‹ Le bon français en affaires [microforme]Chapitre 24 sur 24 · QUELQUES QUESTIONS · texte numérisé non relu

QUELQUES QUESTIONS

u'^\,.^. **™* ""^« <^ réception" est-il bien I équivalent français de "acknowledgment of reoeipt ?

R- Oui. On peut dire aussi Récépissé. Q. Comment se traduit: "This is a balance oi $io still due on your account" ?

R FI y a un reliquat de dix piastres sur votre compte.

Q. r/expression "collection of accouhts'" se traduit-elle par "perception des comptes"? R. ferception se dit plutôt des impôts, taxes,

assurances payables par versements périodiquet. yuand II s'agit des comptes ordinaires, on dif encaissement, recouvrement, rentrée des crédits g. lorsqu'on dit "confirming our letter o£ the i2th . dojt-on traduire "vous confirmant notre lettre* ou simplement "confirmant notre lettre ?

R- Il vaudrait mieux dire "en confirmation de notre lettre'".

Q. Le mot "consignation" est-il exact dans \^^ phrase nous vous envoyons en consignation cmquantc sacs de laine" "

R. Oui.

Q. Le mot "cote" est-il l'équivalent de "quotations" lorsqu'il s'agit du taux des opérations de 'hange. comme dans "referring vou to the quotations of our exchanges" ^

R. Oui.

Q. Comment se traduit cette phrase- "I am short of cash"?

R. Je n'ai plus de fonds.

Q. Quelle est la traduction de ' past due notes" et comment l'épelle-t-on au pluriel ?

R. Billets ou effets périmés, expirés.

Q. Peut-on dire "compte ouvert" pour 'open account"?

R. Oui.

Q. Comment se traduit "trouble department' au téléphone?

R. Sennces des réclamations.

Q. Kaut-il dire: "Jai lu cela dans le journal ou... sur le journal?"

K. (Jn dit : "Jai lu cela dans le journal". Cette faute est commune en France. (>„ la signale dans la grammaire Larousse.

g. Comment écrit-on et prononce-t-on chèque que de banquet ^

R. On écrit et prononce ché(,ue. Xe pas prononcer /c/u-^,.e. comme en anglais. I.es Anglais eux-mêmes écrivent choque. C'est un mot qu'ils nous ont prêté (check) et qui leur revient orthographie a la française, presque méconnaissable. U- IJoit-on dire "département des annonce.' a un journal r

K. On doit (lire: servue des annonces On du aussi service (et non "département") de la livraison, des réclamations, des renseignements.

JJans un magasin, on doit dire ravon, comptoir des rubans, des robes, des habits, des meubles.

twtrvu'^v " ''*■"" y^'-i^r.U. de dire LA MERCLR !■ (rayon des .ubr.;... valons, fils aitT '; ,^^\^^Ï^^'^^^RJK (rayon des meubles;. LA CHAPELLERIE (ravon des cha peaux) LA CHEMISERIE (rayon des chemises). LA MAROQUINERIE (rayon des articles on cuir ou simili cuir: sacoches.' ,K>rte-feuilIes r''T?^«i^-^ CONFISERIE (ravon des bon-' bons. LA BROSSERIE, (rayon des brosses, pei- NFTTPpli^f TUYAUTERIE. LA ROBI- NETTERIE (rayon des tuyaux, valves, robinets,

etc.). LA PAPETERIE (.-a^on du papier à lettre, des cahiers, etc.). LA tîANTERIE Oavon des gants). LA HONXIvTERIE (rayon des chaussettes, bas. etc.). LA BIMBELOTERIE (rayon des jouets). LA PAREUMERIE (ravon des parfums). LA MIROITERIE (ravon des mirons, glaces). LA KRISERIE (ravon'des cosmeti(|ues. fers à friser, cheveux iK)stiches) LOMBRELLERIE (rayon des parapluies). LA LLNETTERIE (rayon des lorgnons, monocles) LOÎSELLERIE (rayon des cages d'oiseaux), LA TAHAC.IE (rayon des pipes, du tabac, etc.) Q. L'expression "char de foin" est-elle l'équivalent français de 'a car of hay"?

R. En France, on dit plutôt "un vagon d« foin". Ceijendant. M. François V'euillot. notre hôte de 1 hiver dernier, écrivait à propos de notre langage: "Et puis, sur bien des points, vous dites mieux <,ue nous. Je préfère votre "chaise berçante" à notre "rocking chair", vos pardessus a nos "snowhoots". Il est des mots que j'ai appris au Canada et que je veux implanter en France, à mon retour, comme le mot "char" que je voudrais substituer au "tramway" et au "wagon" que l'on dit en France."

