ACTE II , SCENE VI
FAUVILLE.
Et VOUS appelez cela essayer?
BEAUGRAND
Une autre idée qui me vient : j'ai votre femme !
FAUVILLE.
Comment! déjà?
BEAUGRAND. É
Oui : elle est ici , dans mon château.
FAUVILLE.
Qui donc?
BEAUGRAND
Ma petite cousine ! mademoiselle Derbelet.
FAUVILLE.
Y pensez-vous ?
BEAUGRAND'
J'ai bien deviné aussi que ces dames voulaient la donner à monsieur Dolcy, s'il obtenait cette belle place : mais puisque c'était cette place qui décidait madame Derbelet , et puisque c'est vous qui l'avez , ne pouvez-vous pas épouser la demoiselle? La conséquence est toute simple.
FAUVILLE.
Ab! toute simple! Permettez...
BEAUGRAND
Quel scrupule pourriez-vous avoir? Dolcjr n'était pas amoureux de Laure : il ne nous en a pas parlé.
FAUVILLE.
Non.... je ne crois pas — Il aurait été amoureux , s'il avait eu la place.
BEAUGRAND-
Eh bien ! il ne l'a pas j c'est vous qui l'avez 5 donc...
Oui, c'est assez vrai : mais...
BEAUGRAND
Parbleu ! c'est une idée excellente que j'ai eue ! Madame Beaugrand qui est sans cesse à me reprocher de ne pas servir mes amis. Oh ! je lui prouverai que lorsque je m'en mêle !.. Elle va être enchantée de votre mariage !
^ . FAUVILLE.
* Vous croyez ?
BEAU GRAND
Elle fait si grand cas de vous , ma femme ! Ah çà î quand j'ai de bonnes inspirations, ce qui m'arrive souvent , j'aime à les suivre sans perdre de temps : il faut parler à madame Deifbelet.
FAUVILLE.
Que voulez-vous que je lui dise?
BEAUGRAND
C'est moi qui vais la trouver. Justement je l'aperçois dans le jardin. {^Appelant.) Ma cousine !
FAUVILLE.
Mais réfléchissez... ^
BEAUGRAKD.
Bah ! si on faisait toujours des réflexions !
FAUVILLE.
" Allons... une bonne place , une jolie femme; c'est la Fortune qui vient à moi... elle me tend les bras, je ne peux pas lui tourner le dos.