LA FETE DE PAQUES
Vous avez lu, dans l'Histoire Sainte, mes chers enfants, comment, après la mort de Joseph, le peuple Israélite avait fini par être traité en esclave dans l'Eg^-pte. Pharaon, roi de ce pays, faisait jeter dans le Nil tous les premiers nés des enfants de Jacob, et les accablait de traitements inhumains.
Dieu résolut alors de retirer son peuple de cette terre, qu'il habitait depuis deux cents ans, et il se servit pour cela de Moïse.
Moïse avait été jeté dans le Nil, comme les autres enfants des Israélites; mais il en fut retiré par la fille même de Pharaon, qui l'adopta et lui donna ce nom de Moïse, qui signifie sauvé ries eaux.
Lorsque Dieu voulut délivrer son peuple, il apparut à Moïse sur le sommet d'une haute montagne , et lui commanda d'emmener les Israélites de la terre d'Egypte. Il lui donna en même temps le pouvoir de faire des prodiges.
Moïse, obéissant aux ordres de Dieu , commanda à Pharaon de laisser partir les Israélites; mais Pharaon s'y refusa. Alors Moïse et son frère Aaron, firent plusieurs miracles, pour prouver la puissance du Dieu qui parlait par leur bouche. Pharaon s'en étonna, mais ne fut point décidé. Vainement des plaies, ou
fléaux terribles, ravagèrent successivement son royaume, le cœur de ce roi demeura endurci.
Enfin Dieu, par la voix de Moïse, commanda à chaque famille de son peuple de manger un agneau sans tache, et de teindre, avec le sang de cet agneau, la porte de leurs maisons. Il leur recommanda de se ceindre les reins , d'avoir des souliers aux pieds et un bâton à la main, et de manger l'agneau à la hâte, parce que c'était la pâqite, c'est-à-dire en hébreu, le passage du Seigneur.
En effet, dans la nuit qui suivit, un Ange passa sur rÉgvpte et extermina tous les premiers nés de ce pays, hormis ceux des maisons marquées du sang de l'agneau.
A l'aspect de ce terrible châtiment, la consternation fut si grande, que Pharaon consentit aussitôt à laisser partir les Israélites, et qu'on les renvoya chargés de biens.
La pâque fut, depuis lors, célébrée tous les ans chez les Israélites, en commémoration de ce grand événement. C'était une de leurs trois principales fétesi car Moïse avait dit de la part de Dieu : " Souvenez-vous de ce jour auquel vous êtes sortis de l'Egypte, et de la maison de votre esclavage: souvenezvous que le Seigneur vous a tirés de ce lieu par la forée de sop bras, »
Ce fut en célébrant la pâque avec ses disciples, f[iie le Sauveur du inonde, méconnu par les Juifs aveuglés, institua le saint sacrement de l'Eucharistie. Pendant la cène, c'est-à-dire le festin, il prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses apôtres en disant: Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera donné pour vous : faites ceci en mémoire de moi. Puis, ayant rempli de vin une coupe, et après avoir rendu grâces à son père, il la bénit, la présenta également à ses apôtres, et leur dit: Prenez et buvez tous, car ceci est mon sang, qui sera bientôt répandu pour vous et pouf tous tes hommes, pour la rémission des péchés: chaque fois que vous ferez ce que je viens de faire, vous le ferez en mémoire de moi.
Vous avez appris, mes enfanls, comment un des apôtres, qui avait pris part à ce festin, Judas, trahit son divin Maître et alla le vendre et le livrer aux Juifs et aux Pharisiens. Vous connaissez Tliistoire de la passion et de la mort de Jésus-Christ. Vous savez enfin que, le troisième jour après sa mort, il sortit vivant de son tombeau.
La fête de P.àques que célèbrent les Chrétiens n'est pas, comme celle des Juifs, la commémoration delà délivrance du jjpuple israéllte; elle est la commémoration de la résurrection glorieuse du Sauveur. Cest une des plus grandes l'êtes de l'Église. C'est celle où elle a particulièrement recommandé aux fidèles de s'approcher de la table sainte, où se renouvelle l'auguste mystère de l'Eucharistie. Je n'ai fien à d:'re à ceux d'entre-vous qui sont déjà appelés à cette grande participation; mais j'invite de nouveau ceux qui se préparent à y être admis à se bien pénétrer de toute l'importanie de cette action, de tout ce qu'elle exige, et de tous les devoirs qu'elle impose.
MOTS A L'OREILLE