LE PRINTEMPS
DU PAUVKE EJsFANT.
Oh ! comme l'hiver était dur! Combien j'ai vu souffrir ma courageuse mère! Combien j'ai déploré, dans notre asyleob=cur
Mon impuissance et sa misère!
Cependant nous avons vécu , Nous avons traversé cette saison terrible;
Une providence visible A nos pressants besoins chaque jour a pourvu.
Et voici, maintenant qu'a cessé la froidure.
Voici revenir le printemps.
Et la douce chaleur, et la fraîche verdure; Nouveaux bienfaits de Dieu pour les pauvres enfants.
Soleil , dont la chaleur doucement me pénètre , Que tu nie fais plaisir, que tu me fais de bien !
Près de sa petite fenêtre, Mam.Tn va se chauffer sans qu'il en coûte rien.
Tes rayons sont pour touf le monde, Tu n'exiges nul prix pour tes nombreux bienfaits, Et tu verses les feux de ta clarté féconde
Sur la cabane et le palais.
La commune fontaine ouverte à rindigence, Ne présentera plus ses arides glaçons;
Librement nous y pui^erous Cette eau , premier besoin qu'ignore lopulence.
Que ce printemps nouveau nous promet de douceurs!
Quej'ajme ce naissant feuillage!
Le pauvre se console en dormant sous l'ombrage, Bercé par le zépliir que parfument les fleurs.
Et voici , près de ma croisée , Les bons petits oiseaux qui vont faire leurs nids. Ils ne me fuiront pas, car, la saison passée, Alors qu'ils avaient faim, mon pain les a nourris.
Il faut si peu pour satisfaire Aux modestes besoins du petit passereau! Tout pauvre que je suis, hélas! dans ma misère, J'avais encor de quoi secourir un oiseau.
Que grâce en soit rendue au Dieu de la nature,
Qui veille sur tous ses enfants;
Au Dieu qui donne la pâture A l'insecte, au lion, aux faibles, aux puissants!
Dieu, qui m'as conservé ma mère, Dieu, qui m'as exaucé lorsque je t'ai prié; Quand tu rends le printemps aux pauvres de la terre,
Que ton nom soit glorifié!
LITHOGRAPHIE
Il n'est personne qui ne connaisse le petit montagnard et ses marionnettes, que représente le dessin lithographie joint aujourd'hui à ce Journal. Je n'ai pas besoin par conséquent d'y ajouter aucune explication; mais il me fournit un petit fait à vous conter.
Le jeune George était à la promenade avec sa sœur Zoé. George avait avec lui son polichinelle, et Zoé sa poupée. Us rencontrèrent le petit montagnard et ses marionnettes , qu'ils regardèrent quelque temps, après quoi ils lui donnèrent quatre sous, que leur mère avait mis dans la poche de George pour faire l'aumène à des pauvres, s'ils en trouvaient sur leur chemin. Comme ils retournaient à la maison, un petit garçon vint en effet leur demander la charité; ils n'avaient plus rien; ils en étaient tout attristés. >( Zoé!
s'écrie tout-ii-coup George, il me vient une idée; donnons lui mon polichinelle et ta poupée; cela lui fera deux marionnettes, et il pourra gagner sa vie, comme le petit moutagnard. — Oh! tu as raison, répond vivement Zoé; tiens, explique-lui cela. « George aussitôt fait^a leçon au petit garçon qui l'éci^ute attentivement, et qui promet de suivre son conseil. Jugez de la joie de nos deux enfants, lorsque huit jours après, ils rencontrent aux Champs-Elysées le iiolichinelle et la poupée dansant sur une planche, et qu'ils voient le petit garçon recevoir dans son bonnet les sous des spectateurs! u Vous m'avez donné un gagne-pain, leur dit-il. Je vous en remercie, mes beaux enfants. — Oh! nous en sommes plus heureux que vous, dit George; mais il vous manque un petit tambourin; j'en ai un , je vous l'apporterai demain. Je n'aurais pas cru que mes joujoux eussent tant de valeur et pussent me procurer tant de plaisir. »
VARIÉTÉS
Jeudi et vendredi derniers, il y a eu, dans le palais du petit Luxembourg, chez Monsieur le Chancelier, une exposition de divers ouvrages faits par des personnes bienfaisantes , et destinés à être vendus pour que le produit en soit employé à des œuvres de charité. Au nombre de ces ouvrages, il en est qui sont sortis des mains les plus augustes, des mains de deux princesses qu'on est siirde reconnaître par-tout où il s'agit de donner l'exemple de la bienfaisance et de la vertu. A coté de ces objets, auxquels leur origine faisait attacher un si haut prix, on eu voyait de beaucoup plus simples, mais qui offraient un antre genre d'intérêt; c'était le modeste tribut du premier travail de l'enfance, instruite aux bonnes œuvres sous la direction maternelle. Parmi ces petits ouvrages, figurait une poupée vêtue avec grâce et couchée sur un lit disposé avec beaucoup de goût. Dans la visite que S. A. li. Madame;, duchesse de Berri , à faite jeudi à l'exposition , ce joujou a attiré son attention ; et ayant appris qu il était l'ouvrage d'une petite fille de cinq ans et demi, la princesse s'est empressée de l'acheter, en disant: » Je veux montrer à ma fille qu'on lui élève de jeunes aides pour faire le bien. "
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