ACTE II, SCENE IV
LE COMTE
Nous Youloiis dans nos comptables , de l'ordre , de la conduite.
FAUVILLE.
Eh bien! n'a-t-il pas la conduite la plus régulière? n'est-il pas modeste , instruit ?
LE COMTE
Modeste ! sa modestie , c^est de la vanilé concentrée. Instruit ! qui est-ce qui ne l'est pas ? Tous mes commis le sont autant que moi... plus que moi. FA.vyil.luE ^ à part.
Ce n'est pas difficile.
LE COMTE
Quant à une conduite régulière! il a àes dettes.
FAUVILLE.
Des dettes ! lui ! Dolcj ?
LE COMTE
Oui , des dettes usuraires. Je viens de l'apprendre au moment de monter en voiture, par ce monsieur Yernon que tu m'avais présenté pour une fourniture. FAUVILLE , à part.
Vernon! c'est mon Juif.
LE COMTE
Tu vois donc bien ; ainsi ne me parle plus de ton monsieur Dolcy ! Il ne sera jamais dans mes bureaux... Lui! je crois que j'aimerais mieux te donner la place , à toi.
FAUVILLE.
Ah! bien! oui, à mi^î... J'y avais bien pensé: mais...
LE COMTE
Pourquoi pas ? tu es mon parent : je t'aime de tout mon creur. Est-ce qu'il n'est pas temps de te décider à faire quelque chose dans le monde ? C'est fort beau
(l'être un homme aimable , recherché j mais cela ne
suffit pas : tu ne fais rien , cela doit t'ennujer.
FAUVILLE.
Je vois beaucoup de gens qui s'ennuient de faire quelque chose. Au fait^'^vec ma joyeuse existence, je vis chez les autres j j'aimerais à vivre enfin chez moi , à recevoir tous ceux qui m'ont si bien reçu ! Comme j'aurais du monde ! Etes-vous donc décidé , mon cher parent , à ne pas vouloir de ce pauvre Dolcy ?
LE COMTE
je t'ai dit de ne m'en plus parleii
FAUVILLE.
N'en parlons plus. Je suppose que vous songiez à ftioi! où diable trouver un cautionnement?
Bah ! quand on est nommé, on vous les jette à la tête, les cautionnemens.
FAUVILLE.
Oh ! je sais : en payant la différence des intérêts. Je suis un peu au courant des affaires .
LE COMTE
Je m'en suis aperçu plus d'une fois ! Je suis.bien sûr aussi que ce n'est pas avec toi que j'aurais à redouter cette inflexibilité de principes que je reproche à ce monsieur Dolcy?
FAUVILLE.
Moi, je suis ferme sur les principes! mais j'ai pour premier principe qu'il faut se défendre de toute exagération , surtout quand on est en place. Un employé du gouvernement doit marcher avec son siècle... d'après les instructions ministérielles j c'est mon système! Par exemple , il y a un point sur lequel je ne transigerai jamais, les vertus du cœur.