PRIX DE SEMESTRE
Pour les meilleures réponses aux diverses questions proposées dans le courant des six derniers mois.
PRIX : Mademoiselle Antoinette Boux de la Mazelièiîe; (à Marseille, département des Bouchesdu-BLône ).
I" ACCESSIT: M. Eugène Delisle; (à Périgueux, département de la Dordogne).
II' ACCESSIT : Mademoiselle Célinie de Banneville; (à Caen, département du Calvados).
IIP ACCESSIT : Mademoiselle Clémence de Flers; (à Villebadin, département de l'Orne).
IV' ACCESSIT : Partage entre Mademoiselle Laure Darier; ( à Beaune, département de la Côte-d'Or);
Et M. Louis DE Saint-Acvant; (à Paris).
V* ACCESSIT : Mademoiselle Caliste Bouchard; ( à Mortefontaine ).
VI' ACCESSIT: Mademoiselle Amélie Widmer; (à Corbeil, département de Seine-et-Oise).
Mentions honorables : M"' Ariane S. de Crans; yi"'C.A.; (à Saint-Martin-le-Beau). M"' Ariane de Cow-val; ( à Montfleury ). M"' Sophie Chanal; ( à Paris). M"' Caroline Lawless; ( à Paris). M"" Augusta S. de Crans. M"' Marguerite Laiuless; {a Parts). M. Pol d'Erceville; (à Paris).
observation.
Je fais mon compliment à M. Eugène Delisle qui vient d'obtenir un prix pour la seconde fois, et je lui
annonce, sans regret, qu'il se trouve maintenant mis hors de concours, comme Ta été précédemment mademoiselle Blanche Begnault. Je dis sans regret, parce que j'espère qu'il voudra bien, malgré cela, continuer de m'écrire, comme l'a fait mademoiselle Blanche. Je leur saurai toujours gré, à tous deux, de ne pas me priver du plaisir de lire leurs aimables lettres.
COMPOSITION
Qui a obtenu le Prix de la première division.
Mon bon Génie, quoique je n'aie guères d'espoir de mériter le prix que vous nous destinez, je viens pourtant essayer de vous rendre compte de ma pensée sur la question que vous nous proposez. Mon but est sur-tout d'exprimer ce que mon cœur me dit. Obtenir le prix serait un bonheur bien grand; espérer que vous approuverez mes sentiments en est un moins brillant peut-être, mais qui me suffira toujours.
Oui sûrement, mon bon Génie, sans argent, sans objets de valeur, nous pouvons encore jouir du bonheur d'exercer la charité. Donner aux malheureux les soins qui sont en notre pouvoir, leur prodiguer des égards, de la pitié, des consolations, faire tout ce qu'on peut pour adoucir leur situation, sinon par des secours effectifs, du moins par la bienveillance qu'il est si facile de leur montrer, n'est-ce pas là de la charité? Quoi de plus doux, en effet, de plus consolant pour l'infortuné, que de voir son semblable compatir à ses maux et s'intéresser à son sort! Cette vertu sublime appartient donc à tous les âges, à toutes les positions ; et il serait bien malheureux pour nous tous, que notre âge doit nécessairement mettre dans une dépendance complète, de même que pour celui envers qui la fortune ne s'est pas montrée libérale, de ne pouvoir pratiquer le plus saint et le plus doux de tous les devoirs. Mais la charité toujours ingénieuse, sait trouver les moyens de soulager les infortunés indépendamment de l'or, et celui qui est véritablement charitable n'a besoin que de son cœur pour richesse. Pour nous convaincre de cette vérité, ouvrons les saintes Ecritures qui, remplies d'exemples de la charité bien entendue, nous prouvent à chaque page qu'elle ne consiste pas tant à faire aux malheureux des dons de valeur, qu'à répandre sur eux des soins et des consolations qui, donnés avec bouté, réussissent souvent .mieux que l'argent à adoucir leur misère.
Un enfant bon et humain trouvera toujours dans son cœur, quand il sera assez heureux pour en rencontrer l'occasion, les moyens d'être charitable. Los exemples de cela me manqueraient d'autant moins, que j'en trouverais plusieurs dans vos propres feuilles.
mon bon Génie; et ils m'ont assez fnippé pour que je pusse vous les rappeler, si cela n'était inutile. Se priver de ses plaisirs, quelquefois même de ses légers besoins, intercéder auprès de ses parents pour le malheur et l'infortune, voilà ce que peut toujours un enfant, quelle que soit sa position, et ce qu'il fera, s'il est digne de l'atnitié de son bon Génie, et des soins que cet ami si vrai consacre à nous rendre tous bons et sages.
Votre dévoué et reconnaissant petit ami,
Eugène Delisle, âgée de i3 ans et demi.
COMPOSITION
Qui a obtenu le Prix de la deuxième division.
