‹ Le Bon génie (volume 3)Chapitre 38 sur 169 · TROISIÈME ANNÉE DU BON GÉNIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ANNÉE DU BON GÉNIE

\ oilà, uies bons amis, que vous rompiez deux années de plus, depuis que j'ai commence ce petit Journal. Pendant ce Japs de temps, j'ai pu remarquer ]es progrès de ceux d'entre vous qui correspondent avec moi depuis que nos relations sont établies. Je les ai vus, je les ai suivis avec un sensible plaisir; je m'en suis réjoui sincèrement, comme de tout ce qui peut contribuer à votre bonheur futur. Je ne doute point que ceux qui n'ont pas été dans le cas de prendre part a notre correspondance, n'aient également réussi dans leurs travaux et donné pleine satisfaction à leuis parents, par une bonne et sage conduite, par de bons et honorables sentiments. En commençant cette nouvelle année de mon Journal, j'éprouve le besoin de vous fehcuer, avant tout, de ce que vous avez pu ane de b.en, et de vous inviter à persévérer dans vos bonnes resolutions. S'il en était parmi vous quelques "u^ qu., en regardant en arrière, pussent regretter '^e navo.r pas aussi parfaitement ronpli tous leurs devo.rs et repondu au vœu de leurfamille,je lescnga- Ovra,s a ne se point décourager, et à faire de nouveaux efforts pour suivre, avec ph,s de constance et de sucées, la route de la sagesse qui est aussi celle du bonhei,r. Soyez b.en assurés, tous tant q„e vous êtes, mes

jeunes amis, que les vœux du bon Génie vous accompagneront dans votre carrière, et que rien ne pourrait lui causer tant de joie que l'idée d'avoir contribué à l'applanir pour vous, à vous aider à la parcourir. Nous allons continuer nos petits entretiens, nos petites instructions, nos petits récits, nos relations enfin qui ont tant de charme pour moi. Puissent-elles en avoir aussi toujours pour vous. Rendez-moi un peu de l'affection que je vous porte; c'est le moyen de satisfaire ma plus < lière ambition.

CORRESPONDANCE

i;ÉPO.\SE> AUX DEItNli;i(ES QUESTION» DU BON (;ÉNIE

J'éprouve quelque embarras pour rendre compte aujourd'hui de ma correspondance, h cause des choses personnelles qu'elle renferme pour moi. Cela m'a presque fait regretter de m'étre mis dans ce cas, en pro|iosant des questions sur la reconimissiince. Cependant, en réfléchissant que c'est à mes jeunes amis que j'adresse ces extraits, je pense qu'il ne pourra pas leur sembler étrange d'y retrouver ce qu'ils m'ont écrit eux-mêmes, et cela me rassure nu peu. Je les prie, au reste, de croire que je suis vivement touché des aimables expressions de leur reconnaissance, qu'il

m'est bien doux d'obtenir et que je voudrais mieux mériter.

Parmi les lettres qui me sont parvenues, j'en ai choisi, pour les imprimer, deux de celles des plus avancés de mes correspondants, et deux des plus jeunes. Les premières sont de Mesdemoiselles Coteau P , et lUanche R ; les deux autres sont de Mesdemoiselles Léome D , et Virginie de F. Voici

ces lettres :

11 Mon bon Génie, la reconnaissance est un devoir, ou plutôt un instinct qui, en nous rappelant des bienfaits reçus, nous inspire le désir d'y répondre. C'est la mémoire du cœur, a dit un sourd-muet, à qui on faisait la même question que vous venez de nous proposer, et il me semble que cette définition est très juste, car comme tout ce que nous avons appris est gravé dans notre mémoire, c'est-à-dire dans notre tête, ainsi le souvenir des bienfaits est gravé dans ■notre cœur, d'où il doit s'effacer moins facilement que les choses apprises ne s'effacent de notre mémoire.

