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contradictoires de- sa course en zigzag et des divisions croissantes, avant-coureurs de la fin du Parti communiste.
Il est impossible de prévoir quelles formes pourra revêtir le bouleversement qui s'annonce en Russie. Mais on peut s attendre avec la plus grande vraisemblance à le voir n’en pas revêtir une seule, mais plusieurs, peut-être même toutes les formes ici considérées et finalement plus d’une encore auxquelles nous n'avons pas l’idée de songer. L'histoire apporte toujours quelques surprises. Il semble impossible qu'un pays aussi gigantesque que la Russie produise en toutes ses parties exactement les mêmes phénomènes. Il peut y avoir des régions dont la population soit, par la faim et les éternels mauvais traitements, devenue absolument apathique et totalement inczpable d'action. Dans d’autres, en revanche, les paysans peuvent avoir encore assez d'énergie pour se mettre fortement en défense contre leurs expropriateurs. Mais alors il peut encore y avoir des villes dont les ouvriers se tournent contre les paysans pour les écraser et les piller, et aussi d’autres villes où les ouvriers fassent alliance avec les paysans et la partie démocratique des intellectuels pour fonder une République démocratique nouvelle.
Alors, il peut également se faire que l'unité du Parti communiste se disloque: il peut ici démocratiser les soviets, autoriser quelque liberté de presse et de parole, là pousser le terrorisme et la toute-puissance de la police politique jusqu aux excès les plus sanguinaires.
Un empire de près de 150 millions d'habitants qui n’ont Jamais encore eu dans l’histoire une seule année durant l’occasion de s'organiser librement en grandes associations embrassant l'Etat entier, jamais encore un peu longtemps l’occasion d’être informés par une presse libre, jamais encore l’occasion de voir dans une représentation nationale de grands partis exposer et appliquer leur programme — un empire de ce genre doit, quand une fois ses masses se mettront en mouvement, nécessairement devenir tout d'abord le théâtre d’un chaos en apparence inextricable. Assurément, c’est à regretter, mais c’est inévitable. L'essentiel sera de mettre le plus tôt possible un terme au chaos. Cela ne pourra se faire par des essais pour élever
à la place de la dictature tombée une dictature nouvelle. Cela, ce serait éterniser la guerre civile.
Une seule perspective s'offre pour terminer rapidement le chaos et donner bientôt aux masses russes, assoiffées de sécurité autant que de liberté, le repos et la sécurité : l’union des ouvriers des villes avec les intellectuels de convictions démocratiques et socialistes de même qu'avec les paysans pour amener l'élection d’une nouvelle Assemblée nationale chargée de faire une Constitution pour la République parlementaire démocratique.
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