SOIGNONS NOTRE LANGAGE
II est important de bien connaître sa langue. Le langage joue un tel rôle dans la vie; il contribue à donner dune personne une idée si favorable ou SI défavorable qu'il semble que jamais on ne pourra y porter une trop grande attention.
C'est à son langage que, à tort ou à raison, 1 on juge une personne. Le mot juste, la phrase correcte et claire disposent toujours favorablement l'auditeur ou l'interlocuteur. Un terme incorrect, un mot qui manque de justesse peuvent avoir des conséquences qu'on ne soupçonne pas. Les membres de la classe instruite, les orateurs, les prédicateurs, les professeurs, les éducateurs n'exerceront jamais une influence correspondant a leurs talents si, dans leur langage, ils estropient constamment le sens des mots ou la grammaire. Un sourire de dédain accueillera infailliblement leurs conseils ou leurs discours. Ne connaissant point la valeur des mots, ils ne pourront jamais convaincre qu'à demi. On ne pardonne pas facile ment à une personne censée instruite de mal s'exprimer dans sa langue maternelle. Tout le monde en convient ; il n'y a rien pour caractériser la grossière ignorance d'un homme public, diminuer son autorité, annihiler son prestige, comme de dire de lui :
—Bah!. . .il ne sait même pas son français.
Une bonne connaissance de notre langue écrite ou parlée est nécessaire à tout le monde, mais surtout aux jeunes gens.
Tout jeune homme qui s'exprime bien attire facilement la sympathie et la confiance. S'il se prcscnte i>.,ur solliciter „nc position, c'est à son langage qu'on jugera l'aspirant. S'il s'exprime en phrases claires, correctes, précises, avec des mots abondants et heureux, son interlocuteur se dira : Voici un jeune homme différent des autres II a certainement du bon goût, de la constance, de I application, car pour bien parler, il faut de I énergie et l'amour de l'étude, tandis que pour parler d une façon médiocre, il n'y a qu'à se laisser aller. Le bon langage, c'est le travail incessant de 1 esprit, de l'intention toujours en éveil ; le mauvais langage, c'est l'engourdissement de l'espric de la mémoire, de la réflexion. Le bon langage' c est le mot pr«:is et élégant, correspondant parfaitement à l'idée; le mauvais langage, c'est le mot vaporeux, trouvé péniblement par l'intelligence paresseuse et craintive de l'effort. Le bon langage, c'est l'ordre dans l'esprit, c'est chaque mot a sa place, bien classifié dans son casier- le mauvais langage, c'est le chaos dans l'esprit, habitude mentale fort à craindre, car elle s'étend partout et déteint sur les autres habitudes L'ordre dans l'esprit, dans les idées et les mots amène I ordre dans le travail, la tenue de ses livres, d. son bureau, de sa correspondance.
Un voyageur de commerce, un représentant de " anufactures ou de maison de gros un v ndeur dans un magasm de détail, un agent dassurancel qu. solhcitcnt des clients en mauvais français font de barbarismes, écorchent la langue et s " boient U grammaire: qui. ne connaissant pas îe sens de, .^ts. en exagèrent ou en diminuent la portée, qm. pauvres en vocabulaire, bafouillent h..saem. bégaient constamment à la .cher Su bon mot. ne ont que fatiguer le client au lieu de le decder et le détournent dune commande c," un endenr s expr.mant bien ,>ourrait facilement Z
I , ' ^ '' ""e question de goût dans le bon langage. U parler élégant qui provient du bon choif des
ermes. n'est-ce pas de l'harn.onie? n'est-ce pa le beau considéré sous un certain aspect.^ "'stpas une des formes de l'esthétique? Y a-t-il rien qi" répugne co.nme un langage diffus, vague ine egant^ parseuK. de barbarismes, d anglicismes "t ae tantes de grammaires ?
II y a aussi une question d'étiquette
on des manières de la correction du langage et
Is ont rauson. Il est aussi impossible d'êrre o^-
^aeux de ses manières et négligent de son parler
qu .1 est impossible d'être vulgaire de langage et
à éducation parfaite. ^
Dans toutes les langues, les solccismes, les barbarismes, les expressions impropres, les tours de phrase défectueux sont mal notes, mais sur ce point la langue française est plus sévère qu aucunautre, car elle veut l'exactitude et elle l'exige jusqu'au scrupule.
Jl faut bien connaître sa langue pour (|ue h correspondance soit brève, précise, attrayante.
Les Américains et nos compatriotes anglais prétendent que nous ne parlons pas le pur français, mais une espt-ce de patois. C'est notre faute. Ils ont tort, il est vrai, mais si nous soignions davantage notre langue, nous ne prêterions pas le flanc à de semblables critiques qui nous font un tort considérable.