11 Les enfants doivent, comme tout le monde, être reconnaissants envers ceux qui leur font du bien : d'abord envers Dieu, de qui ilstiennent tout, même la faculté de sentir et de reconnaître des bienfaits; envers leurs parents, les auteurs de leurs jours, pour eux les distributeurs des bienfaits de Dieu, qui guident leur enfance, président à leur éducation et sacrifient souvent leur repos pour rendre leurs enfants heureux et dignes de l'être. Los enfants doivent encore de la reconnaissance à leurs maîtres et à tous ceux qui, d'accord avec leurs parents, cherchent à former leur cœur, à cultiver leur esprit et à leur procurer des talents utiles et agréables. Un certain nombre d'enfants doivent enfin de la reconnaissance à vous, mon bon Génie, qui paraissez prendre tant d'intérêt à leur véritable bonheur , en leur désignant chaque semaine de nouveaux moyens d'y parvenir.

Il Quand on sait à qui Ton doit de la reconnaissance, on sent que ce n'est pas seulement un devoir, mais un véritable plaisir, parce qu'il est doux de sentir qu'on nous veut du bien. La reconnaissance est une chose si naturelle, si simple, qu'il faut avoir un bien mauvais cœur pour n'être pas pénétré des bienfaits dont on jouit; c'est pourquoi je pense que l'ingratitude est l'injustice la plus noire, et qu'il y a peu d'hommes qui en soient capables, .l'espère que nous ne tomberons jamais dans ce vilain défaut, et que nous lâcherons toujours de nous montrer reconnaissants envers Dieu, par la piété; envers nos parents, par l'obéissance, le respect, la confiance et l'amour filial ; envers nos maîtres, par nos efforts pour scfoiider les leurs;

et envers notre bon Génie, en réglant notre conduite d'après ses leçons et ses conseils.

Il Cateau P , à Maestricht. »

Il En nous donnant à définirla reconnaissance, c'est nous offrir, mon bon Génie, l'occasion de vous exprimer tous les sentiments que vos bontés pour nous et l'intérêt que vous nous portez nous inspirent. J'ose parler ici au nom de toutes vos abonnées, car mon cœur m'est garant qu'il n'en est pas une qui ne vous ait voué la plus tendre reconnaissance.

" La reconnaissance est ce sentiment qui nous porte à apprécier et à reconnaître, autant qu'il dépend de nous, les services qu'on nous rend, l'intérêt qu'on

nous porte, l'amitié qu'on nous témoigne elle est

le souvenir et le sentiment des bienfaits.

Il Nous la devons à nos parents, à nos maîtres, à tous ceux qui veulent bien s'occuper de nous. Elle n'est pas seulement un devoir que la justice et la morale nous prescrivent, mais encore une dette contractée par le cœur et qu'il peut seul acquitter.

Il Pardonnez-moi, mon bon Génie, d'oser vous envoyer une explication si impaifaite; croyez au moins que j'éprouve la reconnaissance mieux que je ne sais la définir. « Blanche R »

Il Mon bon Génie, j'ai entendu dire qu'on avait demandé à un sourd-muet ce que c'était que la reconnaissance et qu'il la définit ainsi : La recoiinaissavce est la mémoire du cœur. Je crois que cette pensée est juste; car, en effet, être reconnaissant c'est se souvenir des bienfaits qu'on a reçus, aimer ceux de qui on les tient et tâcher de pouvoir les rendre.

Il 11 me semble que nous devons de la reconnaissance à Dieu qui nous a créés et qui nous comble de biens tous les jours; puis, à notre mère qui a bien souffert pour nous mettre au monde, pour nous nourrir; à notre père qui se donne tant de peine pour nou» assurer un avenir heureux; aux personnes qui veulent bien prendre soin de notre éducation. N'en devonlnous pas aussi à notre bon Génie qui a la bonté d. nous instruire et de nous amuser? Nous en devon. enfin aux bonnes qui nous ont soignées et nous rendent beaucoup de services.

