‹ Le Bon génie (volume 3)Chapitre 102 sur 169 · LA CAVERNE DE DUNMORE · texte numérisé non relu

LA CAVERNE DE DUNMORE

Depuis que je vous ai pailt;, dans mon avant dernier numéro, de ralbàtre et des slalactites, il m'est tombé sous la main une Relation anglaise, dans laquelle j'ai trouvé la description d'une grotte fort remarquable située en Irlande, dans le district de Kilkenny, et connue sous le nom de Caverne de Dunviore. J'ai pensé que cette description compléterait mon précédent article, et je vais, mes amis, vous en donner la traduction.

La caverne de Dunmore est située dans une belle plaine sur laquelle s'élèvent çà et là de petites collines. Le pays environnant est très abondant en pierres à chau.x et en beau marbre noir parsemé de coquilles blanches. L'ouverture de cette caverne a une largeur de quarante toises, et elle descend perpendiculairement, du sommet d'une colline jusqu'à une profondeur de trente toises. Les côtés de ce vaste puits sont des rochers de pierre calcaire, dans les fentes desquels croissent des arbres et des buissons de différentes espèces. Le voyageur curieu.x qui veut y descendre, doit marcher avec beaucoup de précaution ; mais il a , dans ce trajet, le divertissement de voir s'envoler du fond de la caverne une multitude de pigeons sauvages et d'autres oiseau.x, qui y font leur demeure. Arrivé au

bas du puits, un des côtés lui présente une arche na turelle de vingt-cinq toises de largeur, sous laquelle il entre, et où il ne tarde pas à rencontrer deux ouvertures souterraines, l'une à droite et l'autre à gauche. S'il s'engage dans la première, il marche sur des rochers et des pierres recouvertes de pétrifications ou de cristaux, et dont les formes sont irrégulières et bizarres. Ces pieries sont transparentes, susceplibles de recevoir un beau poli, et offrent une agréable variété de couleurs. Comme tout le terrain environnant est composé de pierre calcaire, il est probable que les stalactites suspendues à la voûte, et les concrétions qui couvrent le sol de la caverne, ne sont autre chose que des dépôts de particules calcaires, apportées par ks eaux qui filtrent jusque dans ces cavités. Les particules pierreuses déposées à la voûte donnent naissance à ces cônes qui en descendent, et celles qui sont déposées sur le sol produisent les concrétions irrégulières qui le recouvrent. Peu-à-peu celles-ci s'élèvent et rejoignent celles qui s'abaissent d'en haut. De là mille formes fantastiques auxquelles l'imagination achève de donner une certaine ressemblance avec des objets connus. On croit voir les piliers d'un ancien édifice en ruines, ou bien les tuyaux d'un jeu d'orgue, ou des figures grossières d'hommes, d'animaux, ou même des fantômes. Le spectateur pourrait encore se

croire transporté dans la gueule d'une immense béte fe'roce, qui lui présenterait des milliers de dents audessus de sa tête et autant sous ses pieds. Ce spectacle, en effet, est tout h-la-fois ravissant et terrible : les flambeaux, dont la lueur est affaiblie par l'humidité de l'air , n'éclairent que tout juste assez pour distinguer à demi ces fiyures étranges, sur lesquelles le gouttes d'eau brillent comme des paillettes d'argent. Tantôt la voûte s'élève jusqu'à vingt toises, tantôt il faut presque se coucher pour passer un à un sous de j>etits défilés où il semble qu'on va être écrasé.

