‹ Le Bon génie (volume 2)Chapitre 34 sur 136 · LE DIMANCHE DES RAMEAUX · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE DES RAMEAUX

C'est aujourd'hui le dimanche des Rameaux. Vous avez sûrement appris, mes enfants, en commémoration de quel événement les solennités de ce jour ont été instituées par TEglise, et je dois me borner à vous le rappeler.

L'iiistoire Sainte nous dit que six jours avant la m

pàque, le Sauveur, accomplissant les paroles des pro- 1

phètes, se rendit à Jérusalem, et y entra monté sur un âne, que les apôtres avaient couvert de leurs manteaux. Le peuple se porta au-devant de Jésus et parsema son chemin de branches d'olivier. C'est en mémoiie de cet hommage rendu à Notre Seigneur, dans l'humble appareil qu'il avait choisi pour entrer à Jérusalem, que des rameaux bénis sont aujourd'hui distribués aux fidèles.

La semaine qui suivit l'entrée à Jérusalem vit consommer l'œuvre de la l'édemption ; c'est pourquoi la semaine dans laquelle nous entrons est nommée la Semaine Sainte. La Cène, l'institution de l'Eucharistie, la Passion et la mort du Sauveur sont les grands événements dont on y célèbre le souvenir. Ce n'est pas moi qui ai mission pour vous donner les instructions importantes qui descendent, pendant ces jours consacrés, du haut de la chaire évangélique; mais je dois au moins vous inviter à écouter avec attention et recueillement celles que vous pourrez entendre; je dois vous inviter à apporter une nouvelle ferveur dans l'accomplissement de tous vos devoirs pieux; et j'a-

dresse sur-tout cette exhortation à ceux d'eiitre-vous, mes enfants, qui se préparent à cet acte si grave de la vie d'un chrétien, à leur première communion.

CORRESPONDANCE

liliPONSES AUX DERNIÈRES QUESTIONS DU BON GÉNIE.

Il ne faut pas que je fasse aujourd'hui un long préambule à cet article, car j'ai tant de citations à faire, que je crains de manquer d'espace. Il y aurait de quoi remplir plus de deux numéros comme celui-ci avec les réponses dignes d'y figurer, qui nie sont parvenues cette fois. Je remarque une émulation charmante et des progrès sensibles dans les compositions que m'adressent mes jeunes correspondants et correspondantes, et je leur en fais sincèrement mon compliment. J'ai cru toutefois m'apercevoir que mes dernières questions avaient paru un peu difficiles à quelques-unes et quelques-uns d'entre eux. Je n'en applaudis pas moins à la bonne grâce qu'ils ont mise à y répondre, et je prie ceux qui n'ont pas aussi bien réussi cette fois que de coutume, de ne pas se décourager pour cela. Leurs lettres ne m'en inspirent pas moins d'estime et d'affection.

Voici, dans l'ànie et conscience du bon Génie, le résultat de l'examen de ce gros tas de lettres qu'il a sous les yeux. 11 en est trois qui lui ont paru mériter d'être imprimées en entier. Il se bornera à citer quelques extraits de plusieurs autres , et à mentionner celles qui, ayant répondu d'une manière complète et satisfaisante à ses questions, ne contiennent cependant pas de phrases susceptibles d'être extraites et isolées.

Dans mon numéro du 27 février dernier, j'avais proposé les questions suis'antes :

Quelle est la différence entiv le sens du mol bienveillance et celui du mot eienfais.^nce? — Définir ces deux mots: — exjiliquer la différence; — et faire l'application de chacun.

.Voici la réponse qui m'a paru supérieure à toutes les autres :

(1 Mon bon Génie ,

C'est avec bien de l'empressement que je viens essayer de répoudre à vos questions, et que j'attends ce numéro qui me fera partager le plaisir que vous aurez sûrement en lisant les jolies lettres de plusieurs de vos abonnés. Gardez, bon Génie, toute votre indulgence pour la mienne.

u Bienveillance veut dire vouloir le bien : c'est une disposition de l'àme qui fait considérer avec intérêt et indulgence toutes les personnes que nous approchons, et qui porte à la bienfaisance. Ce dernier mot veut

ilive faire le bien: c'est un sentiment qui porte ii soulager les êtres souffrants, à rendre heureux les infortunés. Je ne sais pas si je pourrai vous expliquer toute la différence que je trouve entre ces deux choses. C'est bien difficile, bon Génie.

" La bienveillance ne craint pas de se montrer, parce qu'il est agréable et tlatteur d'en être l'objet. La bienfaisance se cache; elle a peur de blesser en se laissant voir. La bienveillance s'exerce tous les jours <lc la vie, sur tout ce qui nous entour(;, et la bienfaisance n'a pas aussi souvent l'occasion d'agir. La bienveiUance, c'est le désir; la bienfaisance, c'est l'effet.

