‹ Le Bon génie (volume 2)Chapitre 63 sur 136 · RIÎPON'SES AUX. DLUNIÈKES QUESTIONS DU BON GÉNIE · texte numérisé non relu

RIÎPON'SES AUX. DLUNIÈKES QUESTIONS DU BON GÉNIE

Depuis qu'une correspondance s'est établie entre mes jeunes lecUnrs et moi, je n'avais encore jamais reçu une aussi grande quantité de lettres que cette

fois. J'ai eu le plaisir de faire connaissance avec plusieurs nouveaux correspondants, et je les remercie de nie l'avoir procuré. Cependant, voyez ce que c'est! plus on obtient, plus ou veut avoir, et voilà que je ne me tiens pas encore pour satisfait. Quelque considéralde que soit le nombre de lettres que j'ai sous les veux, il est encore bien loin d'qjaler celui de mes jeunes abonnés, et je désirerais qu'il en approchât davantage. Je prie en grâce ceux et celles qui seraient retenus par la timidilé, de ne pas redouter le bon Génie, et d'être bien persuades qu'il sent pour eux tous la plus bienveillante afiértion.

Dans mon numéro du 1 5 mai dernier, j'ai propose, à la suite de la fable intitulée l'Écureuil et le Hat, les questions suivantes :

Quel sens moi al peut-on tirer de cette fable?— Que petiset-on de la conduite quy tiennent les deux personnages?

Plusieurs des lettres que j'ai reçues mériteraient d'être imprimées en entier; mais les bornes de ce journal m'ont oblitjé à choisir seulement les deux qui m'ont paru supérieures. L'une est de Mademoiselle

Blanche R , et l'autre de Mademoiselk Félicie M....,

les voici :

«Mon bon Génie, je vais tâcher de vous expliquer «e que je pense au sujet de votre jolie fable.

Il me semble que le sens moral qu'on en peut tirer est qu'il faut toujours suivre les avis de ses parents, car ce sont les meilleurs amis que nous ayons, et qu'il faut au contraire se défier des conseils que nous donnent les étrangers, sur-tout lorsque ces conseils se trouvent en contradiction avec les ordres de nos parents ou qu'ils tendent à flatter nos goûts. L'obéissance est le premier devoir d'un enfant; il faut qu'elle soit entière et aveugle, et le malheureux sort de ce pauvre petit écureuil nous prouve que ce n'est pas seulement par reconnaissance envers nos parents que nous devons leur obéir, niais aussi dans notre propre intérêt.

Il La conduite de l'écureuil est celle d'un étourdi et d'un gourmand, car c'est pour un morceau de sucre qu'il perd

nid paternel, liberté, frais ombrage!

Il La conduite du rat est celle d'un méchant; mais je ne crois pas qu'il t ùt la certitude du malheur qui attendait le pauvre écureuil, car alors elle serait affreuse. — Adieu, mon bon Génie, etc.

11 Blaxche R n

uMon bon Génie, le but moral de celte fable est, je pense, de nous montrer que notre propre intérêt est le motif qui dirige lesdéfenses de nos parents. Leur tendresse leur fait craindre pour nous le danoer que leur expérience leur fait connaître; nous devons l'attendre toutes les fois que nous désobéissons. D'ailleurs,

les reproches de la conscience doivent troubler le plaisir qu'on s'était promis. Les mauvais conseils sont bien dangereux: nous devons nous délier de fétranger qui nous donne celui de nous rendre coupables; ce n'est certainement paslabieiivcillaiiceiiiii iedirij'e. 1. L'écureuil, si jeune, aurait bien dii croire à l'expi-rienre de son père. Elle lui aurait épargné cette dure leçon. 11 me semble, mon bon Génie, que cette punition, quoique juste, est bien sévère.

"Quant au rat, c'est un fourbe et un méchant qui se joue de la crédulité de l'imprudent écureuil et qui rit du succès de ses tromperies. Même je crois que ce pauvre étourdi lui était un peu parent; ce serait encore plus affreux. Ce mauvais sujet de rat ne serait pas si joyeux, s'il savait la menace de La Fontaine:

" Trompeurs

>' Attendez-vous à la pareille.

Il Je passe tout l'été au milieu des sapins de nos montagnes, mon bon Génie, et j'ai eu souvent l'occasion d'examiner ces jolis écureuils. J'ai eu bien du plaisir en lisant fintéressant article que vous leur avez consacré, et la jolie peinture si ressemblante que contient cette fable. — Agréez, mon bon Génie, etc.

Il Félicie M »

Voici maintenant quelques pensées extraites de lettres que je regrette de ne pouvoir pas imprimer en entier:

u Trois défauts, la curiosité, la gommandise, et la légèreté ont conduit l'écureuil à manquer à son premier devoir, l'obéissance qu'on doit à ses parents. Il a dû en être bien puni par la perte de sa liberté, et par le chagrin qu'il a dii éprouver d'avoir désobéi à

son père. » (M"° Firyinie G ).