Après avoir parcouru cette partie de la caverne dans une étendue de doo toises environ, nous revînmes à l'entrée, pour pénétrer par l'autre ouverture que nous avions laissée sur la gauche. Ici nos guides nous avertirent que le souterrain se divisait en un grand nombre de ramifications. Nous attachâmes à l'entrée un peloton de ficelle, que nous déroulâmes en avançant, afin de retrouver plus sûrement notre chemin pour le retour. Ce côté de la caverne est moins uni que l'autre; il va en descendant; les ouvertures en sont beaucoup plus grandes, et ont, dans quelques endroits , au moins cent toises de largeur et plus de cinquante de hauteur. Un petit ruisseau qui y serpente, forme, de distance en distance, des cascades où l'eau tombe avec un bruit dont l'effet est bien en harmonie avec la nature du lieu. A-peu-près h un quart de mille de l'enlrée, nous trouvâmes, dans une espèce de bassin formé par ce ruisseau, des ossements humains; et nous jugeâmes, d'après leur nombre, qu'ils avaient appartenu à une centaine, au moins, d'individus de notre espèce. Quelques uns de ces ossements étaient d'une grande taille; mais à peine les eûmes-nous retirés de l'eau, qu'ils tombèrent en poussière. Nous cherchâmes vainement quelque inscription qui aurait pu nous donner des indices sur les personnes dont nous venions de découvrir les restes; et comme elles n'avaient pu être ensevelies dans un lieu où il n'y a que des rochers et pas un grain de terre, nous conjecturâmes que ces ossements pouvaient provenir d'infortunés qui se seraient réfugiés dans cette caverne, pour échapper aux horreurs de (juelqu'une de nos guerres civiles. Les traditions transmises de père en fils dans le pays ne jettent au reste aucun jonr sur ce mystère. Une grande partie des rochers dont ce côté de la caverne est hérissé, sont composés d'un b;au rearbre noir tout parsemé de points blancs qui offrent la forme de coquillages(i). On trouve aussi, dans les environs, des blocs de ce même marbre qui reçoit un beau poli et qui est em|)loyé, dans les trois royaumes, à faire des tables et des chambranles de cheminées.

A^'ECDOTES

(i) J'aurai l,i,.nlot ruccasion de vous expliquer ce que uni CCS ci,r|uilla;;cs qu'un trouve dans cerlains maibres.

Extraites de plusieurs lettres qui ont obtenu des accessit ou des mentions honorables, dans le dernier concours ouvert par le bon Génie.

J ai imprimé, dans mon précédent numéro, les lettres qui ont obtenu les prix et les premiers accessit. Parmi celles qui ont moins approché du prix, parce qu'elles ne répondaient pas d'une manière assez précise à la question, il en est qui contiennent des anecdotes intéressantes. Je vais en reproduire quelques unes, ainsi que je m'y suis engagé en terminant ma feuille de dimanche dernier. Le choix que j'en ferai n'aura aucun rapport avec l'ordre daiis lequel ces lettres ont été placées par le mérite de leur emsemble. 11 ne s'agit plus aujourd'hui de donner des places, mais seulement de ce qui peut offrir le plus d'intérêt à mes jeunes lecteurs.

li Cécile G.... et sa bonne sortaient un join- pour la promenade. A peine avaient-elles fait quelques pas, qu'elles voient devant elles un attroupement considérable se former. Elles approchent : une femme, jeune encore, tenant dans ses bras deux petites filles, était étendue sans connaissance sur le pavé; la pâleur de sa figure annonçait assez que la malheureuse succombait à la faim. Des curieux, des indifférents se pressaient autour d'elle; les voisins et les voisines discouraient, faisaient des conjectures. Cécile n'a pas perdu de temps; elle est entrée chez la portière d'une maison oii elle va souvent; elle s'y est procuré quelque boisson fortifiante; elle perce la foide, et court prodiguer ses soins à l'infortunée qui allait périr. Celle-ci se ranime, jette sur sa bienfaitrice un regard où se peignent la reconnaissance et l'admiration , et serre ses enfants contre son cœur. C'est un Ange descendu du ciel, qui les lui rend.