USAGE DU KRAXÇAIS
N'est-il pas regrettable qu'aujourd'hui les jeunes gens, dés leur début dans la carrière du négoce, soient instinctivement portés à se servir de l'anglais au lieu du français? Un jeune homme non averti écrit tout naturellement en anglais à une maison anglaise, alors que cette maison devrait être bilingue et avoir des employés de langue française. Bien plus, un grand nombre de frais émoulus des collèges ou écoles d'affaires vont jusqu'à écrire en anglais à des maisons canadiennes-françaises, encourageant par là ce.-;
maisons à donner la prépondérance à l'anglai» dans les affaires, et les détournant du français.
Si lun de ces jeunes commis chargé de la réclame a pour mission de préparer une annonce pour le journal local, par snobisme, il choisira le journal anglais de préférence au journal français. Et s'il annonce dans le journal français, ce sera souvent des annonces bûties à U diable, sans attention et sans soin, bourrées dai.glicismes à tel pomt qu'on dirait que le jeune homme pense en anglais, et écrit le français avec des mots anglais Il en est de nu me des circulaires qu'on fait distribuer de porte en porte dans la ville.
Si le négociant en herbe est chargé de placer une al fiche dans la montre d'un magasin ou audessus, l'anglais seul viendra à l'idée du jeuae honnne et il affichera en anglais bien que le nom de son patron .soit français et que le quartier où il demeure ne soit habité que par des Canadiens français.
()uand un échevin désire briguer les suffrages municipaux, il commence par visiter le quartier qu'il désire représenter à l'hôtel de ville. S'il ne voit que des affiches en anglais, il conclut qu'il n'y a pas de Canadiens français dans son quartier et, s'il est élu. il ne fera rien pour notre cause. Il en est de même des députés, ministres, hommes d'affaires qui sont de passage dans nos villes. Jetant un coup d'oeil de chaque côté de nos rues et ne voyant que de l'affichage anglais, ils con-
cluent de là que les Canadiens de langue française sont très peu en nombre, et considèrent comme exagerœs toutes nos réclamations. Quel tort ne faisons-nous pas ainsi à notre influence comme race?
Le jeune négociant qui fait ses premières rrmes dans le commerce, se demande d'abord quel nom ,1 donnera à la société dont il fait partie ou au magasin qu'il ouvre en son nom propre; ce qu .1 affichera à la devanture, dans la grande glace de la montre ou en réclames électriques sui la toiture. Annoncera-t-il en deux langues ou tout smiplement en anglais, malgré les nombreux clients français qui lui demandent de respecter leur langue?
S'il cmpicie les doux langues, comme ..n est en droit de s'y attendre, point n'est besoin de répéter la même chose en anglais et en français. S.'' clientèle demande qu'il donne plein droit au français mais elle ne lui demande pas de traduction, yu II en profite donc, tout le monde comprenant les deux langues, pour annoncer le plus de choses possibles sans surcharger ses annonces. S'il vend des articles pour homme, il pourra étaler à sa devanture: Confections ~ Hat s - Bonneteriebhoes — Chemiserie — Rnbbers.
Si c'est une société collective qui ouvre un magasin dans un quartier français, il est inutile d'in-
*ister sur le ridicule dune affiche où les noms de famille canadiens-français se marient aux mots ^nglais: Beaudoin Shoe Co., Ducharme Biscuit Co., /'aiicher Limited Co., etc.
Comment, dans une société, rédiger la raison
sociale ou suite des noms des associés rangés dans
4 ordre déterminé par la société? L'habitude veut
■que ce soit par ordre alphabétique: Dupuis et La-
itwiitcux, Dugal et Saint-Jean, etc.
S'il s'agit d'aîné, de cadet, de père, de fils, de frère, de neveu, de cousin, de soeur, tout ce, a peut €tre mentionné dans la raison sociale. En voie' quelques exemples cueillis dans le bottin (r) de Paris: OLIBET jeune et fils, DARBLAY père
t^J'J l'ri^' ^"' ^^ PEUGE;oT FRERES, BER- TRAND fils et neveu, DUPLIN soeurs, etc
II est plus dans la mentalité française de désiinier une maison de commerce par des expressions comme celle-ci, où ne figurent les noms ni du propriétaire ni des actionnaires: le Louvre, Le bon Marche, La belle Jardinière. Au bon Ménage Au 'Confortable, Au Printemps, An grand Luxe An . ro>.,-Frères-Râunis. Au bon ton. Au bijou. Au mikado, etc.