,1 La reconnaissance n'est pas seulement xm devoir, mais un besoin du cœur, et devient un bonheur quand on peut la témoigner.

,1 Adieu, mon bon Génie, agréez les sentiments de reconnaissance de votre petite abonnée,

iiLéonieD , âgée de 9 ans

et 8 mois , à Lyon. "

iiMo'n bon Génie, je suis bien jeune pour de^fi.-' la reconna,ssance. Je sens cependant que ce sentm.-^ e.t le prein^r que nous éprouvons. La tendresse que

nous ressentons pour nos parents est de la reconnaissance. Un enFant qui n'a jamais eu le bonheur de connaître sa mère éprouve, pour ceux qui la remplacent, une amitié, un attachement qui est de la reconnaissance. Cette amitié prend naissance des jieincs et des soins que l'on se donne pour notre éducation; cela est de la reconnaissance. La reconnaissance serait un devoir, si elle n'était dans notre cœur dès Tenfance. L'ingratitude ne peut y entrer puisqu'elle est un crime. J'éprouve mieux ce que je voudrais dire que je ne puis l'exprimer.

a Croyez, mon bon Génie, que les enfants sont très reconnaissants de toutes vos bontés,

<i V^ALÉniE DE V , âgée de 9 ans

et demi , à Rennes. "

Je vais consacrer le plus d'espace possible aux extraits de plusieurs des lettres que j'ai sous les yeux. Parmi ces lettres, il en est quelques unes qui auraient disputé l'avantage d'être insérées ici en entier, si toutes leurs ))arties eussent été aussi bien que ce que j'en citerai, et si elles n'eussent pas renl'ermé certains développements hors de propos. Voici ces extraits :

«La reconnaissance est le souvenir d'un bienfait reçu, uni à une volonté ferme de rendre la pareille

autant qu'il sera en nous Cette vertu est la source

féconde d'ime foule d'autres vertus. Qu'est-ce que la piété filiale, si ce n'est la reconnaissance envers ses )iarents? car c'est à eux sur-tout que les enfants doivent fout ce qu'ils sont et tout ce qu'ils jjossèdent. Nous avons tant reçu d'eux, qu'il semble que jamais nous ne pourrons nous acquitter. C'est d'eux que nous tenons les premiers biens; n'est-ce pas eux qui les premiers ont droit à notre reconnaissance? Si je puis même répondre en ce jour à l'intéressante question qui nous est proposée, n'est-ce pas aux soins d'une bonne mère que je le dois? Puisse-t-elle recevoir aujourd'hui ce premier tribut de ma reconnaissance, dans le plaisir que j'éprouve à la lui témoigner! Et vous, mon bon Génie, ne craignez pas d'en recevoir aussi une part, pour les excellentes leçons de vertu que vous nous donnez tous les jours; vous n'avez pas dédaigné de converser avec des enfants; vous pouvez croire à leur reconnaissance, car les enfants ne trompent pas.

" Je ne sais oii j'ai lu qu'on trouve, dans la reconnaissance, une si grande satisfaction, que seule elle peut servir de récompense » (M"' Marguerite L )

" La reconnaissance n'est pas seulement un devoir, elle est aussi une vertu, puisqu'elle rend ca i de toute sorte de sacrifices. iNIais, différente de quelques autres qui coûtent à acquérir, c'est une vertu aussi facile que douce, et qui nous vient tout n [urellement.