Il Cécile avait obéi au premier mouvement d'un bon cœur; cent autres auraient fait comme elle: mais la constance dans le bien est plus difficile et plus rare. Il ne lui suffit pas d'avoir prolongé de quelques heures l'existence d'une malheureuse famille, elle veut lui assurer le pain du lendemain. Le bonheur qu'elle a goûté révèle à son âme généreuse de nouvelles jouissances, de nouveaux devoirs. Elle suit les infortunées qu'elle vient de sauver, jusqu'en leur demeure. Quel spectacle! Dans un grenier à peine éclairé par une lucarne, une mauvaise table, un lit sans draps, imechaise, voilà ce qu'elles possèdent. Un vieux ruban rouge est cloué sur le mur; c'est tout ce que leur a laissé un époux, un père mort au champ d'honneur. Ce ne sont point de vaines consolations qu'il leur faut: Cécile les quitte, et bientôt elle est de retour avec des

provisions pour la journée. Mais comment subvenir aux besoins de la famille que Cécile adopte? Sans doute sa mère ne lui refusera rien; mais elle veut, dans une bonne œuvre, ne point céder le premier rôle. Elle a pourvu aux premières dépenses, en vendant quelques petits bijoux, quelques aunes de ruban qu'on lui a données le jour de sa fête. Ses ressources sont bien bornées, et les besoins de la pauvre veuve renaissent sans cesse. Cécile qui, jusqu'alors, avait eu peu de yoùt pour le travail, sent bien que c'est à lui seul qu elle doit avoir recours. Elle travaille donc du matin au soir. Tout ce que sa mère destine à son entretien, en fait d'étoffes, elle réclame le droit de le confectionner elle-même : elle sera moins élégante peut-être; mais le salaire de son aiguille, elle le consacrera au soulagement du mallieur.Elle a déjà trouvé, dans sa garde-robe, de quoi babiller les deux pauvres petites filles; et elle n'a pas eu de peine à procurer à leur malheureuse mère de l'ouvrage dans sa famille.

Depuis quelque temps, Cécile ne connaissait plus qu'un plaisir, Je travail; tout chez elle se raportait à un seul objat; le bien-être de la famille indigente était devenu son idée fixe. M. et M°' G.... favorisaient en secret le plan que leur fille s'était tracé, sans paraître s'y intéresser particulièrement. Cécile s'était peu à peu imposé beaucoup de privations. A ses repas, lui donnait-on quelque beau fruit, quelque friandise, vite elle courait au grenier de la veuve. Cécile avait deux amies qui avaient acquis sur le piano un talent remarquable; elle-même s'accompagnait assez bien sur la guitare. Elle eut l'idée de donner un petit concert au profit de ses pauvres; ses jeunes amies se prêtèrent de la meilleure grâce du monde à ce projet, et M. G.... voulut bien permettre que le concert eût lieu chez lui. Toutes les personnes de sa connaissance furent invitées; on connaissait le motif de cette réunion; elle produisit une somme assez forte. Cécile chanta la romance de la petite Mendiante ; elle mit tant d'expression dans son chant, que tout le monde fut attendri jusqu'aux larmes.

1' La fête de M"' G.... approchait; M. G.... voulut la célébrer en réunissant chez lui quelques jeunes personnes pour danser. Le bal fut charmant; les danseuses s'y firent remarquer par les plus jolies robes, les coiffures les plus élégantes, les toilettes les plus fraiclies. Cécile avait une mise très simple, point de fleurs sur sa tète, une robe blanche sans garniture. Pendant le bal, une idée se présente soudain à son esprit; elle court vers sa mère et lui demande la permission de faire une quête pour la veuve du soldat. M"' G.... connaissait assez toutes les personnes qu'elle recevait chez elle, pour ne pas craindre d'être indiscrète en accordant à sa fille ce qu'elle demandait. "Viens, ma chère Cécile, lui dit-elle, que je te presse