>i J'étais à une fenêtre, et je voyais un étranger donner quelque monnaie h un pauvre enfant de dix à douze ans qui mendiait pour sa mère. Cet étranger l'interrogeait avec bonté, et le jeune homme avait l'air satisfait de le voir s'intéresser à ses malheurs. Je rentrai en me disant à moi-même que ce Monsieur avait été bienfaisant et bienveillant.

«Mille fois merci, mon bon Génie, de vos jolies

feuilles , etc. Votre affectionnée

Il Félicie m (A Poligny.)»

La lettre suivante m'a paru mériter d'être distinguée immédiatement après celle qu'on vient de lire.

Il Sans le délai que vous avez bien voulu accorder à vos abonnés, mon bon Génie, j'aurais été privée du plaisir de vous répondre; car j'ai été malade. Je m'empresse aujourd'hui de vous envoyer les explications que vous avez demandées. Elles m'ont semblé un peu difficiles; mais j'ai fait tous mes efforts pour vous contenter.

<i La bienveillance est cette disposition qui nous porte à obliger tout le monde, à nous rendre agréables, à accueillir avec grâce, et à répondre avec boute aux demandes qu'on peut nous faire.

» Secourir les pauvres, consoler les malheureux, savoir s'imposer une privation pour soulager la misère, voir dans tout être souffrant un frère qui a droit à nos secours et à nos conseils, voilà la bienfaisance.

Il La bienveillance est une qualité qu'il faut tâcher d'acquérir, afin de se faire aimer de tous ceux qui nous entourent. La bienfaisance est une vertu qu'il faut placer au rang de nos premiers devoirs.

11 Exemples : Je voudrais inspirer de la bienveillance au bon Génie, afin qu'il lût ma lettre avec indulgence.

11 Au moment de déjeuner, Louise aperçoit un pauvre petit Savoyard qui pleure de faim ; elle lui donne le pain et les fruits dont elle allait se régaler. Louise sera bien contente toute la journée, car la bienfaisance laisse après elle une douce joie que rien ne saurait troubler. u Blanche R n

La troisième lettre qui m'a semblé mériter d'êt imprimée en entier est celle qui suit:

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.1 Mon bon Génie, le mot bienfitlsaiicc expiiine naturellement l'action de faire du bien aux autres. La bienveillance consiste dans les égards, les attentions que nous devons à tout le monde, à nos égaux, s'entend , et plus particulièrement encore à ceux qui nous sont inférieurs, puisque à nos supérieurs, et à nos maîtres, nous devons le respect. Mon bon Génie, puisque vous demandez à vos jeunes lecteurs un exemple de chacune de ces vertus, je ne pourrais mieux citer, pour la première, que le trait que vous avez rapporté, dans la feuille n° 33 du 19 décembre, du jeune deTerny qui installa si {jénéreusement dans le bois Gabriel une malheureuse mère et son fils, qui trouvèrent dans la cabane un autel, où ils n'auront cessé de prier Dieu de le récompenser de cette action. Il me sera facile de puiser à la même source plusieurs actes de bienveiUanc. On en trouve un dans les jeunes, de Cerneville, de la feuille n" 36 du 2 janvier, qui pendant une absence deleurs parents, qui les laissèrent seuls maîtres de la maison, se conduisirent d'une manière si aimable et si douce à l'éyard de tout le monde et des domestiques, que les parents, à leur retour, furent salués par une acclamation d'éloges pour les tendres soins qu'avaient eus le bon Raimond et la charmante Octavie. Et puis, la conduite que vous-même, mon bon Génie, tenez dans les diverses rencontres avec quelques - uns de vos jeunes abonnés , et tout dernièrement encore aux Tuileries , n'est-ce pas aussi de l'extrême bienveillance?

« Recevez, mon bon Génie, etc. "

«MathildeQ , (à Marseille), n

Voici maintenant quelques extraits :

Il Monseigneur le duc de Berri se promenant au bois de Boulogne, rencontra un jeune enfant accabli' sous le poids d'un fardeau énorme. Le prince s'arrête, et s'informe avec bonté du lieu de sa demeure. L'enfant répond: "A Surene, mon bon monsieur. — Monte il avec ton paquet, dit le prince, dans mon cabriolet. « 11 le conduit chez ses parents, fait venir le père, le gronde de charger ainsi son fils, et lui donne sa bourse pour avoir im àne.

u Saint Vincent de Paule offrant de prendre les chaînes h la place d'un jeune galérien utile à sa famille, me parait le plus beau modèle de bienfaisance, n (M"'^^ Clémence de F...... à Villebadin, Orne).

