FAU VILLE, BEAUGRAND
BEA.UGRAND.
Qa'j a-t-il doîic, mon ajni ? comment ! je serais assez heureux! parler j de quoi s'agit-il?
F AL VILLE
Tenez , mon cher Beaugrand, entre nous, point de détours, point de délais; Toccasion est superbe, et, puisqu'elle se présente, je serais bien sot de là laisser échapper j car, malgré notre parenté, le comte Dirselle peut me manquer d'un moment à l'autre. Les directeurs généraux sont comme les ministres , ils ne sont pas inamovibles I... Il s'agit donc d'une très-belle place de comptabilité , qui est à la nomination du comte.
BEAUGP.AND.
Je le sais : j'ai entendu quelques mots de la conversation de ces damos , et quoique madame Beaugrand n'ait rien voulu me dire... Car, vous ne le croiriez pas , mon ami , ma femme a des secrets pour moi.
FAUVILLE.
Si, mon cher, si, je le crois.
BEAI] GRAND.
J'ai deviné que cette place était pour votre ami Dolcy, ou du moins, que vous vous étiez chargé de la demander. Eh bien ! l'avez-vous obtenue ?
FAUVILLE.
Point du tout; le comte a refusé : mais refusé net, et sans laisser aucune espérance. Outre d'assez graves motifs qui lui sont personnels, il prétend que Dolcy est dérangé, qu'il a des dettes secrètes.
BEAUGRAND
Dolcy ! Eh bien î je me suis toujours défié de son air
tr"
48 LE BON GÂRÇOIN ,
grave et raisonnable. C'est mauvais signe : il n'a pas cette franchise , ce laisser-aller , que nous avons , nous autres jeunes gens , et je croirais volontiers...
FAUVILLE.
C'est un mensonge , j'en suis sur.
BEAUGKAND.
Oh ! vous, vous allez le défendre : vous n'y manquez jamais.
FAUVILLE.
Je l'ai défendu devant son accusateur avec toute fÇj l'éloquence chaleureuse de la plus vive amitié : mais monsieur Dirselle est tellement prévenu , qu'il ne faut plus même chercher...
BEAUGRAND
^ Diable ! ça va faire du chagrin à ma femme !
'^ FAUVILLE.
L, C'est au point que pour mieux résister à toutes les
^ instances qu'on pourrait lui faire , il s'est dépêché de
S m'annoncer qu'il donnait la place à un autre , et il l'a
^^«^ donnée.
^7j BEAUGRAND.
Il l'a donnée! et à qui donc?
Vous ne devinez pas? à moi, mon cher ami! à rûoi.
BEAUGRAND
A vous ? Parbleu ! ma femme sera encore bien plus contente ! c'est superbe , mon cher Fauville ! superbe ! CT Que je me félicite d'avoir invité cet honorable mon- !^^ sieur Dirselle.
Crj FAUVILLE.
^■^ Mais mon ami Dolcj ?
i£ BEAUGRAND.
>N* Ah ! votre ami Dolcy ! qui , par parenthèse , nous a quittés ce matin d'une manière un peu incivile ,
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