Q. Quelle différence y a-t-il entre "gardez la monnaie" et "veuillez me remettre l'appoint".? R. C'est tout le contraire.

Q. Le terme "état de compte" est-il l'équivalent français de "statement"?

R- On dit plutôt relevé de compte.

y. Si je dis "AH our statements are sent out on the last day of each month". puis-je traduire par Nous faisuns le dernier jour du mois l'env«.i de nos états de compte"?

R— Oui, mais il vaudrait mieux dire " relevés de compte".

Q- Dans ce cas faudrait-il mettre une "s" au îiot "compte" au plurieP R. Non.

Q. Comment se traduit "Following up our conversation of yesterday over the "phone" (dans le sens d'y revenir) ?

R- ^4 propo., de... ou Pour faire suite ■' notre conversation téléphonique d'hier.

Q- Quel est l'équivalent français de 'overdue account"?

R- Coîupte périmé, expiré.

Q. Comment se traduit: "He is in business lor himself ?

R- Il est à son compte.

Q Quel est l'équivalent français de "autlio-ized coUector"?

R- Agent de recouvrement, garçon de recettes, percepteur.

g. Comment se traduit: "A car was i.illed to St. l'austm"?

R^ Un vagon a été enregistré, étiqueté pour St-Faustm.

Q. Comment se traduit l'expression "to book

an order" (dans le sens de prendre une commande avant que la hausse sur le prix dun article ne ^e produise. Udite marchandise est ordinairement livrable dans 30 jours).

R. linregistrer, inscrire une commande.

g. guelle différence y a-t-il entre "reliquat Je compte" et 'appoint' ? Donner des exemples.

K. Ln relquat, cest ce qui reste dÛ après un arrête de compte. Ex.: Je dois vingt piastres et J envoie un chèque de quinze piastres, jai encore un reliquat de cinq piastres

L'appoint, c'est la somme elle-même qui fait la solde totale dun compte. Le chèque de cinq piastrès que j'enverrai plus tard sera l'appoint du compte.

On appelle aussi appoint le complément d'une somme en une monnaie plus petite, qu'on ne saurait parfaire avec les principales espèces employées au paiement. Si je dois quatre-vingts sous et et si je donne trois pièces de vingt-cinq sous. ,1 me faudra ajouter un appoint de cinq sous.

g. Comment tradui.sez-vous "We are pleased to be able to give you the following quotations on «ugar ?

R. II nous est agréable de pouvoir vous donner les cotes suivantes sur le sucre.

Q. Doit-on dire : M. et Mme Lamarre, ou M Lamarre et sa dame, ou encore M. Lamarre et sa femme f

M. Lamarre et sa dame ne se disent pas. On ne

doit jamais non plus demander à un homme des nouvelles de sa dame, mais de sa femme. Si les rapports sont cérémonieux, on dit: Comment va Madame X? Un mari parlant de sa femme dit; " Ma femme" et non Madame.

L'usage des mots dame et demoiselle n'est pas sans difficulté. On entend dire assez fréquemuient : Comment se porte votre dame, votre demoiselle f ou bien encore: Leur demoiselle a été bien malade: ou bien: Ils ont deux fils et une demoiselle. Ces locutions ne sont pas conformes au.\ habitudes de la bonne société. On dit cependant avec l'adjectif démonstratif: Cette dame ou ces dames: cette demoiselle ou ces demoiselles. On emploie encore les mêmes expressions avec les noms de nombre, dans les phrases con me cellesci : J'ai rencontré ce matin une dame, deux dames bien charitables: la quête a été faite par une, par deux demoiselles.

M. Lamarre et sa femme se disent très bien dans le style de la conversation, au lieu de M. et Mme Lamarre.

l'our une présentation, ou onccic. sur une carte de visite, sur une enveloppe, à l'entête d'une lettre, on dit ou on écrit: "Monsieur et Madami* Lamarre".

A remarquer que l'abréviation de Madame est Mme et non Mdc qui pourrait tout aussi bien vouloir dire Marchande. Le dictionnaire Tarousse met aussi Rîad.