«Pauvre petit écureuil! sincère, ingénu, content de son état, heureux dans sa médiocrité, il voulait suivre les sages leçons de son {lère; mais il écoute un moment des paroles flatteuses, qui cachent la méchanceté sous l'apparence de l'amitié et de l'intérêt. Elles affaiblissent la crainte salutaii-e que lui inspiraient ces leçons, et il suit en tremblant celui qu'il croit son ami. Sa conduite n'est pas celle d'un enfant indocile, elle est l'effet de l'inexpérience de son âge. Je suis bien persuadée que, s'il eût eu comme nous un bon Génie pour l'inspirer, il ne se serait pas laissé entraîner par

ce méchant rat.» (M"' LaweD , à Beaune).

n Cette fable nous apprend trois choses : i° qu'il ne faut pas désobéir à ses parents; 2" que quand on se trouve bien dans un état, il est imprudent de le quitter; 3" qu'il ne faut pas se fier aux conseils d'un étranger qu'on ne connaît pas. » (M. Gabriel d'Erceville). «La raison d'un être sans expérience est l'obéissance. '1 (M"' yirianede C...., à Montfleury).

«Il faut toujours suivre les conseils de ses parents:

leur expérience et la tendresse qu'ils ont pour nous font qu'ils ne peuvent nous tromper. » (M"' Sophie Cli....).

<i Quand on est heureux d'une façon, il ne faut pas clierclier un plus grand bonheur, qui est souvent incertain. » (M"' EniestineP , à Montataire).

Il On doit se contenter de ce que l'on a, sur-tout quand on est bien, et n'en pas désirer davantage. » (M"' Marie de P ,à Versailles).

« Il ne faut jamais suivre les conseils de gens qu'on ne connaît pas, lorsqu'ils sont opposés à ceux que .nous ont donnés nos parents.» {JSl. Eugène Delisle , à Périgueux).

« On ne doit point écouter ce que nous disent les personnes que nous voyons, lorsque leur avis est contraire à celui de nos paicnts.» ( M"° Jiigusla de V. ,

à Rennes).

«On cesse d'être heureux, dès qu'on a cessé de se contenter du nécessaire, et que l'on court après le superflu. 11 (M"" AntoineHe R.. de la M.-.., à Marseille).

Il Nos parents sont si bons que tous leurs avis sont dictés par la tendresse qu'ils ont pour nous, et ont pour but celui de nous rendre heureux, n (M"" Clémence de F...., à Villebadin).

«Les enfants doivent respecter les ordres de leurs parents, et ne jamais faire ce qu'ils leur ont défendu ; car s'ils nous défendent quelque chose, ce n'est pas pour nous contrarier dans le moment présent, mais pour nous éviter des maux et des peines dans l'avenir.» ( M"' Hortense. )

«Quand on est si heureux, qu'on est libre, il est tien imprudent de risquer sa liberté et même sa vie pour du sucre et des biscuits, sur-tout bien mal quand votre père vous l'a défendu. » (M. Maurice Deuaines).

u On ne doit jamais être curieux de manger des friandises, ni de croire à des étrangers.» (M. Ernest d'Erceville. )

« Il ne faut jamais écouter les flatteurs, et sur-tout ceux qui contredisent nos parents.» (M. Fortuné Bûucault, à Privas.)

J'ai remarqué dans les lettres de M. Fortuné Boucault, depuis un an, des progrès très sensibles, dont je le félicite de tout mon cœur.

Je mentionnerai honorablement les lettres de ceux de mes correspondants dont les noms suivent, et (|iii toutes méritent des éloges.

M"" Àdele Di'sh...; M. François D , à Versailles;

M. Ferdinanil de Mézy ; M"' Jibertine B..., h Moulins; M"" Caroline et Marguerite L ; Muo Jriane

S...., à Ocnève; IMM. JiK/nsIe et Eugène T...., à La Flèche; M. Louis Mcnnessier, à Mclz; M"' Félicie de

La P...; M"' Jenny M. , à Bordeaux; M"" Ficto-

rine T..., Sophie B Quittcrie L...., Euphrasie P....,

et Zoé G..., élèves de la pension du Sacré Cœur, à Sécz; M. Charles Donnât, à Colmar; M. Isidore iV'..., à Lyon ; M. François Guizot; M. Adolphe Gourlier; M"" Louise de B....; M"" Léonie B... ; M. Eugène Audeval; M"' Delphine F..., à Vienne.

J'en ai réservé deux pour les mentionner séparément. L'une est de M. Jnihroise Beaucbef, de La Flèche; elle est écrite en très bon latin, et je l'aurais imprimée si je n'avais pas tant de jeunes demoiselles parmi mes abonnés.

L'autre est de M"" Maria J. B. L. On voit que cette lettre eut pu être très bien, si M"' Maria y eut donné un peu plus de soin. J'ai quelques avis particuliers à lui adresser; mais le défaut d'espace m'oblige à les ajourner. J'espère que, dans l'intervalle, elle aura fait ce qu'il faut pour me dispenser de cette obligation bien pénible pour moi.

Je regrette de ne pouvoir accorder un plus grand nombre de mentions; mais on sent qu'il est des bornes à tout, et j'ai déjà dépassé aujourd'hui celles que je me prescris ordinairement. Ceux de mes correspondants qui ne sont pas nommés n'en doivent pas conclure que leurs lettres soient sans mérite, et je ne doute pas qu'ils n'aient à leur tour l'avantage dans une autre lutte.

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