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c'est ce qui arrive déjà chez eux depuis un bon bout de
temps.
Les concessions d’autocraties moribondes n'ont toujours été dans le passé que des tentatives changeantes, entreprises sans décision et bientôt abandonnées. Il en a été jusqu à présent de même dans la Russie bolcheviste, comme le montre déjà le sort de la Nep. On peut très bien étudier la destinée de telles concessions sur les essais de réformes faits par les gou-
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vernements de Louis XVI, prenant les devants sur la grande Révolution sans pouvoir l'empêcher.
L'une et l’autre tendance, celle des concessions aussi bien que celle des répressions renforcées, ont raison dans la critique qu'elles font l’une de l’autre. Les répressions ne font qu’accroître le désespoir et la fureur des adversaires du régime menacé, sans améliorer les conditions existantes. Mais les concessions ne sont accordées que si timidement qu'elles non plus n’améliorent rien. Levr seul effet est d'encourager les ennemis du gouvernement en leur fournissant des possibilités d’agitation multipliées. Le gouvernement, dans une situation pareille, peut bien se tourner et retourner autant qu'il veut, tout ce qu'il fait est à faux, que ce soit vers la gauche ou vers la droite. Tout fatalement lui réussit mal dès qu'une fois le système sur lequel il repose et qu’il ne veut abandonner à aucun prix est évidemment devenu la cause de la ruine ou même de la perte de la chose commune.
Rien ne servant à fond, les gouvernements de ces périodeslà se distinguent par une inquiétude croissante. On fait quelques piètres concessions, mais on voit bientôt, quand même elles rendraient le gouvernement passagèrement populaire, quelles sont d'autant plus exploitées par l'opposition à son profit qu'à elles seules elles peuvent moins suffire à conjurer le mal. Alors c’est, dans le gouvernement, le courant opposé qui prend le dessus, on retire les concessions faites, on cherche à les compenser par de nouvelles mesures de violence. Cette course en zigzag irrite encore bien plus que ne ferait
le simple maintien de ce qui était auparavant et accélère la culbute finale.
Si réellement, dans les rangs communistes, le mot d’ordre: Démocratisation des soviets devait surgir et trouver des défenseurs, ce serait bien sûr une faute de ne pas les prendre au mot et les soutenir. En tant qu'indice de vacillation de la dictature et moyen de l’ébranler davantage encore, ce mot d’ordre pourrait prendre de l'importance. Mais ce ne serait jamais le résultat d'une politique claire et rectiligne voulue par le gouvernement soviétique, ce ne serait qu'un des multiples résultats
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