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le confesser, une institution de ce genre ne m'est pas connue, à moins que ce ne fût une institution non pas générale, mais n existant que pour quelques protégés.
D'une façon générale, la politique sociale des pays capitalistes est supérieure à celle de la Russie soviétique. Ce sera l'une des besognes les plus importantes de la démocratie victorieuse que d'apporter là-bas aux travailleurs ce que leurs frères ont déjà dans certains pays de l'Occident : protection ouvrière étendue, bonnes constructions d’habitation, indépendance des conseils d'exploitation à l’égard des directions d’usine, liberté complète des syndicats, assurances correspondant au montant des salaires en cas de chômage, de maladie, d'invalidité et de vieillesse.
La démocratie aura mission d’apporter aux travailleurs bien des choses qui les dédommageront largement de la perte des privilèges si misérables et si inefficaces que la Constitution soviétique leur a octroyés.
Et maintenant, les paysans. Si jamais ils s’insurgent contre la dictature, ce sera pour s’assurer la propriété de leur terre et en général pour garantir la sécurité de leur personne et de leur avoir, à présent menacé d’heure en heure, ce qui exclut tout travail tranquille.
La réalisation du programme de la démocratie comporte une pleine sécurité de la personne contre l’arbitraire des autorités et sécurité pour toute espèce de propriété légalement reconnue.
Les bolcheviks, quand ils sont arrivés au pouvoir, ont bien laissé les paysans se partager toutes les terres dans l'Etat, mais en même temps proclamé ces mêmes terres propriété de l'Etat. On s’est demandé s'il était nécessaire que cette disposition fût abolie par la démocratie victorieuse.
On peut répondre qu'en tout cas, 1l n'est pas nécessaire de s'échauffer à ce sujet. Tout socialiste doit demander dans l'intérêt de la société que tous les moyens les plus importants de production soient soustraits à l'arbitraire individuel et mis à la disposition de la collectivité. Le plus important des moyens
de production est la terre, le sol. En principe, nous devons tendre à sa nationalisation ou socialisation.
Mais il faut bien nous rendre compte que cela, sur la base du mode d’exploitation paysan, ne sera plus qu'une forme vide, comme ç'’a d'ailleurs été le cas en Russie soviétique. Que cette forme soit maintenue ou non, c’est une question très dénuée d'importance.
Le paysan s’approprie la terre par son travail. Par là, il n’en tire pas seulement des récoltes, il l’améliore aussi quand les conditions économiques et techniques pour cela sont données. Le résultat de cette action, il ne l’obtient souvent que des années après. Îl se sent frustré du fruit de son travail lorsque son lopin de terre lui est enlevé sans une indemnité correspondante.
Toute expropriation, que dis-je? toute dépossession par force, même contre indemnité, provoque chez lui la plus énergique résistance. Moins que toute chose au monde, la démocratie voudra ôter à une classe si nombreuse de la population la disposition de sa terre.
T1 n’en est pas de même du grand propriétaire foncier. Celui-ci ne constitue, partout où il apparaît, qu'une petite câtégorie insignifiante de la population. Et lorsqu'il n est que propriétaire et non en même temps cultivateur actif, il n'ajoute pas de travail au sol. L’exproprier devient pour la démocratie chose facile et sans inconvénient.
Mais dans la grande exploitation coopérative non plus, le travailleur individuel n’est pas attaché par son travail à un morceau de terre déterminé. On peut donc faire passer les sovkhoses et les kolkhoses en propriété sociale. A leur égard, la question de la propriété sociale du sol a de l'importance ; à l'égard du paysan, non.
Mais comment un régime démocratique doit-il se comporter envers les grandes propriétés industrielles socialisées qu'il trouvera déjà ‘existantes dans l'Etat soviétique ? Le programme démocratique exige-t-il qu’on les confie purement et simplement à des capitalistes, parce que la Russie n'est pas müre encore pour la production socialiste ?
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