Quoique j'aie souvent entendu dire qu'il y avait peu de personnes véritablement reconnaissantes, j'ai de la peine à le croire, et je les plains plus que je ne les conçois; car, après le bonheur d'obliger les autres, il ne peut y en avoir de plus doux que celui de se voir soi-même l'objet de leur obligeance, et de sentir dans son cceur qu'on est capable de leur rendre tout ce qu'ils font pour nous, au moins en tendresse et en affection, si on ne le peut autrement. Sénèque a dit que les vœux du cœur reconnaissant qui ne peut s'acquitter transfcient sa dette aux Dieux. Ce sentiment qui honore la Divinité, me plaît et me fait jouir plus vivement du plaisir que je trouve à être reconnaissant. » (M. Eugène Detisle, à Périgueux. )

« Nous devons particulièrement de la reconnaissance à nos parents, dont la tendresse pourvoit à tous nos besoins, protège nos premières années, et veille sur nous avec une si vive sollicitude. Mais n'éprouvet-il que de la reconnaissance, l'enfant qui, attaché au cou de sa mère, rend caresses pour caresses à celle dont les paroles douces et consolantes, dont les avis salutaires ont si souvent séché ses larmes? Non : le sentiment qui fait battre son cœur a quelque chose de plus pur que celui qu'on éprouve pour tout autre bienfaiteur; sa reconnaissance se confond avec l'amour et la piété filiale, n {'SI"' Laiiir D.... , à Beaune. )

Il La reconnaissance est inie venu qui nous fait sentir, apprécier et reconnaître, autant qu'il est en notre pouvoir, ce que l'on fait pour nous. Cette vertu est aussi agréable à celui qui en reçoit l'expression qu'à celui qui la témoigne; elle est j)our l'un le gage certain que ses bienfaits ne sont pas perdus, et pour l'autre, le plaisir bien doux de sentir qu'il peut rendre en quelque sorte le bien qu'on lui a fait en en témoignant sa reconnaissance. » ( M"' Jriane S. de C....)

" Je regarde la reconnaissance comme une des plus douces jouissances du cœur. On est bien heureux quand on peut dire à ceux qu'on aime et qui nous prodiguent soins, tendresse, sages conseils: Combien je vous suis reconnaissant!» {M"' Jdéle D )

Il Quoi de plus doux que de pouvoir obliger celui qui nous a rendu service, de retirer du précipice celui qui nous a empêché d'y tomber? Deux sentiments semblent se mêler et se confondre dans le cœur: on fait du bien à son semblable, et on rend service à un bienfaiteur.» (M"' Caroline L )

Il Les premiers objets de reconnaissance d'un enfant sont ses père et mère, et particulièrement sa mère qui a souffert pour lui, qui l'a nourri et qui lui a sacrifié son repos et sa santé. » ( \L Albert Patersi. )

Cl La reconnaissance est une vertu qui grave au fond du cœur le souvenir du bien que l'on a reçu ; on aime à se le rappeler, on sent le besoin de le publier, et le cœur n'est satisfait que lorsqu'il peut obliger à son tour. » (M"' Clémence île F...., à Villebadin.)

«La reconnaissance est un mouvement de notre âme qui nous porte à aimer ceux qui nous ont l'ait du bien; c'est un sentiment naturel à une àme bonnéte, mais qu'il ne dépend pas précisément de nous de ressentir. Ce qui est en notre pouvoir, c'est d'agir comme si nous l'éprouvions, et de rendre à ceux qui nous ont obligés tous les services qu'ils peuvent attendre de nous. La reconnaissance, alors, sans cesser d'être un sentiment, devient une vertu. » (M"' Cùlinie de B , à Caen. )

II Un ingrat n'est pas heureux, car celui qui ne sait pas reconnaître un bienfait doit avoir un bien mauvais cœur. Il est si doux d'être reconnaissant ! » ( M"' Sophie Ch....)

u C'est la reconnaissance qui produit cette tendre émotion que nous éprouvons à la vue d'une personne qui nous est chère par ses bienfaits, et qui lui donne ce doux pouvoir qu'elle a sur nous. » (M"° LéonieC...... élève de la maison royale des Loges.)

u Pour les âmes communes, la reconnaissance peut ne paraître qu'un devoir que, trop souvent même, elles trouvent pénible a remplir; mais elle est un sentiment naturel et même un besoin pour les âmes élevées. » (M"' ^lline L , à Baugô.)

