ADRIENNE, PAUL
Ah! Adri...
PAUL
Elle s'avance vers lui en lui tendant ses lèvres.
ISl
ADRIENNB.
Bonjour...
PAUL
Oh! non, pas ici...
Je veux...
PAUL
Soyons prudents, voyons!... Ma femme et votre mari sont là !
ADRIENNE
Eh bien, justement... je veux...
PAUL
C'est fou... Plus tard... ailleurs...
ADRIENNE
Non, ici... maintenant.
PAUL
Prenez garde.
ADRIENNE
Ah! que vous êtes bourgeois...
PAUL
Bourgeois... moi... bourgeois... Tenez!
U l'embrasse très rapidement.
ADRIENNE
Ah!... vous ne flânez pas!... ce que vous pouvez être poltron !
PAUL
Poltron I moi ? Poltron 1
183 LE JJOIS SACHE
ADRTENNE.
Oui... et c'ost un peu agaçant, vous savez... Hier encore, cette manie de vous déranger tout le temps et de courir à la fenêtre pour regarder si votre femme n'était pas dans le quartier!... Et puis cette idée que le cocher de fiacre qui nous avait amenés nous retrouverait...
PAUL
C'est parce qu'il m'avait donné son numéro... alors!
ADIUENNR.
Oui... Eh bien, tout ça c'est vexant, on se conduit peut-être comme ça avec une demoiselle, mais on ne se conduit pas comme ça avec une honnête femme. Voyez-vous, mon cher, je m'en aperçois, il ne faut pas être la première faute d'un homme.
PAUL
Alil Adrienne !
ADRTENNE,
Vous n'avez jamais eu de liaison : Ce n'était pas par hasard, c'était par vocation, vous ne saurez jamais. Vous êtes de ces hommes — il y en a comme ça, c'est d'ailleurs une espèce ridicule — qui veulent bien avoir des aventures, mais honnêtement, conjugalement. Tout ce que vous dites, tout ce que vous
faites a comme une odeur de mariage. Alors, n'est-ce pas, vous trompez votre femme... tristement... sans goût... comme on fait une bonne action... ce n'est pas extrêmement drôle.
PAUL
C'est agréable ce que vous m« dites là!...
ADRIENNE
Oh ! je ne vous reproche rien. Mais je sens très bien que vous n'aurez jamais l'idée d'une chose vraiment amusante, crâne, chic, enhn !
PAUL
Mais, je vous demande pardon.
ADRIKNNE.
Allons donc! Tenez, si tout à l'heure j'allais tout droit à votre femme et si je lui disais : « Je suis la maîtresse de votre mari, et nous avons passé hier la journée ensemble au fond de Passy. » Eh bien, je suis sûre que vous ne seriez pas très content.
PAUL, boodissaot.
Pas très content! Je vous crois! Ahl Eh bien 1 Ah ! la la ! vous en avez des idées !
ADRIENNE
Taisez-vous, je le ferais !
PAUL
Oh!
ISi LL: Buis SACUÉ
Ce serait épatant 1
PAUL
Ce serait fou I
ADRIENNE
Calmez-vous... Je ne dirai rien... mais la preuve est faite.
PAUL
Quelle preuve?
ADRIENNE
Vous êtes un tout petit amant, un amant pour la province. C'est dommage. Vous êtes gentil... Seulement, vous n'avez pas été pris assez jeune... C'est dommage.
PAUL
Vous me faites beaucoup de peine.
ADRIENNE, riant.
Bêtal
PAUL
Vous me faites énormément de peine.
ADRIliNNE.
Penses-tu I...
LOUISE, entrant.
On a mis toutes les affaires de madame dans cette chambre... Si madame veut voir s'il ne lui manque rien.
ADRIENNE
Merci, j'y vais...
La femme de rbambre toit, PAUL.
Vous allez vous habiller?
ADRIENNE
Mo coiffer seulement, j'ai ma robe.
PAUL
Là-dessous ?
ADRIENNE
Là-dessous... Elle ne tient pas beaucoup de place.
PAUL? curicUx.
Ah! comment est-elh-?
ADrUENNE.
Vous verrez...
PAUL
Mais enfin...
ADRIENNE
Elle est lég-ère... légère...
PAUL, allumé.
Ah ! ah I
ADRIENNE
Je n'ai pas l'impression qu'elle m'habille, mais... qu'clh' me caresse...
PAUL
Ah! ah! ah!...
ADRIENNB.
Qu'elle frissonne en touchant ma peau.
PAUL
Mais dites donc, dites donc...
A D B I K N N K , l'écartant.
Il me semble que j'ai sur moi un peu de brume du matin presque rose, un peu de brise qui glisse... une espèce de musique qui m'enveloppe... enfin tout, sauf une robe...
PAUL
Ohl je veux voir...
ADR IKNN 15, lui échappant.
Vous m'aimez en ce moment, hein ?
PAUL
Oui...
ADRIENNR.
Oui... si j'ôtais mon manteau, vous m'aimeriez moins I
PAUL
Je veux vous voir!...
ADBIENNK.
Non!.,, rèvez-moi... c'est bien meilleur !... (ChaDgeant Je ton.) H uc Sait pas Ce garçou, il ne sait pas... c'est dommage, (snriescnii ,ieu porte.) A tout à l'heure... C'est pour vous que je danserai...
Elle .sort.