Q- Quelle est la meilleure manière de rendre en français le mot time-keeperf

R. Ce mot signifie deux choses: a) Une montre ou horloge de précision, et. dans ce cas. on dit chrononK-tre ou garde-temps. Ce dernier mol autonse par Larousse, est préférable au premier' I est moms pédant et dorigine française, et peut' être compris de nim,x.rte quelle personne .îans qu .1 sou iHîsom de recourir au dictionnaire, tandis que chronomètre nest pas compris du peuple bans un dictionnaire, seuls les férus de grec peuvent le comprendre par la décomposition des racines. Préférons les mots purement français aux mots a racines grecques.

*• Il faut donc, dit Remy de Gourmont, sourira de la prétention de certains savants. Un mot na pas besoin de contenir sa propre définition. Dans instrument nommé télescope, lidée de "voir de loin nest aucunement essentielle, mais si on la croyait nécessaire, le m„t longue-vue était bien

.?nl r"Ki '' ''^^^'' ^' ^''''' ^^""""«^ '»n«tc. une double et triple signification. . . Comme y«-

fnelles, mot p(,pulaire. presque argotique, est jofi.

compare a muroscope. stéréoscope, d'une barba-

ne s, savante et si triste! Au pt^ant qui invent-

bmocle. 1 instinct heureux de l'ignorant répond

par W,,«c>«. ^ cycle, tricycle, bicycle, et tous leurs

denves. ouvrier qui forge ces machines oppose

bécane: ,1 n a point besoin du grec pour lancer un

mot d une lorine agréable, d'une sonorité pure et conforme à la tradition linguistique".

b) Ke mot "time-keeper' signifie aussi la personne chargée de njarquer l'heure d'arrivée et de dcpjirt des employés d'un magasin, d'un atelier, dune usine ou dune manufacture. Dans ce cas on dit: l'UiNTHUR.

Le jxiinteur a la liste des travaillants et il fait un point ou autre signe (check mark) vis-à-vis le nom de l'arrivant ou du partant.

II y a dans les chapitres des cathédrales un chanoine dit chanoine tointcur, qui est charge de marijucr les présences à l'office.

Pendant les élections, chaijue candidat a ses pointeurs de li>tes (checkers). U liste des électeurs en mains, le pointeur f^ointc (.check) le nom des électeurs favorables au candidat. Par un autre signe, il indique les douteu.\ et les adversaires, il sait ainsi où diriger les efforts pour assurer le succès. II faut donc dire: pointer tes listes, pointeur de listes, et non checker les listes et cheekeur de listes.

Dans plusieurs magasins et manufactures, le pointage des employés >e fait mécaniquement. Kn arrivant ou en partant, l'employé, au moyen d'un bras articulé terminé jmr un poinçon, perce un carton placé vis-à-vis son nom. Un mouvement d'horlogerie indique alors l'heure exacte qui se trouve poinçonnée au nom du travaillant. Cet appareil se nomme pointeur automatique.

'• Une affiche avait été placée près de l'appareil automatique pour enregistrer Iheure d'arrivée et <Ie départ des employés".

En disant ;•'... près du pointeur automatique". le journaliste aurait pu supprimer onze mots de *a phrase.

Et nous nous plaindrons, ensuite, en disant que la langue française est diffuse et quelle est pau-

Zlnu ^^Î;:^"'"''-'^- Apprenons-la. et nous changérons d idée.

A TRAVERS UiS MOTS

ADMISSION.-Cest. d'après Roullaud. l'actmn d admettre, de recevoir un nouveau membre dans une scKxétv, dans une conip;»gnie où l'on no .'«enetre que sous certaines conditions; mais admission ne se dit pas ,K,„r autonSatio,, ou tiro,t a entrcc.

On dit entrée. I/entrôe dun musée, dune bibliotht^ue est gratuite, et non "ladmission" est gratuite. U prix d'cntrâc et non "le prix d'admission a tel théâtre est de 50 sous. L'entrée et non 1 admission" de telle église est libre

A la porte d'une salle d'où le public est exclu, on ne doit pas mettre: "Pas d'admission" (No admission), mais On n'entre pas ou P.ntràe in^

Mite -Prix d'admission" (admiwion price) !»« du : hntrée. Prix d'entrée ou Droit d'entrée

ALLER MIEUX.-Prcndre du mieux" ne »e dit pa» en français. En parlant dun malade, on ne d.t |«s (,uil prend du mieux, mais qu'il va mieux. ^

BEURRER.— /.^Mrr^r. berner, flatter, en faire accroire: "Viens pas me Jieurrer ".

Dans le sens qu'on lui donne, le mot beurrer est-.l une corruption de "leurrer •. ou donne-t-il I Idée qu une tartine bien beurrée savale mieux' twuvcnt. le beurre na rien à faire dans une beurrée: une beurrée de ct.nfitures. de crème, de sirop, de mêlasse, pour une t art ne de confitures de crème, de sirop, de mélasse.

