SCÈNE VII
Les mêmes , BEAUGRAND.
BEAUGRAND
Eh bien \ félicilez-vous donc d'être chez moi en partie de garçons. Du pavillon qui donne sur la grande route , je viens de voir une calèche remplie de dames j tenez , regardez , la voilà qui entre dans l'avenue.
FAUVILLE.
Des dames ! oui, je les vois.
BEAUGRAND
C'est jouer de malheur.
FAUVILLE.
Pourquoi donc cela? Il faut envisager tous les événemens du hon côté • des dames qui viennent nous chercher . nous ! ce sont nécessairement des dames aimables , sensibles î Je parie que c'est vous, Beaugrand, qui avez voulu nous ménager quelque agréable surprise.
BEAUGRAND
Qu'est-ce que vous dites donc , Fauville ? Je consens à recevoir vos amis , les miens j mais je n'entends pas que ma maison... Ah î dieu! si madame Beaugrand venait à savoir...
FAUVILLE.
Il ne faut pas le lui dire .
BEAUGRAND
Mais les voilà qui descendent ! Que vois-je ? Ah ! c'est bien pis que ce que vous pensiez.
FAUVILLE.
Quoi donc?
BEAUGRAND
C'est ma femme , mon ami !
FAU VILLE
Votre femme ?
BEAUGRAND
Et ma cousine avec sa fille , madame et mademoiselle Derbelet.
DOLCY. •
Mademoiselle Derbelet? Quel bonheur! Et je suis obligé de partir lorsqu'elle arrive !
FAUVILLE.
Et puis , une femme de chambre, des cartons , des paquets ! tout l'attirail indispensable ! Elles viennent s'établir ici pour plus d'un jour.
BEAUGRAND
Ma femme! adieu la joie et les plaisirs.
FAUVILLE.
Au contraire , nous allons rire 5 madame Derbelet ne sera-t-elle pas là? Une prude qui tombe du ciel au milieu d'une bande de mauvais sujets • voyez-vous le tableau? c'est charmant! c'est original! Mais tenez, les voilà.