(!) te bottin (du nom de réditeiir Uottin) est tin .n
(comme c,,a,»epot, calepin, tanMch, chérir, mbnrv Z -ppl-quont à n'importe quel adressaire. de sorte q^il J^.t ^ d.re de 1 indicateur montréalais, québécois. etc.:'ë L«Ia
«e dit pl„t«t Indes- ou indicateur (téléphonique).
Dans 6o„r,r^^ littéraires, Léo Claretie nous parle spirituellement de ce genre daf fichage:
hn France, le calembour a toujours eu droit de cite, même dans les circonstances de la vie qui n exigeaient pas fatalement la plaisanterie, le trafic et le commerce en usèrent et mêlèrent l'équivoque aux affaires... leurs enseignes grinçaient de rire aux potences de fer. supports de vains symboles. upporis ae
•; Le cabaretier s'annonçait par l'exergue: Au puissant vin: Un puits d'où sort un seau d'eau un puits sans vin. L'érudit bibliophile faisait I>emdre une vieille femme qui scie une anse, er cftait: W la vieille science. U mercier mettait sur sa boutique un gros homme sciant du boislisez: An gras scienx (au gracieux)... Un A sur une anse, c'est: ^ V assurance. Tout cela riait et grinçait par les rues étroites, au-dessus des passants amusés..." ^ '
Autant que possible, il faut exiger des maisons anglaises qu elles nous écrivent en français, ce qui les forcera à employer des Canadiens français, bi des maisons canadiennes-françaises s'avisent de nous ecnre en anglais ou sur des feuilles de papier a lettre dont l'en-tête est en anglais seulement, il faut protester énergiquement
Un homme d'affaires de nos amis reçut un jour d une maison canadienne-française une facture
exclusivement anglaise. 11 adressa tout de suite au gérant le poulet suivant:
Montréal, le 23 septembre 191 5.
Cher monsieur, Je ne puis comprendre qu'un Canadien français comme vous, s'adressant à un autre Canadien français, qui, heureusement. Test plus que vous, lui présente une facture totalement anglaise comme celle que vous m'adressez. Jl n'y a de français sur toute votre facture que votre nom et le mien; cela ne suffit pas. Si j'avais écouté mon premier mouvement, j'aurais passé votre insignifiant papier à la Ligue des Droits du Français qui, par la voie des journaux, aurait appris au public canadien la façon dont vous traitez vos compatriotes; ce qui aurait été pour vous une réclame à rebours. Je ne suis pas obligé d'apprendre l'anglais pour vous faire plaisir.
Le français étant langue officielle au pays, je vous paierai avec empressement dès que vous m'enverrez une facture française ou bilingue. Si je n'ai pas satisfaction de vous sur ce point, je m'adresserai à l'avenir aux compagnies anglaise?, puisque c'est nécessaire pour avoir du français. Veuillez me croire, mon cher Monsieur.
Votre tout dévoué,
Le même jour, tel qu'on peut le voir par la date des deux lettres, le protestataire recevait la lettre suivante, vraiment trop forcée de ma jus-
PoS a>tl"; '™'"'^' '- '» P^'^'ation avai, .Montréal, 23 septembre 1915.
Cher tnotisîeur.
C'est avec infiniment de olaisir „„. •• ception de la vôtre du „ , ' ' """"' '^
« de v„t,s faire mes excuse?"'' " >' "■""P'-
ques circonstances aSameTTJr ■"■''■ con,ptable est America nëfn-' ■. '' ""'^ îais. ses livres son, ,o"s en ÀnS "^K '"''r mo..m;me assez envové dl f, . ^"""" " Francis „„e iai eW ""^ " '""'« '" ■"."■» n....,T,Us •re„,i„?dfî'"'"'= ''"''^'^■ aussitôt que possiW v"t?e " r'"""' '''^> va certainement hà.er la choie "^ "■""=
^.Wmlle. recevoir rassttrancede ma haute con.
l.P. l-'RANÇArs ET LANNONCE
ann'^nljj:!!™'^;-' ","'"' P»^ «^ns les -^ciales.ni^dr^re-^Îïï'Srtîrr-^r
■es'trSsrsdd"':""' '" ='»'^«"™".
faites abondlt ^"""'"' ^■^«~ « ™l
JU page des petites annonces de nos journaux quot,d,ens est remplie d'expressions n^éli-J^îes
seutplg^l '"'''"'' ''''"^"'°"^ P"^ ^-« ""e
(a;;^si?nt'"!?'''l' "''"'""^^^ P^"'- tombereaux (ausM une dompeusc seule) pour charbon lous-
— " Couseur de turns demandé." — '* Pille générale demandée "
/v;7.ë.feTre:vtr"'' ^^^ ^^^^^^^ ^^^^^^ <'>
-.■"dé ÏgatT' "'' '" ""'^""^ ^^ '^^ ^"-'-
deslhatTrir"" '"^^'"^"^^ ^^"^ ^^ /'•''^^^'
,-~~"'^. .y?"'^'"^' Soo parts préférentielles Uctions privilégiées)"... "«^J i.ac
C~o11IT'''.'"'T ^"''.'■'^ ^' ^°"^^ hypothèque." termên ' ^"^^nemment propagateur de
termes propres ou impropres, il n'y a rien de comparable a nos journaux.
