HYMNE
Heureux celui qui sait prier!
Heureux celui dont la jeune âme.
Brûlant d'une céleste flamme, S'élève vers son Dieu pour le glorifier !
Quand l'astre du matin ramène la lumière, J'admire son éclat, je bénis son retour , Et le front incliné, j'adresse ma prière Au créateur du jour.
Lorsque l'ombre descend du sommet des montagnes,
Quand le doux astre qui la suit D'un bleuâtre reflet colore nos campagnes,
J'adore l'auteur de la nuit.
Qu'il est grand, qu'il est bon, le Dieu qui fit le monde, Le Dieu qui fut mon créateur.
Qui daigne parler à mon cœur Et permet que je lui réponde !
De quels maux puis-je être accablé , Lorsque je sens qu'il entend ma prière?
Est-il quelque douleur amère Dont , en priant , je ne sois consolé?
Quels plaisirs pourraient me séduire S'ils offensaient ce Dieu si bon ?
Avec un cœur rebelle a son divin empire. Osera is-je invoquer son nom?
Oh ! oui , je l'oserais encore !
Ses bras sont ceux d'un père, ouverts au repentir,
Et le coupable qui l'implore Est un fils égaré qui veut lui revenir.
Et quand ce fils se prosterne et supplie. Le chœur des chérubins se met à l'unisson : «Voyez! dit-il, le pécheur prie; 11 Entonnons l'hymne du pardon."
Don sublime! Douce prière !
Toi qui te fais entendre à toute heure, en tous lieux:
Lien du ciel avec la terre, Quelle âme ne connaît ton charme précieux?
<^u'es-tu, sinon la voix de l'innocence. Le regard du pécheur élevé vers les cieux, Le cri de la reconnaissance, Ou le soupir du malheureux?
VARIETES
Une de mes jeunes lectrices, élève de la maison royale des Loges, et dont le nom a figuré plusieurs fois dans ma correspondance, vient de donner un exemple de résignation et de fermeté, que je suis empressé d'offrir à mes autres jeunes amis et amies. Après avoir souffert depuis plusieurs mois d'un mal de gorge qui avait résisté à tous les remèdes ordinaires, il a été décidé qu'une opération était indispensable. Cette jeune personne n'a point hésité à s'y soumettre; son courage n'a pas été ébranlé par les préparatifs un peu effrayants d'une opération dans l'intérieur de la gorge; elle s'est présentée avec fermeté au fer du chirurgien, et elle a conservé même assez de sang-froid pour éviter toute démonstration de crainte ou de douleur qui eût ajouté aux inquiétudes et aux angoises de son père, présent à cette pénible cérémonie. Je nie fais un plaisir de féliciter mademoiselle Léonie de cette honorable conduite, et je me réjouis sincèrement de ce que les suites de l'opération ont été aussi heureuses qu'on pouvait le désirer.
■ — Une de mes abonnées qui, à en juger par sa correspondance, doit être une fort intéressante enfant, m'annonce qu'elle va faire un voyage, et me demande la permission de me faire part de ce qu'elle observera. Je la prie de croire que je recevrai avec beaucoup de plaisir ses communications; et je profite de cette circonstance pour rappeler, à tous mes lecteurs, l'invitation que je leur ai déjà faite, de me mettre dans la confidence de leurs impressions, lorsqu'ils auront vu ou appris quelque chose qui les aura particulièrement intéressés.
— Un autre de mes correspondants me prie de lui faire connaître quelques livres convenables à son âge. C'est une chose que je fais de temps en temps, et à laquelle je ne manquerai point, chaque fois que je rencontrerai un ouvrage qui me paraîtra mériter toutà-fait cette recommandation. Si cela n'arrive pas aussi souvent que mes jeunes amis pourraient le désirer, je les prie de ne point m'accuser de né{»ligence à cet égard, et de voir seulement, dans la réserve que je mets à faire de semblables annonces, une preuve des scrupules que j'apporte dans tout ce qui a quelque importance pour eux.
AVIS. — Ceux de nos souscripteurs de qui l'abonnement date du i" avril 182?) pour un an, ou du i" octobre 182ÎÎ pour six mois, sont invités à le faire renouveler avant le dimanche, 2 avril prochain , afin de ne pas éprouver d'interruption dans lenvoi du Journal.
iMPiiiMEniE DE JULE.S DIDOT AÎNÉ, iMPniMFxn t>v iioi
du Pom-ac-Lodi , n" G.
