SCENE PREMIERE
BEAIJGRAND, DOLCY.
BEAUGRAND
Eh bien î monsieur Dolcy , vous amusez-vous chez moi ? êtes-vous content ?
DOLCY.
Je suis si flatté de Taccueil que vous me faites.. .
BEA^UGRAND.
C'est un devoir que je remplis , mon cher monsieur,. . N'étiez-vouç pas le caissier de mon pauvre cousin Derbelet? Et , depuis que nous Pavons perdu , n'est-ce pas à vous que ma cousine a dû la prompte liquidation de sa maison de banque?
DOLCY.
5'ai été assez heureux pour rendre quelques services à madame Derbelet.
BEAUGRAND
Je le sais, et, ^âce à vous , ma jeune cousine Laurc aura une fort jolie dot. Elle est charmante , cette petite Laure.
DOLCY.
Oh! oui, charmante!
BEAUGRAND
Sa mère est un peu prude , mais bonne femme.
, DOLCY.
J'espérais avoir Thonneur de me trouver ici avec ces dames , avec madame Beaus^rand.
BEATJGRAND.
Non y non , nous n'avons besoin ni de mes cousines , ni de ma femme ; c'est une véritable partie de garçons 5 nous sommes tous jeunes gens ; d'ailleurs ces dames tenaient à ne pas quitter Pafis. Un concert de bienfaisance que ma femme ne voulait pas manquer!... elle est si bonne, et elle aime tant la musique! Enfin j'ai pu m'échapper , et me mettre à la tête des joyeux compagnons de plaisirs que m'avait amenés mon cber ami Fauville! Quel aimable homme que ce chevalier de Fauville ! et que c'est bien à juste titre qu'on l'a surnommé le bon garçon !
DOLCY.
N'est-il pas vrai, monsieur Beaugrand? il est d'une gaité, d'une cordialité...^
BEAUGRAND
Mettant tout le monde en train , ne conirariant jamais personne , aimé de tous ceux qui le connaissent J ma femme , tenez , madame Beaugrand , elle en fait le plus grand cas î Du reste , si vous lui êtes attaché , il vous le rend bien 5 il ne parle de son ami Dolcy qu'avec la plus profonde estime : mais il dit que vous êtes un homme rangé , studieux , bien différent de nous autres jeunes gens , amis de la joie !
DOLCY.
Le travail ne me rend ]>as ennemi des plaisirs, et j'aurais été bien fâché , je vous le jure , de ne pas me vendre à votre aimable invitation 5 j'y attachais un