DE
1) Th. Dan, La Russie des soviets, etc., p. 34.
quoique issu de la Révolution et du jacobinisme, n’eut aucun scrupule à jeter son programme entier par-dessus bord dès que l'occasion se présenta d'arriver paï là au pouvoir et de s’y maintenir : ce parti, c'étaient les « bonapartistes ».
S1 l'on veut établir des comparaisons entre la dernière
révolution russe et la première révolution française, ce n’est pas » 3. | A. ?
aux Jacobins qu'il faut surtout comparer les bolchéviks, c’est
aux bonapartistes. Ceux-ci ne furent pas comme ceux-là une
orgamisation de domination à courte vie dans une situation
passagère et anormale, ils fondèrent une constitut:on d'Etat à
longue durée, valable pour le temps de paix comme pour le temps de guerre.
Dans la grande Révolution française, il y eut deux sortes de contre-révolutionnaires. Les plus anciens d’entre eux, les contre-révolutionnaires primit.fs, étaient les princes qu’on avait chassés, membres de la dynastie des Bourbons, ainsi que des gens de la noblesse et du clergé, qui voulaient revenir à leurs anciens postes de domination et d'exploitation.
Mais à côté d'eux surgit à l’occasion — et des occasions se formèrent en France au cours de la Révolution — un élément contre-révolutionnaire qui sortait de la Révolution même. Aussitôt accompli le renversement de l’ancien régime qui tenait en respect les diverses classes et catégories opprimées et exploitées, celles-c1 entrèrent en lutte les unes contre les autres. En cas pareil, il peut arriver qu'une des classes ou des partis révolutionnaires conquière tant de prépondérance sur tous les autres qu elle monopolise à son profit tous les fruits de la Révolution et condamne tout le reste des révolutionnaires à la même impuissance et à la même inertie auxquelles ils étaient contraints avant la Révolution. De cette façon, la Révolution est annulée pour la plus grande partie des classes révolutionnaires.
Si, dans la grande secousse française, on appela « légitimistes » la première sorte de contre-révolutionnaires, adhérents de la monarchie légitime, les contre-révolutionnaires issus de la Révolution elle-même furent appelés « bonapartistes »,
Pa
d’après leur chef, le général Napoléon Bonaparte, qu'ils finirent par faire empereur.
Le conflit entre contre-révolutions légitimiste et bonapartiste se renouvela en France après le déclin de la Révolution de 1848.
Ces deux sortes de contre-révolution se distinguent entre autres par ceci. La forme primitive, telle qu’elle se manifesta, par exemple, en Autriche et en Prusse en 1849, se donne ouvertement pour ce qu'elle est. La forme bonapartiste, au contraire, conserve le plus possible l'attitude révolutionnaire; bien souvent ses représentants n'ont pas eux-mêmes une conscience claire de leur rôle contre-révolutionnaire. Il se passa des années avant que le premier Napoléon allât jusqu à se faire empereur — empereur par la volonté nationale, installé par un plébiscite qui eut lieu en mai 1804, après quoi il se fit couronner le 2 décembre de la même année, Sans sa vanité, 1l aurait pu jusqu'à la fin de sa vie revêtir la dignité de Premier
;. . : : A A | consul, qu’il avait conquise le 18 Brumaire, avec le même rôle | contre-révolutionnaire qu'il joua comme empereur, et pourtant, ! 4 serait apparu au monde comme un révolutionnaire et non un
contre-révolutionnaire.
La forme bonapartiste de contre-révolution n’est donc pas aussi facile à déceler que la forme primitive. Elle a, dans ses commencements, encore bien des points communs avec la véritable Révolution, elle peut passer pour sa continuation, parfois même pour son achèvement. Mais elle est toujours fondée sur l'oppression d’une partie des révolutionnaires et sur la restriction de la liberté de mouvement pour les masses, et doit donc à mesure qu’elle dure plus longemps dévoiler davantage son caractère contre-révolutionnaire.
C'est ce qui est arrivé en France au temps de sa grande Révolution. C’est ce qui arrive en Russie depuis 1917, Les essais de contre-révolution primitive se sont produits de bonne heure : ce sont les révoltes des « gardes blancs », Kornilov, Denikine, Koltchak, Wrangel. Mais est-ce la seule sorte de contre-révolution qui s’est produite ? Le manifeste rédigé par l'Exécutif de l'LO.S. en mai dernier ne parle que de « contre-
un + mn
— — nr nt. tien mnt nee à - . .— - y “ nc - sata # …
more mets D Cor ea Re pneu ide EE 5 œ > A tot -. Mrreides À = Pam P - - ; Re 60 ve =
er L< hé : : qe — = 2 = « —— —— - »
x : " TT RARE 7 # 5,.#: rés nr arm me mr ne r e - - te <a 1 mme
Ps = sm ER = sn . À
er
2 nn
ES Ed VAE AS Eh mn — Fe ri =. 2-2 pertes à
vo qu. io ? — a.
es" # DRE ve
PT HE" A = ur 2
révolutionnaires blancs », contre lesquels il faut protéger la
Révolution russe. Elle ne parle pas d’une contre-révolution bonapartiste.