Il J'ai bien envie, mon bon Génie, de vous raconter une petite anecdote, à condition que mon frère n'en saura rien; car il est si bon garçon qu'il ne veut entendre dire du bien que de ses amis.

Il A l'àf'e de six ans, il allait en demi-pension, et tous les matins on lui mettait dans un petit panier son second déjeuner. Depuis quelque temps, il recommandait qu'on lui en donnât beaucoup; et ce qui étonnait fort à lamaibOn, c'est que, quoiqu'il eût plus qu'à l'ordinaire, il revenait avec un si grand besoin de dîner, que maman soupçonna qu'il ne niang'caiî pas son déjeuner. On le fit guetter, et l'on découvrit qu'il le donnait tous les jours à un jiauvre petit garçon, (|ui avait bien soin de se trouver à la grilb; au moment où les élèves sortaient pour la récréation de midi et pour déjeuner. N'est-ce pas, mon

bon Génie, que je suis bien heureuse d'avoir un si bon frère?" (M"' Virginie G )

i. Si l'on a une vraie bienveillance et les moyens de la rendre active, elle devient bienfaisance; car il est naturel de faire du bien à ceux à qui l'on en souhaite sincèrement. » (M"' Ariane de C.....)

Il II est bien plus agréable de doimer que de recevoir; et obliger quelqu'un est plutôt un plaisir qu'un devoir. Heureux donc celui qui peut exercer la bienfaisance! )) (M. Charles Dam).

<i Ayez toujours un air doux et bienveillant avec tout le monde, et surtout avec vos inférieurs; car ils sont déjà assez malheureux d'être obligés de nous servir, sans que nous les traitions avec rigueur. Il ne faut pas leur montrer un air de protection hautaine, mais au contraire un air de protection bienveillante. » (M"= SopliieCh ).

Il Une bonne amie de maman qui, depuis ma plus tendre enfance, s'occupe de mon éducation, a de la bienveillance pour moi; et en même temps elle exerce la bienfaisance en allant porter des secours aux malheureux, et en faisant des vêtements aux pauvres enfants qui sont à moitié nuds. » (M"° Ernesline P ,

à Montataire).

( Le bon Génie a été très touché de celte phrase inspirée par la reconnaissance, qui n'est pas un sentiment moins naturel et moins louable que la bienfaisance.)

li Dans toutes les conditions, nous devons notre bienveillance à ceux cjui dépendent de nous. Il est beau de l'étendre aux indifférents et aux étrangers. On en doit même aux méchants, tant il est vrai qu'il

faut rendre le bien pour le mal. (M. Auguste T. ,

à la Flèche. )

Il Socrate avait beaucoup de bienveillance et exerçait souvent la bienfaisance. » (M. Louis Mas, a Lyon).

Il Pour qu'un mortel, quel que soit son sexe, soit aimé de Dieu, et obtienne sa bienveillance, il doit exercer, envers son prochain malheureux, une constante bienfaisance. i)(M"' A. L...., à Cherbourg).

Je suis forcé de me borner à mentionner les lettres de mes correspondants dont les noms suivent:

M. E. Saint-Bris, à l'institution de M. de Blignières, rue de Clichy; M. Fortuné Boucaull, à Privas; M. Hyp-

jtolile Cattaud, à Saint-Claude; M. André D , à la

Flèche; M. Emile Chevalier; M"" Abéline B...... , à Vienne; M"' Aiignsla de F...., à Rennes; M"' Éliza M.....; M. Charles Donnât, à Colmar; M. Eugène P , de Calais, que je ne nomme pas, quoiqu'il ait signé en toutes lettres, |)arcc que j'ai à lui recommander de soigner son éciiture, et autre chose encore qu'il devinera bien; MM. Gabriel et Ernest d'Erceville; M"' Delphine F...... à Vienne; et M. Eugène Delisle, à Périgucux.

Je ne proposerai plus qu'une seule question avant de di'cerner le prix de semestre.

AVIS. — Ceux de nos souscripteurs de qui l'abonnement date du 1" octobre dernier, pour six mois, et expire à la fin de mars ciiurant, sont invités à le faire renouveler avant le dimanche 3 avril prochain, afin de ne pas éprouver d'interruption dans l'envoi du journal.

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I^ prix de Tabonnement Mt, pour Pai is, de 22 francs par an, et de 12 francs pour six, mois. Poar les déparlemenu, de 24 fraocsparan, rt i3 frauci pour six mois.

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Bureaa de l'abonnement , cbez Locis Colas, libraire, me Dauphîue , n* 3a ; et chez les principaux libraires et directeurs des postes d''> dépjrtemeais.

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