Mon bon Génie, comme Dieu a fait de la charité un de ses commandements, il l'a mise à la portée de tous les âges; ainsi les enfants qui n'ont pas d'argent, peuvent l'exercer en se faisant des privations. Une de vos jeunes abonnées, qui est mon amie, à l'âge de cinq ans se privait tous les jours de sucre dans son café, afin de le conserver pour une pauvre femme qui était malade et à c[ui il en fallait pour ses infusions. Lorsqu'elle se promenait, elle ramassait soigneusement des fleurs pour sa tisanne. Elle n'en parlait à personne, et sa mère, qui s'en aperçut, en parla à une de mes tantes qui me l'a raconté.
On peut encore soulager les malheureux en leur portant des consolations; en leur montrant qu'on partage leurs peines; en leur rappelant que, s'ils supportent avec résignation leurs maux dans cette vie, ils seront récompensés dans l'autre.
Veuillez, mon bon Génie, etc.,
LÉONiE DuGuEYT, âgée de dix ans.
COMPOSITION
Qui a obtenu le premier accessit de la première division.
Oui sans doute, mon bon Génie, il est pour un enfant des moyens d'exercer la charité et de soulager les malheureux, même quand il n'a à disposer d'aucune somme d'argent. S'il a eu le bonheur de recevoir de l'éducation, il peut communiciucr à des enfants pauvres des connaissances appropriées à leurs besoins, et les mettre, par cette instruction, en état de gagner de bonne heure de quoi subvenir à leur indigence et à celle de leurs parents. Si malgré sa jeunesse, il a quelque crédit auprès du chef de quelque atelier, il peut l'intéresser en faveur des malheureux qu'il protège, pour procurer à ceux-ci des moyens de travail et d'existence; tâcher d'obtenir dans quelque
hospice des places pour de pauvres infirmes; travailler lui-même pendant ses récréations, et s'imposer des privations; enfin, rendre aux malheureux de petits services, leur porter des consolations, avoir pour eux cette bienveillance qui allège tant le poids de leurs peines. Il me semble et si naturel et si doux de compatir aux maux de celui qui souffre, que je crois impossible de ne pas trouver dans son cœur, suivant l'occasion, d'ingénieuses ressources pour le soulager. 11 faudrait pour cela être privé même de la sensibilité des aniinaux, témoin cet ours du duc de Lorraine, L(;opold, qui, nous avez-vous dit, accueillit dans sa loge un petit savoyard.
Recevez, mon bon Génie, etc.,
Aline Lofficial, âgée de i4 ans.
COMPOSITION
Qui a obtenu le premier accessit de la deuxième division.
Mon bon Génie, je crois qu'un enfant qui n'a pas d'argent peut secourir un malheureux.
J'ai vu une petite fille qui demeurait près de nous à la campagne, qui allait passer une partie de sa matinée chez une pauvre femme infirme et malade; elle lui rendait de petits services, et lui donnait ses médicaments, pendant que son mari et ses enfants allaient gagner de l'argent. Cette petite fille n'exerçait-elle pas la charité envers la pauvre malade?
En nous promenant, hier, sur la grande route, nous avons vu un pauvre homme qui venait de tomber sur le bord d'un fossé; son bâton venait de rouler dans ce fossé qui était profond, et il était bien embarrassé. Mon petit cousin courut dans le fossé, lui rapporta son bâton, et, avec la permission de sa maman, il reconduisit le pauvre homme jusqu'à sa maison qui n'était pas éloignée. Henri a rendu plus de services à cet homme, que s'il lui eût donné de l'argent.
Je pourrais encore vous parler, mon bon Génie, de ces intéressants enfants qui conduisent les aveugles dans les rues; mais il ne faut pas abuser de vos moments.
Recevez, mon bon Génie, etc.,
Henriette BAnADÈnE, âgée de 8 ans.
Plusieurs des lettres qui ont obtenu les autres accessit et les mentions honorables, contiennent des anecdotes intéressantes. Je me propose bien d'en faire lire an moins quehjues unes à mes jeunes amis; mais le défaut d'espace m'oblige à ajourner l'insertion de ces extraits, qui ne pourront trouver place que dans mon numéro prochain.
iMPRi.MEniE DE JULES DIDOT AlN'l';, nipniMtun ut- iioi ,
.lu r'mil-Jc-I.o.li. Il' C.
DlMANCIir, IQNOVE-.IB. 1826.
Le prix de l'abonnemenl csl.pourParis.dc 2 2friincs ^^ , , par an, el de 12 francs pour <^ <^'' six mois. Tour les dt [larlcoienis, de 24 fr^Tncs par an , et |3 francs pour six mois. f
iil'' ANNÉE. N" 29.
Bureau de l'abonnement, clifz Louis CoLiS, libraire, rue Daupliine, n° 32; et chez les principaux libraires et directeurs des postes des départements.
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