«contre mon cœur; viens, chère enfant, je veux il joindre mes prières aux tiennes. » M"" G.... prend sa fille par la main, et de toute part on verse l'argent dans la corbeille de Cécile. Cécile était au comble de la joie; elle voyait le sort de la pauvre famille assuré désormais. Elle plaça les deux petites filles en apprentissage. Aujourd'hui, leur travail suffit à leur subsistance et à celle de leur mère; elles peuvent même rendre aux malheureux une portion des bienfaits

qu'elles ont reçus de Cécile G C'est ainsi que les

bonnes actions fructifient, et que l'exemple des vertus ne se perd jamais.

u Rosalie ***, à Orléans, n

i. J'ai lu, dans les Petits Béarnais, l'histoire d'une petite fille dont la mère était très pauvre. Cette petite fille était la première servante de la maison. Un jour, deux jeunes personnes qui habitaient son voisinage vinrent la voir; elles la trouvèrent montrant à lire à deux ou trois petites filles du village. Quand les écolières furent parties, la petite institutrice dit aux jeunes personnes qui la visitaient: « Je n'ai pas d'argent "à donner, mais je donne à ces pauvres enfants ce <i que je possède; je leur fais part de l'instruction que «j'ai reçue, et je m'acquitte ainsi de l'obligation de « faire l'aumône. "

« Célinie de B , à Caen. »

«Pendant le rude hiver de l'année 1789, un maçon nommé Durand, demeurait dans une maison isolée, aux environs de Paris. Un jour son fils, en samusant à glisser sur la glace, son déjeuner à la main, aperçut, étendus sur la neige, un pauvre aveugle et son chien. Ils étaient presque morts de faim, et l'aveugle n'avait pas la foi'ce de demander l'aumône. L'enfant lui fait manger son déjeuner, va chez son père, demande deux sous et avec cette somme achète un pain, reconduit l'aveugle à Paris, et ne l'abandonne qu'après l'avoir installé sur une place où il passait beaucoup de monde qui pouvait le soulager.

« Albert Patersi, à Paris. •>

«Bernardin de Saint-Pierre raconte qu'il trouva un jour, dans le parc de Marly, deux petites filles bien mises qui ramassaient du bois sec qu'elles mettaient dans une botte, tandis qu'un petit garçon mal vêtu et fort maigre mangeait un morceau de pain avec beaucoup d'appétit. Il leur demanda ce qu'elles voulaient faire de ce bois. Elles lui répondirent que c'était pour le petit garçon; qu'il avait une belle-mère qui le battait quand il u'en rapportait pas, et que souvent.

( iiG

quand il Gti ramassait, le Suisse le lui ôtait à la porte. Il Et comme il avait faim , ajouta la plus fjrande, nous «lui avons donné notre déjeuner." La hotte était pleine; elle la plaça, aidée de sa compagne, sur le dos du petit garron, puis elle courut à l'entrée du parc, pour voir si on le laisserait passer.

Il Amélie W...., à Corbeil. "

Il Mon frère avait à-peu-près six ans; Maman était

allée le chercher à la pension de M. M , où il était

externe. On lui donnait tous les jours quelques sous pour son déjeuner; il en donnait un à un malheureux qu'il appelait son pauvre, et qui se trouvait sur son chemin. Maman lui acheta un gâteau, en lui disant: Il Voyons si tu pourras le garder jusqu'à la maison. » Il le léchait, mais ne voulait pas le manger. Il se passa quelque temps sans que Maman fit attention h lui. En arrivant, ne lui voyant plus son gâteau, elle lui dit: Il Je vols que tu as été gourmand, car tu as mangé ton gâteau, u Mon frère répondit qu'il ne l'avait pas mangé. On lui demanda ce qu'il en avait fait: il répondit que son pauvre étant venu lui demander l'aumône, il lui avait donné son gâteau, ayant tout dépensé le matin. Maman l'embrassa et lui dit qu'il avait très bien fait.

