB CHAMBRE

Ah! le petit.

Oui.

La femme de chambre sort, DBS FARGETTES.

Oh!

FRAKGINB.

Qu'est-ce qu'il y a?

DES FARGKTTES.

Rien. Je me demandais seulement, quand on

ti« LE BOIS SACRÉ

a un chapeau comme ça, quel besoin a-ton d'aller à la campagne.

FRANGINE

Eh bien ! Ce mot urgent ?

DES FARGETTES.

Voilà! Tout à l'heure, je vous ai dit que je vous étais épordument dévoué, et vous m'avez engagé à vous lo prouver. C'est fait.

FRANGINE

Ah bah I

DES FARGETTES.

Voilà... voilà !... Je suis accouru parce que je viens d'apprendre, au ministère, une nouvelle qui vous intéressera beaucoup, bien plus, qui vous causera une grande joie.

Quoi?

DES FARGETTES.

Voilà!... voilà... J'ai voulu être le premier à vous l'apporter. Je ne me serais pas pardonné que vous l'apprissiez par un autre que par moi.

FRANGINE

Mais quoi, enfin?

DES FARGETTES.

Voilai... voilà. . Pour venir plus vite, j'ai demandé son automobile au sous-chef du per-

sonnelqui cependant n'est pas commode, mais qui a épousé la Ix'lle-sœur de ma sœur.

FRANGINE

Oh ! mais, vous m'exaspérez.

DES FARGlîTTES.

Voilà!... voilà... j'abrèj^e... Eh bien, pour le li juillet prochain, la promotion du ministère (les Beaux-Arts, — qui paraîtra dans quinze jours, — comprendra très probablement parmi les nouveaux chevaliers de la Lé<î^ion d'honneur, un nom de femme.

FRANGINE

Ah!

DES FARGETTES.

Oui, un nom de romancière.

FRANGINE, émue.

Ah! tiens... Je ne vous cache pas que je n'approuve pas la décoration des femmes... pas ordinairement... et, tout à l'heure encore, je le disais...

DES FARGETTES.

Ah! oui, mais quand vous saurez de qui il s'ajîit, vous chang^erez d'avis.

FRANGINE

Ah! vous croyez ?

D::s FARGETTES.

J'rn suis sijr! Vous serez môme rudement contente.

FRANGINE

Mais, onfin, qui ost-co? dites ! dites !

DRS FÂRIÏRTTEP, triomplmloment •

C'est Madame de Valreney.

KU VNCINE, glairiale.

Ah!

DES FAROETTES.

Me souvenant de l'inlérèt que vous partez à cette damo, j'af voulu que vous sachiez tout de suite... Eh bien ?

Eh bien, c'est très bien î

DES FARGETTES.

Vous n'êtes pas plus ravie que ça ?

FRANGINE

Comment, pas plus ravie? Je vous dis, c'est très bien. Qu'est-ce que je peux vous dire de plus?

DES FARGETTES.

Je ne sais pas.,. Je pensais...

FRANGINE

Quoi ? Que j'allais danser un boléro en tirant un fou d'artifice?

DES FAR(^ETTES.

Non, pas ça!

FRANGINE

Quoi, alors, que j'allais vous sauter au cou?

DES FAK(ib;TlES.

Plutôt !

FRANGINE

Ah I mon cher, vous manquez «le f^oùtl... Je ne pense pas que jamais mon attitude envers vous ait autorisé cette inconvenance.

DES FARGETÏKS, eOaié.

Je dois avouer que je m'attendais à une autre réception... Moi qui tenais tant à vous annoncer avant tout autre...

FRANGINE

Mais je vous en remercie.

DES FARGEÏTES.

Moi qui ai demandé l'automobile du souschef du personnel qui n'est pas commode...

FRANGINE

Oui... oui... je sais... je sais !...

DES FARGEÏTES.

Mais... mais...

FRANGINE

Je suis pressée, j'ai à sortir. Merci, au revoir.

DES FARGETTES.

C'est bien, madame, c'est bien, je m'en vais.

FRANGINE

Au revoir.

DES FARGliTTKS, en sorlaut.

Oh! quelle aventure.

Francioe reste !>eiile, haii'so les épaule?, et fait qiielqiics pas nerveiHeraent.

LE DOMESTIQUE, entrant.

L'auto est revenue, madame.

FRANGINE

Renvoyez-la, je ne sortirai pas.

LE DOMESTIQUE

Bien, madame.

Le (lomesliqnc sort.

FRANGINE, seule.

Ah! non. Je ne sortirai pas par un temps... par un temps où tm fait des choses pareilles.

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