Il La reconnaissance est une douce obligation pour les personnes qui ont un bon cœur. Il y a pourtant une circonstance qui pourrait la rendre pénible, c'est l'obligation de recevoir des bienfaits de quelqu'un qu'on mépriserait. Dans ce cas, la reconnaissance n'est plus qu'un devoir, et on doit en acquitter la

dette le plutôt possible. » (M"" Louise D , à Saint-

Brieux. )

Il Je pense souvent avec plaisirque je peux,par ma bonne conduite, dédommager mon père et ma mère des peines que je leur ai camées. » {M"' Deljjltmc F...., à Vienne.)

(1 Nous devons de la leconnaissance aux personnes qui nous découvrent nosdéfauts et nous aident à nous en corriger. » (M"° Caroline de V. )

Il La reconnaissance n'est pas seulement un devoir, mais un besoin que nous éprouvons de rendre le bien qu'on nous a fait. » (M"' Sophie M. G )

Il Ce n'est pas seulement par devoir qu'on est reconnaissant, car un devoir c'est quelque chose à la-

quelle ou est forcé, et on n'est pas reconnaissant p.ir force, mais par amitié pour la personne qui nous a rendu quelque service. » ( M. Gabriel d'Erceville.)

II Nous avons dans l'âme un sentiment qui nous porte comme lualgré nous vers nos bienfaiteurs. " {"SV'Pélacjie //....., à la pension du Sacré-Cœur, à Séez.)

1. A Athènes, il y avait un tribunal oti l'on punissait les ingrats; mais 11 y en avait si peu, que les juges étaient presque toujours à rien faire. Ennuyés d'aller à leur tribunal et de n'y trouver personne, ils attachèrent une corde à une grosse cloche, et quand on avait besoin d'eux on la sonnait. Mais comme cela arrivait si peu souvent, que l'herbe eut le temps de ]iousser contre le mur, elle s'entortilla a la corde. Un homme avait un cheval qui avait vieilli à son service; le pauvre animal ne pouvant plus le servir, il le renvoya en disant: Puisque tu ne peux pas me servir, ce n'est pas la peine de te nourrir. Le cheval marcha cpielque temps et se trouva dans la rue oit demeuraient les juges du tribunal contre les ingrats. Ayant faim et voyant de l'herbe, il s'approcha pour la manger. Mais elle était tellement entortillée avec la corde , qu'à chaque fois qu'il la tirait la cloche .sonnait. Les juges vinrent et furent fort surpris de ne voir personne, mais le cheval qui tirait la corde. Ils demandèrent à qui il appartenait. On leur répondit qu'il n'appartenait à personne, et que son maître l'avait mis à la porte parce qu'il ne pouvait plus le servir. Voilà une grande ingratitude! s'écrièrent les juges. Ils firent venir l'homme à qui appartenait le cheval , et le condamnèrent à payer tous les ans la nourriture de l'animal. C'est ainsi que cet homme fut puni de son mauvais cœur, n {M"' Fictorine P , à Uouen.)

Je terminerai ce compte rendu de ma correspondance en mentionnant, comme méritant d'être distinguées, les lettres de ceux de mes correspondants et correspondantes dont les noms suivent:

W' Emesline P , àMontataire: W'JulieD

à Maestricht; M"' Jugusla de F...... à Rennes; M"'

Henriette B ; M'' Louise F...... h Grenoble; IWM.

Jules et Gustave h , à Bressuire; M"' C.À.,h. St.-.M.

Lebeau; M"' Cécile de P....; M"' Jlcxandrine de L

au château de Dobert ; M"' Àuqustine , au Lude ; M"" Euphrasie P...., Jdèle J...., Firginie F...., Bénë-

ilicteL , Sophie B , QuitterieL...., Clémentine S ,

élèves de la pension du Sacré-Cœur, à Séez; M. Ernest

d'Erceville; M"' Lucie de P ; M. Jules Guérin ; M""

AméUe /F..., a Corbeil; M. Fortuné Boucaull,l\ Privas.