II y a même des mamans qui chicanent leurs enfants i«rce qu ils ont les pieds "beurrés" de boue, les mains "beurrés" dencre et le bout du ntz 'beurre" de confitures, quand ce nest pai d autre chose.

CHARC,E.Je prends cela h mes charges et non "sur" mes charges; "charge d'admission" (charge for admittance) : pHx d'entrée: le réquisitoire et non "la charge" de l'avocat de la a.uronne: I allocution, le résumé, le sommaire de, débats, de la preuve, le sommaire de la cause et non "la charge" du juge.

•• n ne faut pas oublier, non plus, qu'à chaque

terme ( at etch term)-^ncore un anglicisn.e

pour dire "a chaque session"-de la cour d'asni-

«MCtOCOrV RiSOWTION TBT CHART

(ANSI and ISO TEST CHART No. 3)

 -APPLIED IIVHGE I

^Sr I65J Eost Main Street

5^S Rochester, New rork U609 USA

^S (^'®) *8? - OJOO - Phone

^S (716) 28S-5989 - fa«

Ifi

ses, il se fait des -'charges au jury" comme jamais peut-être Napoléon n'en fit exécuter de plus brillantes à la baïonnette par les grenadiers moustachus de la garde impériale. Au lieu de "charge au jury", il faudrait pourtant dire: résumé de la preuve ou des débats, sommaire de la cause, ou autre chose, enfin." (Chouinard.) CHARGER.— N'a pas en français le sens anglais de demander, exiger, réclamer, faire payer facturer (mettre sur la facture).

Combien chargez-vous pour ces pommes ? Combien ces pommes f

Le dentiste m'a demandé, réclamé (et non "chargé") deux piastres.

Porte:: ce ta à mon compte, à ma charge, à mon débit, et non "Chargez-moi ça".

Charger un compte signifie: en exagérer le montant.

Si vous dites à un cocher de Paris:

—Combien chargez-vous pour me conduire à

ia gare Saint-Lazare? il répondra:

—Vous pesez soixante kilos, je charge soixante kilos.

Il serait si facile de dire:

—Cocher, combien, quel est le prix, que me demandez-vous pour me conduire à la gare?

" Charger cash": faire payer comptant.

Louis F.-échette raconte qu'un jour, à Paris, Il fit, en compagnie d'un a; cat de Montréal une promenade à travers les Halles Centrales'

ToJt à coup l'avocat, apercevant à un étalage des groseilles à grappe comme nous en avons en Canada, demanda ;i la fenime qui en avait la garde :

— Connnent chargez-vous pour les gadelies?

— Tudieu! quest-ce que c'est que cela? s'écria la fruitière épouvantc-e, qui apparemment, n'était jamais venue à Quciiec. (Chouinard.)

•; Le juge a chargé le jury": le juge a harangue le jury, a fait le sommaire, le résumé des débats, de la preuve, a fait l'allocution au jury

C]IARRETlER.^Le charretier conduit de lourdes voitures, charrettes, camions, chargées de t(.utes sortes d'objets, matériaux, colis, etc.

II ne tant pas désigner par ce mot le cocher : celui qui conduit une voiture où prennent place des êtres humains.

•■ Par la nature de son travail, le charretier est toujours sale, fatigué, excédé; les charges (!U il conduit occasionnent souvent des retards dans sa marche, des accidents qui aggravent son rude labeur et tout cela le rend impatient irritable, grossier. On dit d'un être impoli, malpropre, grossier: "C'est un vrai charretier". "Il jure comme un charretier."

U cocher, lui, est toujours propre, reposé dans I attente d'un pourboire, et n'est impoli que lorsque celui-ci n'égale pas son ambition.

Aussi, comprend-on que l'épithète de charretier appliquée à un cocher est pour lui une in-

jure. Réciproquement, un charretier qui s'entendra appeler cocher se fâchera tout rouge, car 1- ne verra dans cette appellation qu'une ironie." (Henri Roullaud).

COMPLIMENTAIRE (complimentary). Ce mot que l'on emploie si souvent en parlant de cartes, billets d'entrée, etc., n'est pas français. On doit dire plutôt: Carte, billet de faveur, gratis, a titre gracieux, de complaisance. Au lieu d'écrire complimentaire sur le billet envoyé à un personnage que Ton veut inviter à une séance il vaut mieux écrire: A titre gracieux.