Il Sophie ***, à Paris. »

Il Je me trouve, dans ce moment-ci, dans une position bien heureuse, car il y a dans notre maison une petite fille à qui j'ai le bonheur de faire du bien. Cette pauvre petite, le soir, est dans le jardin ou dans la cour, toute seule, et ayant bien froid. Sa mère gagne cependant un peu d'argent en travaillant en journée. Mais elle ne peut pas, quand elle est revenue de l'école où Maman l'a placée externe, être soignée par sa mère , dont la journée finit beaucoup trop tard. Je l'amène tous les soirs dans la chambre, où elle se réchauffe et s'amuse avec mes affaires.

Il CÉCILE DE V , à Paris. »

«Un jour nous nous promenions, avec ma bonne amie, Hélène; nous rencontrâmes une vieille femme qui marchait avec peine et paraissait souffrir beaucoup. Hélène s'arrêta et interrogea la vieille sur ses maux. liUe répondit ([u'elle avait la goutte qui la faisait rruellement souffrir, et qu'étant obligée de travailler à la terre pour vivre, souvent elle était forcée de s'asseoir toute la journée dans les champs, sans pouvoir faire un mouvement. Hélène l'écoutait

d'un air d'intérêt, et lui donna quelques consolations puisées dans la religion; enfin en partant, elle lui dit : Il Ah! pauvre femme, que je vous plains! et que Il je voudrais pouvoir vous soulager! » Elle prononça ces mots d'un ton si vraiment peiné, que la pauvre femme en parut toute consolée.

Il J'étais restée derrière, etj'ai cru entendre la vieille, bénir l'ange de bonté qui était venu la consoler. « Louise D , à Paris. »

Puisque vous répondez avec tant de zèle et d'empressement à mes questions, je dois penser, mes bons amis, qu'elles vous sont toujours agréables; je vais donc continuer de vous en proposer. Nous allons recommencer un nouveau semestre, au terme duquel il sera donné un prix pour les meilleures réponses qui m'auront été faites durant cette période. J'invite tous mes jeunes lecteurs à y concourir; qu'ils ne craignent pas de multiplier ma correspondance; plus je recevrai de lettres, plus je serai content.

Je n'ai point oublié la demande qu'on m'a faite de )iroposer chaque fois deux questions, dont l'une soit plus spécialement à la portée de mes plus jeunes correspondants. Je commencerai donc dès aujourd'hui. Mes petits amis ne pourront plus me dire que la question est trop forte pour eux ; j'espère qu'alors rien ne les empêchera de m'écrire, et qu'ils y seront un i peu déterminés aussi par la pensée de me faire plaisir.

Voici d'abord la question principale, à laquelle pourront répondre tous ceux de mes lecteurs qui le voudront, petits ou grands:

Qu'est-ce que la vanité? ji quels inconvénients e.rpeset-clle celui qui y est enclin?

Voici la seconde, à laquelle ne pourront répondre que ceux de mes correspondants qui n'ont pas accompli leur onzième année:

Quellr est ta première chose à faire, quand on a eu le malheur de commettre une faute?

J'attendrai les réponses dans le délai de oc jour au dimanche lo décembre prochain, et je réitère à mes lecteurs la prière de ne pas dépasser ce terme, après lequel j'aurais le regret de ne pouvoir admettre leurs lettres h concourir. Je les prie aussi de vouloir bieu continuer d'indiquer leur âge au-dessous de leur signature.

iMPniMEniE nr J11LE.S DIDOT AÎNÉ, nirniMian nu KOi .

du l'om-de-Lodi , n" G.

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DiMANcrir, 2S.>

Le prix de l'abonnemen est , pour Paris , de 2 2 fram par an, el de il francs pou six mois. Pour les dt-))ara meais, de 24 francs par an et i3 francs pour six mois

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Bureau de rahonneineni, clu'z Loi'is Colas, lil)raire, rue Daupliine. n^ 32; et cliez les principaux liliraires cl directeurs des postes des dépanemeatâ.

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