‹ Le Bon français en affairesChapitre 32 sur 35 · TRADUCTIONS MAL FAITES · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS MAL FAITES

" Nombre de commerçants canadiens s'efforcent de traduire les "catch lines" américains pour leurs annonces françaises et sont surpris que leur publicité ne porte pas. Ils attribuent sans réfléchir leur échec à la publicité et concluent qu la publicité dans les journaux français ne rend pas.

En regardant autour d'eux, ils pourraient voir qu'elle rend beaucoup car les maisons ne manquent pas qui ont su en tirer profit et constituer par elle de respectables fortunes.

Nous admettons, cependant, que les annonces traduites mot à mot de l'anglais, ne donnent pas un rendement satisfaisant — et voici pourquoi :

La langue anglaise comprend une quantité énorme de mots monosyllabiques, ce qui facilite considérablement la ré<laction d'annonces dont le texte doit être bref et incisif.

Un exemple concret en passant : "Do it now !" Elle porte, elle est incisive, nette et ces monosyllabes, dans leur concision, possèdent mie force incontestable. Traduisez-les littéralement en français et vous obtenez: "Faites-le maintenant". Voyez combien la traduction manque d'expression, de force, combien ce "maintenant*' à la fin de la phrase manque de résonance à côté du "now" anglais. Pour bien dire, il faudrait rédiger ainsi notre axiome : ''Ne remettez pas à demain . . . ", c'est plus long, mais cela répond mieux à notre mentalité française." {Publicité, novembre 1915.)

Aux judicieuses observations de cette revue, ajoutons qu'il serait bien plus conforme au génie de notre langue de traduire:

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