PROPOSES PAR LE DON GEKIE
Nous voici arrivés à l'c'poque où le bon Génie doit tenir ses engagements et donner les prix qu'il a promis. Je pense que liies jeunes abonnés n'en sont pas fâchés, et quant à moi, j'avoue que c'est un de mes grands plaisirs de pouvoir leur offrir des encouragements et leur procurer quelque satisfaction.
Afin que personne ne soit éloigné du concours par la crainte de rencontrer des émules dont les armes seraient inégales, je ferai deux classes, func des plus avancés, l'autre des plus jeunes, et je donnerai, dans chaque classe, un prix à celui ou à celle qui aura le mieux répondu aux questions suivantes :
Qu'est-ce que la sincérité?
Pourquoi la sincérité est-elle un devoir?
Quels avantages procure-t-elle aux individus et à lu société?
J'attendrai les léponscs jusqu'au dimanche 23 octobre courant, mais pas plus tard; et je prie tous mes jeunes correspondants de vouloir bien indiquer leur âge au-dessous de leur signature.
Je donnerai, en même temps, le prix de semestre promis à celui ou à celle qui a le mieux répondu à mes diverses questions pendant les derniers six mois.
La distribution de ces prix sera annoncée dans le numéro du dimanche 6 novembre prochain.
Comme de coutume, ils consisteront en livres élégamment reliés.
J'invite tous mes jeunes amis à concourir, et je serais enchanté que le nombre des lettres que je recevrai fût égal à celui de mes abonnés. La peine de les examiner est plus que compensée par le plaisir que j'y trouve.
deux enfants s'embrassèrent, et la salle retentit d'appl.uidissements.
ANECDOTE
Il y avait une fois, dans un collège, un jeune garçon nommé Cléobule, qui avait le malheur d'être paresseux, mais dont le caractère était parfaitement honnête et délicat. Il avait fort peu travaillé pendant l'année, et n'était pas disposé à se donner beaucoup plus de peine pour mieux faire , quand vint l'époque de concourir pour les prix. La composition qu'on donna à sa classe lui parut trop diflicile, selon l'usage, et afin de s'en débarrasser plus promptement, il pria un élève d'une classe plus avancée, avec lequel il était lié, de la lui hroclier. La chose fut faite en un moment, et Cléobule n'eut que la peine de copier.
Or il se trouva que cette composition fut la meil" leur de toutes, ce dont les maîtres, qui connaissaient la paresse et les dispositions de Cléobule, ne furent pas peu surpris. Cependant la justice et l'impartialité exigeaient qu'on lui décernât le prix, et Cléobule ne fut pas faiblement étonné et déconcerté, à son tour, lorsque, le jour de la distribution des prix, il entendit proclamer son nom. 11 demeura un moment immobile et incertain de ce qu'il devait faire; mais bientôt, prenant son parti, il s'élance sur l'estrade où on distribuait les prix, reçoit celui qu'on lui présente, ne redescend pas, et attend qu'on proclame Vaccessit. ■Il entend nommer Félix, et alors, interrompant la suite des nominations: "Monsieur, dit-il au Proviseur, ce prix n'est point à moi, ce n'est pas moi qui ai fait ma composition; il appartient à Félix; je vous supplie de l'appeler pour que je le lui rende. — Bien, Cléobule, dit le Proviseur, en lui serrant la main; quand on a fait une faute, il est bien de la réparer ainsi. " On appelle Félix, qui venait d'obtenir un prix de sagesse et tenait encore sa couronne à la main. Il reçoit le prix que lui présente Cléobule, puis déchirant sa première couronne, et offrant un des deux fragments à son camarade: » J'accepte, lui dit-il, le prix que tu me rends, mais tu Viens de m'eulever au moins la moitié de celui de sagesse. » A ces mots, les
CORRESPONDANCE
J'ai promis d'insérer encore, dans ce journal, plusieurs des lettres qui m'ont été adressées en réponse à ma dernière question. Je n'éprouve à ce sujet qu'un rejïret, c'est que l'espace me manque pour tenir cette promesse aussi largement que je le désirerais. Ces petites lettres vont me fournir autant de petits articles auxquels je puis fort bien donner des titres.