Le prix de l'abonnemeni c«, pour Paris, de 22 franco par an , et de 12 francs [mur six mois. Pour les dtparieoienis, de a4 francs par *' et i3 francs pour sr ^°'
ir ANNÉE. N'i {
Bureau de ruttonuement cliez Louis Colas, libraire, rue Daupliine, n® .^2; tt chez les principaux libraires ei direcieurs des poslcs des départeuicui;.
3 Q. If 11144 lis llî4llïâ..
CORRESPONDANCE
RÉPONSES AUX DERNIÈRES QUESTIONS DU BON GÉNIE
J'avais craint un moment que mes questions n'eussent paru cette fois un peu difficiles à mes lecteurs, ou qu'un certain nombre d'entre eux ne se fussent pas sentis suffisamment inspirés pour me parler de la patience: mais j'ai été bien détrompé par la masse de lettres qui me sont arrivées cette semaine, et si j'ai à me plamdre de quelque chose, c'est seulement de ne pouToir faire participer tout le monde au plaisir que
J a. éprouve en dépouillant celte jolie correspondance. Je voudrais que mon journal fut aujourd'hui aussi grand que le Moniteur, afin d'y faire entrer toutes celles de ces lettres auxquelles je regrette de ne pouvoir donner place dans ma petite feuille. Je dois prévenir du moins que la plupart de celles dont je donnera, des extraits, et plusieurs de celles qui seront mentionnées auraient été Jues en entier avec plaisir s > m eût été possible de les imprimer. Je n'ai pu cette rm. ta.re a distinction que j'ai coutume d'établir entre les plus avancés et les plus jeunes de mes correspondants, parce que les réponses de ces derniers, quoique fort intéressantes dans quelques panies, n
SéraTr .' 'T ""^ '^°'"P'«^-^' « P'--ntenten gênerai trop de lacunes. Ils se dédomrnageront sur
d'autres questions, et jeprendrai soin deleur en offrir le moyen.
Parmi toutes les lettres que j'aurais voulu imprimer, j'ai dii me borner à en choisir trois qui m'ont paru remarquables jiarticulièrement, l'une par l'exactitude des définitions, l'autre par le style, et la troisième par l'originalité de la pensée. La première est de mademoiselle Blanche R..., la seconde, de mademoiselle Marqnerite L , et la dernière de mademoiselle Ariane de C...
On se rappelle que les questions étaient celles-ci : Qu'est-ce que la patience? Y a-t-il plusieurs sortes de patience? Quelles sont-elles? Quels sont les avantages qui résultent de la patience pour soi-même et pour autrui?
Voici les réponses:
«Je crois, mon bon Génie, que la qualité dont vous nous demandez la définition cette fois-ri est une de celles que nous nous trouvons le plus souvent à même d'exercer, et qu'elle est, si je puis m'cxprimer ainsi, une vertu quotidienne, je veux dire de tous les jours, de tous les instants.
11 La patience consiste en général à supporter avec calme, sans humeur, sans se plaindre, les contrariétés et les peines auxquelles l'on est exposé; mais elle se modifie et pourrait même changer de nom, suivant
les circonstances dans lesquelles o.. i"?«iploie. Ainsi, par exemple, la patienceqa il nous faut pourpersister dans un travail long et difficile, dans une étude pénible, celle qui nous est nécessaire pour surmonter des obstacles, pour parvenir à les vaincre, pourrait être appelée de la persévérance.
« Celle dont nous avons besoin pour vivre avec des personnes d'un caractère difficile ou désa[fréable, pour supporter patiemment les caprices, l'humeur, les reproches, est réellement de la bonté, de la douceur.
« Celle enfin qui nous porte à nous soumettre sans murmures aux malheurs que la Providence nous envoie, celle qui nous apprend à les supporter avec fermeté, avec courage, devient une véritable vertu sous le nom de rés'njnation.
"Les avantages qui résultent, pour nous et pour les autres, de cette qualité sont faciles à reconnaître. Chaque fois que nous portons dans nos études de la patience, et par conséquent de l'attention, nous en profitons davantage, nous y réussissons mieux, et les difficultés s'applanissent. Ceux qui nous enseignent éprouvent aussi moins de peine et de fatigue à nous instruire.
« Lorsque la patience nous inspire une bonté constante et soutenue, lorsqu'elle nous donne un caractère égal et doux, elle rend nos relations plus faciles, elle entretient l'union et la paix dans la société, et nous obtient l'amitié de ceux qui nous entourent.