Le prix de semestre sera décerné dans le prochain numéro.

iMPf.lMEr.IE r^K JCI.I.S t)IIUn' .M>'t';, IMIUIMUE-. l>l 1.0)

il» T'i)lU-(li-l.oili , 11' t.

DlMAXCHE, l4 «■»■ '8j6-

Le prix de l'abonnemeol est , pour Paris , de 2 2 francs par an , ei de 12 francs pour six mois. Pour les départements, (le 24 francs par an , et i3 francs pour six mois.

IIF .\SNÉE. N" 2.

Burean de l'abonnement, cliei Locis Colas, libraire, rue Daupbine, n» ,12; cl chez les principaui libraires cl directeurs des postes de»

départements.

ILE ^mi ©imi,

Vous attendez sans doute avec impatience ce numéro de votre Journal , mes bons amis ; vous êtes tous curieux de savoir à qui d'entre vous sera décerné cette fois le prix de semestre. Je vous ai fait languir pour cela huit jours de plus que je n'aurais voulu; mais il ma fallu ce temps pour achever de relire et d'examiner de nouveau votre correspondance des six mois qui viennent de s'écouler. Ne me sachez pas trop de f[ré de ce petit travail, car il n'a rien eu de pénible pour moi et ne m"a prociîré qu" une agréable et douce distraction. On relit volontiers plusieurs fois les lettres de ses amis; et je suis si touché de l'affection que vous me témoignez, que je ne saurais me lasser d'en retrouver les aimables expressions. Je n'ai donc pas eu beaucoup de mérite à mettre un grand soin dans ce nouvel examen de votre correspondance. Il ne m'a laissé qu'un seul regret, celui de ne pouvoir multiplier le nombre des récompenses et des encouragements que j'ai tant de plaisir à vous offrir.

Selon l'usage que j'ai cru devoir adopter, comme le plus équitable, pour décerner le prix de semestre, j'ai tenu compte de l'exactitude et de l'assiduité

à répondre à mes questions; j'ai tenu compte pareillement des explications qui m'ont été données de mes charades ; je n'ai pas dû oublier enfin les lettres qu'on m'a adressées, par suite de l'invitation faite à mes correspondants de m'informer de ce qu'ils pourraient voir ou apprendre d'intéressant. Le prix et les accessit ont dû, en conséquence, être décernés à ceux et celles d'entre vous qui, durant ces six mois, m'ont écrit le plus grand nombre de lettres satisfaisantes sur ces différents sujets. Dans cette distribution, j'ai pris en considération I âge et la force des concurrents, de manière que les plus jeunes ont pu, -sans désavantage, lutter avec les plus avancés.

Quoique le nombre de mes correspondants soit fort augmenté, depuis la première fois que j'ai donné des prix, je n'ai pas cru devoir porter au-delà de six le nombre des accessit, et au delà de neuf celui des mentions honorables. J'ai déjà expliqué dans une autre occasion les motifs de ma réserve à cet égard.

D'après le résultat de l'examen que j'ai fait, le prix de semestre devrait être décerné à Mademoiselle Bl.ixche Reoaclt; mais attendu qu'elle l'a obtenu déjà deux fois, attendu qu'il est juste de répartir les encouragements que j'ai à donner, j'ai cru pouvoir prendre sur moi de la mettre hors de concours; et comme j'ai maintenant le plaisir de la connaître,

j'espère qu'elle vouJra bien se contenter du témoignage particulier que je pourrai lui offrir de mon estime et de mon amitié.

Tel est, mes amis, le compte que je vous devais de mes piocéd('s dans cette circonstance. Je crois en avoir dit assez pour l'acquit de ma conscience, et je m'arrête, afin de ne pas vous causer de l'impatience par un trop long préambule.

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