COTON.— Si. à l'automne, on cesse de porter des vêtements de "coton", on ne dit tout de mêm. pas adieu au mot coton : cotons de patates, cotons de choux, cotons de blé d'Inde.

"Coton de patate " se dit : tige ou fane de pomme de terre: "coton de choux": trognon de chou.

Coton de blé dinde". Cette expression s'entend en deux sens:

I. La longue tige que nos gens nomment aussi succf et qu'on peut appeler tout simplementtige de maïs. 2. Ce qui reste d'un épi dom on a enlevé les grains de maïs. et. dans ce cas, on dit râpe de maïs" et non coton de blé d'Inde Ce mot est bien trouvé. L'épi dégarni ressemble en effet à la râpe à muscade de nos ménagères et aussi à la râpe ou grosse lime à bois des menuisiers.

On dit qu'un jour, dans un restaurant, un Eu-

ropéen qui mangeait pour la première fois du mais à la canadienne, c'est-à-dire à même lépi, appela le garçon et lui remettant la râpe, dit:

— C'.arçon, ce maïs est excellent. Veuillez donc en mettre encore sur ce bâton.

Au lieu de râpe, on peut dire aussi rafle et rachis de maïs.

'• Blé d'Inde", dans le sens de maïs est peu connu en France. Jadis, cependant, on désignait le maïs par blé d Inde, blé d'Espagne ou blé de Turquie. Nous avons conservé blé d'Inde.

Un jour, un Anglais, dans une pharmacie de Montréal, désirait s'acheter un remède pour ses cors.

S'adressant à un Canadien qui se trouvait là, il lui demande:

— Hovv do you say "corn" in French >

—Blé d'Inde.

—Monsieur, dit l'Anglais au pharmacien, je vaoudré avoar du onguent pour mes blés d'Inde. ^ Nos gens appellent "piochon" un épi de blé d'Inde rabougri, mal formé.

J'entendais, l'autre jour, une bonne femme dire:

^ —Les habitants sont trigauds. L'autre jour, j'ai acheté une poche de blé d'Inde. Sur le dessus, les épis étaient extra; au fond, rien que des "piochons".

Tout le monde connaît ces deux expressions canadiennes: "Ote-toi de dans mon blé d'Inde",

ce qui équivaut à: "Ne te mêle pas de mes affaires ; et celle-ci: "Je ne suis pas un coton".

I ar exemple, on distribue des liqueurs, un gâteau ^t on oublie quelqu'un. L'oublié protesteton" ' "'^ '"'^'* ^^ "^ ^"'^ pourtant pas un "co-

chT^"''lf-^^''-''"^°'^^''-^^ '-marchands détaillants, et non "marchands détailleurs . C est la finale de retailer qui influence le

mot français détaillant et nous le fait changer en detad leur". C'est ainsi que "plumber" nous fait

dire plombeur ', au lieu de plombier; que "brick

laver nous fait dire "briqueleur" au Heu de bri-

queteur.

Je 'isais dernièrement sur une affiche: Décorateur, v.treur. tapisseur. Les deux derniers mots ont évidemment été influencés par le premier. Décorateur a fait changer vitrier et tapissier en vitreur et "tapisseur".

Un orateur politique s'écriait dernièrement: —Le Canada aux Canadiens, la Russie aux

Russiens et les Etats aux Etaliens.

C'est encore un cas d'influence des mots les uns

sur les autres, mais cette fois-ci. c'est de l'influen-

ce politique.

DRAVEUR.-Ce mot qui vient de l'anglais drrz'CHr a deux sens: flotteur de bois et liseur ou garçon-livreur.

On appelle ainsi celui qui distribue dans la vil-

le le pain, les comestibles achetés dans les épiceries, la boisson, les marchandises.

On dira donc: le livreur de pain, le livreur de 1 épicerie, le livreur de Dupuis frères.

ETRK BIEN.— Cowwi^M/ ctes-vonsf dans le sens de Comment allec-vousl' (How are youf)

Cette question, qui est un anglicisme, amène aussi un anglicisme comme réponse: Je suis bien au lieu de cela va bien. Il ne faut donc pas dire "être bien" dans le sens d'être en bonne santé, se bien porter.

Fjre bien, c'est avoir beaucoup de qualités physiques et morales: Ce jeune homme est bien.'

Un jour, un Canadien demandait à un Français.

— Vos enfants sont-ils bien?

—Il est vrai que je les vois avec des lunettes paternelles, répond le Français, mais je les trouve très bien.

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