« En nous laissant la force et le courage dans le malheur, la patience en diminue souvent l'amertume et nous donne le sang-froid et les moyens nécessaires pour y remédier.
ic L'histoire de France nous offre un véritable modèle de patience dans Robert, fils de Hugues Capet, roi de France. Il supporta avec une résignation parfaite les tracasseries continuelles de sa femme Constance, et c'est en partie par l'exercice de cette vertu qu'il mérita d'être sanctifié. Il la poussa si loin, qu'on dit encore aujourd'hui, pour désigner un maii patient: C est un vrai Robert.
" Quoi que vous en disiez, mon bon Génie, je crains vraiment d'avoir, par une si longue lettre, abusé de votre patience; veuillez m'excuser et nie permettre de vous réitérer l'expression de mon bien sincère attachement. » Blanche R n
" Mon bon Génie, la patience est une vertu qui nous aide à supporter d'un esprit tranquille les maux qui nous surviennent. Cette vertu, d'autant plus belle qu'elle est plus rare, d'autant plus louable qu'elle est plus difficile à atteindre, semble être la qualité la plus précieuse de Ihomme sage.
■i Ainsi nous voyons Job, assailli par tous les maux à-la-fois, passant de l'exlrêtne opulence à rextréme
pauvreté, frappé dans ce qu'il a de plus cher, poursuivi enfin par des malheurs dont une simple partie suffirait pour accabler un homme ordinaire; nous le ! voyons, dls-je, tranquille et inaltérable, se résigner \ au sort qui le poursuit, bénir le Seigneur dont la main s'appesantit sur lui. Ainsi, dans l'histoire profane, Socrate oppose le calme de la résignation aux -. injures de ses accusateurs, et sa douce tranquillité ar.— l^g des larmes à l'esclave qui lui apporte le poi- ■ '"■■ ■ s il est permis de citer un nom plus sacré,
Jésus-Christ b..V,„t^„^^,,,;^ J^ ,i^ ,^ ^^,;^^ ^,^^^^^
tume, a voulu montrer aux- -...^nies, pour les encourager et les consoler, qu'un deV. ictères de la Divinité est la patience. '
Il II me semble que l'on peut définiriez différentes sortes de patience de la manière suivante. ,o (,gj]g qui consiste à souffrir sans se plaindre les rev.rs de la fortune; 2°, celle qui consiste à ne pas se lai»,g|. vaincre par les difficultés; 3", enfin, celle qui consiste à savoir supporter la douleur, les contraàiciions et les autres désagréments, compagnons ordinaires de la vie et de la société.
" Si je voulais énumérer tous les avantages qui résultent de cette vertu , il me faudrait trop d'espace, et à vous, mon bon Génie, trop de patience et de temps à perdre pour me lire. Que sont les adversités pour celui qui les envisage d'un œil tranquille? La privation de quelques douceurs dont il saura se passer, en songeant que tant d'autres partagent son sort. L'homme patient maîtrise la fortune; l'homme faible est dominé par elle. Il faut choisir: le malheur triomphera de vous, si vous ne triomphez de lui. Celui qui gémit sans cesse des maux qu'il ne peut réparer devient à charge aux autres comme à lui-même. Celui qui ne se plaint pas sera plaint; on le consolera parce qu'on l'admirera; et lorsqu'on le verra s'avancer avec fermeté au milieu des malheurs qui fondent sur lui, chacun se dira qu'il ne les a pas mérités.
«Recevez, mon bon Génie, l'assurance de mon sincère attachement. " Marguerite L >i
il Mon l)on Génie, la patience est une vertu qui fait supporter les malheurs de cette vie. J'étendrai uu peu plus cette définition en parlant de ses différentes sortes.
Il Je crois pouvoir la diviser en deux espèces bien distinctes, quoiqu'il y en ait beaucoup d'autres; la patience stoïque et la patience chrétienne.
«La patience stoique était celle des anciens; ils supportaient leurs afflictions ou leurs maladies sans laisser échapper un mot de plainte; souvent ils se créaient des alllictions et des douleurs inutiles. Cette espèce de patience ne me semble pas la plus louable, puisqu'elle n'est pas la plus utile.
„ La patience chrdtienne supporte tout, an.niee par l'idée que Dieu ne nous envoie des chagrins que pour nous ei>rouver ou nous punir, et que, dans ces deux cas c'est toujours pour notre bien. Celui qui possède cette précieuse vertu ne se donne pas à lui-même des épreuves, car il se défie de ses propres forces.