Maintenant, il se trouve de nombreuses voix menchevistes pour signaler que le bolchevisme menace de dégénérer en vn nouveau bonapartisme. Mais ce danger ne menace-t-il que d’aujourd' hui? Ne s'est-il pas manifesté déjà plus tôt? Le bolchevisme nest-1l pas depuis longtemps déjà devenu un véritable bonapartisme depuis les coups d'Etat de novembre 1917 et janvier 1918 ? N'a-t-il pas depuis aboli peu à peu toute liberté de mouvements pour les ouvriers et paysans, après avoir, dès ses débuts, mis hors la loi tous les intellectuels qui n'étaient pas dans son camp ? Que doit donc faire Staline pour arriver au bonapartisme ? Croit-on qu'on n’en soit là que le jour où Staline se ferait couronner tsar ? Depuis le commencement de la grande Révolution française, il s’est presque écoulé un siècle et demi. Ce temps n’a pas été favorable à la monarchie héréditaire. Presque aucune des monarchies nouvellement établies depuis n a subsisté, beaucoup des anciennes ont disparu. Même Mussolini ne pense pas qu'il vaille la peine de fonder une nouvelle dynastie. Cela fait-1l qu'il ne soit pas le représentant incarné de la contre-révolution ?
Or, le fascisme n'est que le pendant du bolchevisme, Mussolini n'est que le singe de Lénine.
Il est vrai, le point de départ ici a été tout autre que là. Le fascisme fait voir que les méthodes bolchevistes de dictature peuvent aussi bien être utilisées pour ligoter le prolétariat que pour ligoter ses adversaires. Mais en les comparant nous constaterions que ce qui, dans le fascisme, est « intention >» d'avance, l’étranglement de toute liberté de mouvement prolétarien, est dans le bolchevisme « résultat >» immanquable. Les méthodes bolchevistes ne « peuvent » pas seulement, elles « doivent » nécessairement conduire à enchaîner le prolétariat, au moins là où l’industrie et l’agriculture sont dans le marasme et où la situation des classes qui travaillent dans les villes et les campagnes devient insupportable. Et ce déclin économique à
a OPEN __S
son tour est une conséquence inéluctable de tout ligotage bol-
cheviste ou fasciste de l'appareil de production.
La dégénérescence bonapartiste, ou, si l’on aime mieux, fasciste, du bolchevisme n'est donc pas un danger qui menace dans un lointain avenir, mais un état où la Russie est plongée déjà depuis près de dix ans. L’hostilité aùx ouvriers et paysans à laquelle mènent naturellement les méthodes bolchevistes, ne s'est, il est vrai, déployé que petit à petit, mais il a dans ces dernières années pris des proportions si terribles que déjà, joint à l’imminente ruine complète de l’agriculture, il menace le système bolcheviste de la catastrophe dont nous avons parlé au début et qui rend nécessaire de se préoccuper plus que jamais de la situation en Russie.
La complexité et l’'ambiguité qu’a pris en Russie depuis une douzaine d'années la notion de « révolution » sont encore accrues par le fait qu'il y a là-bas, deux sortes de contrerévolution, la primitive, celle des gardes blancs, et la bonapartiste, ou fasciste et bolcheviste.
Quiconque se place au point de vue du socialisme démocratique doit naturellement combattre l’une et combattre l’autre. Mais on devrait admettre qu’en le faisant, on tourne à chaque moment le plein de sa force contre le genre de contre-révolution qui se trouve au pouvoir, et non contre celui dont la venue est seulement à craindre, et n’est même pas sûre encore. Les républicains français ne se sont jamais avisés sous Napo- ‘éon de renoncer à la lutte contre l’Empire parce qu'il était aussi combattu par les légitimistes.
On peut d’ailleurs remarquer à ce propos que la contrerévolution issue de la révolution est bien plus forte, soutenue par des couches plus énergiques, que la contre-revolution primitive, dont les représentants avaient déjà. avant le bouleversement qui les a chassés, perdu toute force vitale. Combien il y avait plus de force dans l’Empire de Napoléon Ier que dans la royauté de Louis XVI ou même dans la très réactionnaire royauté de Louis XVIII ou de Charles X ! Pour renverser Napoléon, toute l’Europe dut se coaliser. Les
s he 1J
un ermrene. mule, =
Bourbons furent chassés par le prolétariat parisien en une bataille de rues de trois journées.
À dire vrai, Staline est bien moins sûrement assis sur son siège que jadis Napoléon. Celui-ci avait employé toutes les éner- | gies dont il disposait à vaincre et à piller les ennemis de la
4 France. Staline n’emploie tous les moyens de force qui sont Hit: à sa disposition qu’à combattré et à piller les ouvriers et Mt | Gas
1 paysans de Russie. Cela diminue beaucoup le danger de cette
1e Mal . espèce de bonapartisme pour le reste de l'Europe. Mais pour fi la Russie, elle dévient la pire, parce que la plus forte, des formes que puisse prendre la contre-révolution.
æ mas te PRr em ” Qu ra <- Le ce — <. 4 es Le r - LL > me ue ONE ARTE CR € M 7 NE CSL hd pe es L ETES - - — —. M = < … — ——— 5 , — . . Pop <a : ge 5 es 28 EAU k st . x US = mn ü - A = < EL D ris es EE er = de L RE - a + SE me L — = o À re À : ra L 1 - D + nc 2 one se l — + RU Et Ph st = æ RE :
OR es pee — y “ + Ye ge RE TR |
Dour dus Din. DES
ar £ à - Re 0 pee ep DETTE EST
amis