‹ Le bon garçon, comédie en trois actes et en proseChapitre 15 sur 66 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

ce que j'ai fait, Monsieur j voici la lettre, mais le cheval n'est pas crevé.

DOLCY.

Donne donc vite.

FAUVILLE.

Pauvre Joseph ! comme il a chaud ! Attends , mon garçon , je vais te faire boire du punch.

DOLCy.

Là! je te le disais bien...

FAUVILLE.

Quoi donc ?

DOLCY.

Le billet n'était qu'à trois mois de date,

FAUVILLE.

Pas possible !

DOLCY.

On s'est présenté chez toi.

FAC VILLE

Chez moi? Ils se sont bien adressés.

Ne te trouvant pas , on est venu chez moi. Juge de la surprise , de l'inquiétude de ma mère , qui n'avait pas les fonds 5 elle m'annonce que si ce billet n'est pas acquitté dans la journée , on va faire un protêt , commencer les poursuites.

FAUVILLE.

Un protêt ! à toi î peut-on manquer d'égards à ce point-là? Mais qu'ils protestent, qu'ils poursuivent* ce n'est pas la première fols que cela m'arrive.

DOLCY.

Oui 5 mais moi 1

FAUVILLE.

Ah ! c'est juste 5 toi qui t'es sacrifié ! Je suis désolé ^

désespéré j mais que veux-tu? J'aurais parié que TefFet

était à quatre mois • j'aurais perdu.

DOLCY.

Voyons, peux-tu faire les 4,000 fr. dans la journée?

FAUVILLE.

Et où diable veux-tu que je les prenne? Si mon oncle Tévêque était à Paris .^ à la bonne heure. Ici , je ne peux pas , je suis déjà en compte avec les Beaugrand.

DOLCY.

Il faut donc que je les fasse , moi ?

FAUVILLE.

Bends-moi encore ce service.

Et comment ?

FAUVILLE.

Cette somme que tu réservais pour ton cautionnement...

DOLCY.

Fort bien ! il faut Fentamer ! c'est très-agréable ! Pardon , mille pardons , mon cher Fauville , je ne t'en veux pas • mais tu conviendras.. . Allons , Joseph , vite ! le cheval à mon cabriolet , et venez m'avertir j je vous attends.

FAUVILLE.

Tu vas nous quitter ?

DOLCY.

Il le faut bien.

FAUVILLE.

Est-ce qu'il ne suffirait pas d'écrire ?

DOLCY.

Oui! écrire! Qui^^ si en allant moi-même!... Si je ne me hâte , je peux trouver les bureaux fermés.

FAUVILLE.

Tu as raison! Moi , je ne pourrais pas quitter, parce

Page 1