» La patience adoucit beaucoup nos souffrance^ en nous portant à chercher leur utilité, et loisqu'o; s'irrite, lorsqu'on se révolte contre le malheur, û not parait toujours plus grand qu'il ne Test en eff^-Cori. que les autres nous voient souffrir avec pnience, ils s'intéressent doublement à flatre sor»^ ^^otre patience.^, leur évite bien des ennuis, c'«t pourquoi ils noussoignent ou nous consol-' a^ec plus de plaisir.
«Voilà ce que jej>-ise, mon bon Génie, de cette vertu qui n'est — * '"oins utile aux enfants dans leurs rapports en»-' '^"-'') qu'aux hommes dans Ja grande
société . r^ . ■
jt"'-' Il Adieu, mon bon Oenie, etc.
11 Ari.wne de C... I) (à Genève.)
Je vais consacrer le plus d'espace possible aux extraits de différentes lettres (jue je regrette de ne pouvoir donner en entier:
7 «On aiiae, on plaint, on approuve l'homme qui sait souffrir les maux et les contrariétés de la vie avec patience et sans se plaindre, parce qu'il n'est à charge à personne. On est sur-tout aimé de ses inférieurs, lorsqu'on est patient et doux à leur égard, et on y trouve le double avantage d'être servi par eux avec plus de zèle et de les rendre plus heureux. » (M. Eugène Delisle; à Périgueux. )
« Cette vertu embellit sjotre cœar, parce quelle nous fait supporter avec bonté et indulgence les défauts et les torts d'autrui, et respecter -leurs infirmités. Cet avantage de la patience doit en être également un pour celui envers qui elle s'exerce, parce que tout le monde a besoin d'indulgence, et je sais par expérience combien il est heureux d'en rencontrer. » (M"° Cateau C....; à Maéstricht. )
« La patience est une amie qui ne se montre jamais dans la prospérité, mais qui ne manque pas d'offrir son secours dans l'infortune. )i (M"" Paittine de R....; à Metz. )
«Les gens patients sont pour les autres la société la plus douce et la plus aimable, puisqu'ils n'exigent rien et savent tout supporter. » (M"' ***; à Versailles.)
« C'est un grand avantage d'avoir auprès de nous une personne patiente qui sache modérer notre caractère. I. {M"' Sophie Ch )
« Quand je vois une personne qui supporte avec patience ses souffrances ou le caractère désagréable
de ceux uvec^ui die vit, je ne peux me défendre d'éprouver pQr elle un sentiment d'intérêt et d'affection. " ['if' Ariane S. de C....; à Genève.)
<i Ce par la patience que Fabius triompha d'Anlibal ûi avait détruit tant de légions romaines; en «chat, attendre, ce sage général obtint des vicûijs que n'avait pu remporter la valeur. Souvent ussi la patience nous élève jusqu'au courage le plus léroïque: ainsi Guatimozin, empereur du Mexique, étendu sur des charbons ardents, insultait à ses bourreaux qui ajoutaient à la soif du sang l'insatiable soif de l'or- " i^^"' CaivUne L.^.)
I A\'ec la patience on parvient presque toujours à réussir dans tout ce qu'on entreprend; sans elle on ne vien! à bout de rien; et comme l'a dit notre bon ami La Fontaine,
c Patience et longueur de temps Il Font plus que force ni que rage. »
(M"' Jmjusta de F....; à Rennes.)
II La patience nous empêche de nous venger, et souvent même cette vertu va jusqu'à nous concilier l'estime et l'affection de ceux qui naguère étaient nos ennemis. M (M. Adolphe Bertot ; à Haguenau. )
« Je regarde la patience comme la compagnie inséparable de la bonté; il me semble qu'on ne peut pas être patient et méchant. » {M"' Adèle D )
<i La patience est douce et indulgente pour autrui; elle ne.yoit les fautes des autres que pour les corriger. » M"' Louise F....; à Grenoble.)
Il Je crois qu'il n'y a qu'une sorte de patience, mais qui s'applique à plusieurs choses. Ainsi plusieurs personnes peuvent ne pas avoir la patience d'achever un ouvrage iju'elles auraient commencé, et cependant souffrir avec patience les défauts des autres.» (M"° EniestineP ; à Montataire.)
