‹ Le bon garçon, comédie en trois actes et en proseChapitre 46 sur 66 · ACTE II, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X

DOLCY. .

Fauville , je n'ai point encore pris Thabitude de m'obstiner à rester dans une maison où je ne suis pas

bien vu 5 monsieur Beaugrand se trompe en craignant ^Ç^

que je ne sois gène ici : j'ai conservé, Dieu merci, ^

l'estime de moi-même , et tu peux m'en croire , mon ^

ami, avec le témoignage de sa conscience, on n'est ^

gêné nulle part. ^

FAUVILLE.

C'est bien vrai ; et quand on n'a pas ce témoignage- Q là , on est terriblement gêné . ^

DOLCY.

Cependant , je ne veux offusquer ni monsieur le

comte Dirselle, qui se plaint de mon inflexibilité de ^

principes, et que je serais fâché de faire rougir 5 ni ^j . madame Derbelet, qui se presse de me repousser et de* ^^

choisir peut-être un autre gendre, parce que je n'ai ^ dS

pas la place sur laquelle je comptais 5 ni mademoiselle |^ 9f

Laure , qui , comme tu le dis fort bien , obéira sans C^ ^2

murmure et sans résistance aux ordres de sa mère. Je ^J H

me livrais à l'espoir d'être heureux avec elle : je me pq (^

faisais une idée délicieuse de lui consacrer ma vie, H

d'embellir la sienne : mais puisqu'il faut y renoncer... ^ ^

J'en ai le cœur déchiré j mais je saurai prendre mon ***'

parti... Je ne veux pas non plus que ma présences soit tH

un obstacle aux plaisirs de la société de monsieur Beau- **^

grand : personne , excepté toi, ne se doute de mon re- ^j

tour ; le petit Mignot seulement vient de me voir , mais ^ il ne le dira pas, ou il le dira , cela m'est bien égal. A l'instant même , sans bruit , sans esclandre , je repars pour Paris.

FAL VILLE

Mais, écoute-moi.

Non , je suis bien décidé.

FAUVILLE.

Dplcy î mon cher Dolcy !

DQLCY.

Fau ville , je n'en suis pas moins sensible 4. ton amitié : je n'ai point de rancune contre ceux qui me font du mal... mais je sais apprécier et aimer ceux qui me font du bien.

FAUVILLE.

Heureux et beau caractère !

DOLCY.

Adieu, mon ami! adieu.

FAUVILLE.

Ua moment! écoute donc!... Le voilà parti. Ah! c'est bien lui qui est le véritable bon enfant.

FIN T>y DEUXIÈME ACTE.

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