Vacheteur désirant se procurer un objet dont
la vu 1 annonce dans une gazette, désignera in-
fanhblernent cet objet par le terme indiqué. D-
la vient 'importance pour notre langue que cha^
que article soit désigné par le terme approprié
Certains grands magasins de Montréal et de Québec se reservent des pages complètes de nos grands quotidiens et en confient le soin à un ré
dacteur d'annonces plus ou moins qualifié. Ces pages-reclames se ressentent du plus ou moins de compétence d esprit patriotique et de bonne vo- ^nte de celui à qui la charge en est attribuée. Des maisons de cette importance, pour leur renom et pour 1 honneur de la race canadienne qu'ils ne manquent pas d'exalter dans leurs tintamaresques ventes patriotiques ", ne devraient nommer à cet ploi que des hommes ayant du vocabulaire commercial français la connaissance la plus parfai-
Si l'on suit attentivement ces pages-réclames, on voit qu il y a sur ce point une considéarble amélioration.
On ne dit plus :
Mop, mais vadrouille;
/='r<?^xrer, mais SORBETIERE;
Fine apple, mais ananas;
Beitrre de peanut, mais. . .d'arachides;
roke, mais Empiècement; Prill, mais ruche ; Net à cheveux, mais résille; Chaussons (demi-bas), mais chaussettes; Corn flakes, mais flocons de mais; ror</^Mr.y, mais essoreuses; Moulin, mais machine (à laver, à coudre a tricoter) ;
^weo/^fj, mais chandails; Guillaume, mais guingan; Ploss ou flâse, mais filosellB;
Rideaux à ressorts, mais stores; Rideaux de portes, mais portières ; Leghorn, mais paille de Livourne.
Certams annonceurs prétendent que, s'ils emploient le mot français, ils ne seront pas compris.
Cette objection a de la valeur jusqu'à un certam pomt, mais elle est facile à résoudre.
Pour cela, il n'y a qu a employer le véritable mot français et à mettre, entre parenthèses le mot populaire, en caractères moins voyants' si possible : '
CHANDAIL (sweater).
MOUFLE (mit).
ANANAS (pine apple).
LAITERIE (dairy).
Après quelque temps, le mot français sera popularisé, et on pourra enlever le mot vicieux mis d'abord entre parenthèses.
Le mot set commence à se faire plus rare. Souhaitons qu'il uisparaisse complètement. En effet, nest-il pas à propos de dire, au lieu de sen
Jeu d'avirons.
Collection de livres.
Garniture de boutons.
Service à fumer.
Batterik de cuisine.
Parure de fourrures.
Service à liqueurs.
Trousse d'outils.
Paire de pentures.
Tout est réduit, par rabais général.
I^ieux stock, par marchandises défraîchies.
Charger, par facturer, mettre au compte DE.
Couper, par réduire (les prix).
Collections, par recouvrements.
U express, par les >- ssaceries.
Gilet simple breast, par veston droit
Patement mensuel de, etc., par mensualitk DE, ETC.
Bargain, par solde.
Cent ou ce«//«, par sou.
On hésite à accepter le mot "sou", ne sachant comment l'abréger. On écrit bien loc. locts mais, quand il s'agit de dix sous, faut-il nécessai-' rement écrire les quatre lettres s-o-u-s-' Cela semble trop long. - Ne pourrait-on pas écrirelos. ou .10, ou $0.10?
" Ce qui n'est pas clair n'est pas français ", diton. Enlevons donc des annonces ce qui est en^
coiubrant et inutile, ccniine par exemple le signe de piastres ($) devant les gros chiffres en caraceres gras indiquant les prix. C'est ce qu'ont fait es maisons Goodwin's et J3upuis frères. Tout Je monde y gagne: le lecteur auquel les choses paraissent moins embrouillées, le typographe dont e temps est économisé et l'annonceur qui ménage espace. C est d'ailleurs la méthode suivie dans
les catalogues de France relativemem au mot franc.
