SCÈNE VI
MADAME DERBELET, LAUKE , FAUVILLE.
FAUVILLE.
Un monstre ! !.. . Et la petite cousine qui veut absolument me parler!... Me voilà entre deux feux!...
LAURE
Monsieur Fauville , on accuse votre ami : vous ne le savez pas, sans doute, car je n'aurais pas besoin d'invoquer votre témoignage , et vous vous seriez déjà empressé de le défendre. On prétend que monsieur Dolcj mène une mauvaise conduite , qu'il est poursuivi pour dettes... C'est faux, n'est-ce pas, m.onsieur? et pendant son absence , vous vous ferez un devoir de repousser , devant ma mère , les calomnies qu'on a inventées pour perdre ce malheureux jeune homme.
MADAME DERBELET.
Mais tais-toi donc , tu vas t'adresser. ..
Eh! oui, Mademoiselle, ce sont d'infâmes calomnies! Dolcv est l'homme le plus rangé... Tame la plus belle...
LAURE
Vous l'entendez , maman j je savais bien que monsieur Fauville se joindrait à moi.
FAUVILLE.
Vous m'avez bien jugé, Mademoiselle ; mais hélas! c'est en vain que j'ai voulu vaincre les injustes préventions du comte Dirselle , et malgré tous mes efforts...
MADAME DERBELET.
Voilà ce que c'est j tu ne veux pas entendre que monsieur Dolcj peut fort bien être un très bon sujet 5 mais , soit à raison , soit à tort, on lui refuse cette place , on la donne à monsieur Fauville... et tout en plaignant son ami , Monsieur , qui t'aimait en silence ...
LAURE
Comment ! cette place. .. c'est Monsieur. . .
MADAME DERBELET.
Oui , ma fille , c'est Monsieur qui est nommé.
LAURE
L'ami de monsieur Dolcy ! L'ai-je bien entendu ! et c'est Monsieur qui a demandé ma main ?
MADAME DERBELET.
Combien faut-il te le répéter de fois ?
LAURE
Ah! ma mère!... m'était-il possible de vous comprendre ?
Rien n'égale mes regrets , Mademoiselle 5 j'ai combattu pour mon ami avec une opiniâtreté digne d'un meilleur sort... mais le comte Dirselle était si convaincu! c'est alors que... j'ai cru...