u Deux sortes de patience me paraissent assez distinctes: il en est une qui naît de l'élévation des sentiments et de la fermeté de l'âme. C'est celle-là qui me fera supporter avec résignation les plus grands revers plutôt que dem'avilir. L'autre sorte de patience vient de la religion; elle est préférable, parce qu'elle sort d'une source plus pure et qu'elle n'a pas, comme la première, la fierté pour soutien; au contraire, elle doit être humble. Cependant elle est soutenue, animée par la religion qui lui présente une couronne. " (M"' Eugénie H.....; à Châtillon-sur-Seine. )
Je suis obligé de me borner à mentionner honorablement les lettres de ceux de mes correspondants dont les noms suivent :
M"" Caliste B ...; M"' Augustine, au Lude; M"' Del-
phine F...., h Vienne; M"' JUne L à naug^; M""^
Léonie D..., à Lyon; M"" E. et Anv'die (*f, h Nancy; M"' Clémence de F...; M"" Victorine et 'Jexandriue P...., à Rouen; MM. Gabriel, Ernest etPolcErceviUr; M"' Louise D...., a Saint-Brieiix ; M. J. Pateri M. Ambroise Beauchef, à La Flèche; M. Fortuné Boinull , à-- Privas ; M""' Cécile et Lucie Je P.... ; M"' Sophie JiG.... ; M.. Jules Guérin. . ^ ..
EXPLICATION DE LA DERNIÈRE CHARADE
Le mot de ma dernière charade est Cassel , dans lequel on trouve cas et sel. Il a été deviné par im grand nombre de mes lecteurs. En voici l'explication quj j'emprunte à trois des lettres que j'ai reçues à ce sujet.
Il La première syllabe est cas, qui marque une circonstance heureuse ou malheureuse. Par exemple," mon bon Génie, c'est un cas fort heureux pour moi que d'être assez grande pour pouvoir profiter de vos bons conseils, et d'avoir le plaisir de répondre à vos
intéressantes questions.» (M"' Alexandrine de L ;
au château de Dobcrt. )
u Le sel est une substance minérale qui sert à assaisonner nos mets. Pris au figuré, il signifie ce qu'il y a de piquant et d'original dans la conversation et dans les écrits.
II Je ne répéterai pas, inon bon Génie, les explications que vous avez eu la bonté de nous donner sur le sel. Permettez-moi seulement d'ajouter que, près de Cardona, en Catalogne, on remarque u» roclier de sel massif, de quatre à cinq cents pieds d'élévation et d'une lieue de circuit. On y taille des statues, des croix, des vases et des bijoux transparents comme du cristal. On m'a donné dernièrement un coquetier et une boite qui proviennent de cette mine. » (M"' Blanche R....)
uCassel, ville capitale de la Hesse électorale, en Allemagne, est située au confluent du Diemel et de la Fulde. Elle se divise en trois parties: ville vieille, ville neuve haute et ville neuve basse. La vieille ville et la ville neuve basse sont anciennes et mal bâties; la ville neuve haute est maintenant appelée ville française; ce furent les Français émigrés qui la bâtirent. Ainsi les malheurs d'un peuple tournent souvent au profit d'un autre; ainsi les Grecs, chassés des rives du Bosphore, apportèrent dans l'Europe barbare leurs connaissances et leurs lumières. Cette ville neuve a de belles places, de beaux édifices, des rues inagnifu\\\es et d'une très jjrande propreté. Cassel est située iur le penchant d'une montagne assez haute, couverte de bois; l'air y est très sain, et ses environs sont char-
mants. Il y a, dans cette ville, une église et un Ikii)!tal fondés par des Français.
" Il y a encore deux villes de ce même nom; l'une
en France, est une jolie ville dans le département du
Nord; et l'autre, encore en Allemagne, sur le Rhin,
d^ans le cercle de Maycnce, qui fait partie du grand
\ duché de liesse. .. (M"' Mnnjuerite L )
. Des explications fort satisfaisantes de cette charade n^ont ete données aussi par ceux de mes correspondants lî^ie je vais mentionner :
M"' Sophie^....; M"- Aucjnsta de V , à Rennes;
M"" Aline L , à b„,pfé; M"" E... et Anxélie G...., à
Nancy; M'" Fictorine P.... ,,, u^uen; M'" Clémence de F.....; M. Fortuné Boucaull,. privas; M"' Auijmtine ,
au Lude; M"" Elise L , à Chànion; M. Adolphe
Berlot, à Ilaguenau; M"" ***, à Versallo,.
Je n'ai pu placer nulle part la mention d'un>.lettre J en prose et en vers sur la question relative à la pà ^ tience et sur le mot de la charade. J'aurais mieux' aimé que mon jeune correspondant m'eût écrit tout i simplement en prose, car je ne doute pas qu'alors il ne m'eût procuré le plaisir de pouvoir donner au moins un extrait de sa lettre.