MoBiuKR UE vivoiK remplacerait avec avantage setdelivingroom". Le mot vivoir. peu connu ICI, assez nouveau en France, est un mot bref et élégant qui devrait être rendu familier à nos gens par les annonces de journaux. Il a l'allure bien française des mots fumoir, lavoir, boudoir, ouvroir, dortoir.
Caisse automatique, et non caisse enregistreuse, est l'équivalent français de "cash register"
Couturière se dit des personnes qui confectionnent et vendent des vêtements de femme Modiste se dit d'une fabricante ou vendeuse de chapeaux de femme. Tel journal a donc tort d'annoncer: Modiste en robes demande emploi dans famille bourgeoise.
Dans le commerce, et non "sur le marché " traduction trop littérale de on the market. Achalandage, clientèle se disent de l'en-
semble des clients dune maison de comme, ce Npas dire: le bon vouloir (good will) d'un ma^jasia iNAMovinLK se dit dune partie d'un objet cmi ne peut se détacher: pièce inamovible. Ne dis dire mimobile.
npcl^inc (raisin) est un joli néologisme à répandre.
Engrenage à (.kandk vitessk, sans ruoTru- MRNT. et non. . . à haute (high) vitesse sans friction.
Etoffr nitv yiMKx^. Quand les mots désignant la couleur sont formés de deux adjectifs dont le premier est modifié par le second, tous deux restent invariables. C'est donc une faute de dire: étoffe bleu marine ou bleue marine
Les Anglais n'hésitent pas à donner l'allure française à des mots de leur langue ou même à mventer des mots qu'on jurerait être français comme épergne, électrolier, gaselier, etc.
L'usage du suffixe. . .ette est très répandu en anglais: suffragette, marquisette, mignonette rosette (rosace). Et voici qu'on donne le noni de mumtwnnettes aux femmes employées aux munitions, de farmerettes et de soHierettes à celles qui partagent les travaux du fermier et du militaire.
Il a parfois l'allure d'un diminutif: luncheonette (chez Almy's) crispettes (maïs, popcorn).
dhanette, etc. Mais on donne surtout à ce mot le «ens de mutation de: sealette, leatherette (imitation de phoque, de cuir).
Nos gens coniniencent à donner le même sens au sutf.xe. . .ctte. On voit maintenant dans les journaux: gants en chamoisette, suit case (portehabit) en cmrette, bas en cachemirette, en soiesctte, ussu veiourette, reliure basanettt (en imi-
basanef ''' ^^ '"''' ^"^ '°''' '^'^ '''°""' ^«
Nous sommes depuis longtemps hab' au mot flanellette.
Faut-il encourager ou condamner cette accei>. tion nouvelle du suffixe . . . ette?
-Condamnable, répond l'Action française ht mot SIMII.I, placé avant le nom auquel il est un, par un trait-d'union, a le sens de "en imitation dans le style français d'annonce: porte-hab, s.m.h-cuir. casque simili-phoque, tissue similivelours, reliure simili-basane, etc.
On traduit peanut tantôt par pistache, tantôt par arachide.
En France, le nom vulgaire de peanut est "cacahuète qu'on trouve sur les lèvres de presque tout le monde. ^
Le moi arachide est le terme précis, moins usité. Pistache de terre est plus répandu que arachide, moms que cacahuète.
Il-:
Bien que la pistache soit différente de la pistache de terre, on dit aussi pistache tout court comme on dit pomme (bien qu'il s'agisse de pomme de terre) dans "bifteck aux pommes', "pommes frites ".
ch??"^ doit-on dire : cacahuète, arachide ou pista-
Nos annonciers ont le choix.
Il semble cependant que le mot arachide serait préférable.
Peut-être nos courtiers n publicité s'intéresseront-ils à la rédaction des annonces suivantes prises dans l'Echo de Paris:
i.-On dem. b. à t. f., mén., blanch., 22 à 30 a 50 /. 10 /. vin. Hxc. réf. exig., 42, r. d. Ecoles, tnatm.
2.— Au 45, r. Copernic {pr. pi. Victor-Hugo), à vendre vil. bes. réaliser.
JZ^'^'i ''f ^''"^•' ^° "•• ""''•' f' ^'^'» '^"«•' coût., dés. pi. stab. Julie, 7 r. d'Artois.
4.~Jne /., 25 a., bon. éduc, mus., dem. pi. demois, compag. ou gouv. enfants.
5-~Sténo-dactylo, travaux bureau, dem. emploi. Mlle Bouchand, 21 r. Davioud (i6c).
6—B. à t. f., réf., dem. pi. Marie-Joseph, 87. r. du Bac. '
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