LE MOQUEUR
Je ne doute pas que plusieurs de mes jeunes lectrices n'élèvent de jolis oiseaux dont elles aiment le chant, le plumage ou les gentillesses. Je vais peut-être leur donner des regrets, en leur parlant d'un de ces aimables animaux qu'elles ne pourront pas se procurer, à moins de l'aller chercher en Amtîrique.
Le moqueur est un oiseau fort agréable, de la grosseur d'une petite grive, et dont voici à-peu-pres la description : son bec est d'un brun noirâtre; son œil jaune; son sourcil blanc; toutes les parties supérieures du plumage sont d'un gris brun ; les ailes ont du blanc et du noir; le croupion est d'un gris bleu ; le dessous du corps d'un gris blanc; la queue brune; les pieds noirs ou cendrés.
Cet oiseau se trouve en Amérique et à Saint-Domingue. Il fréquente les savanes, se plait au pied des habitations, et semble aimer la société de l'homme, dont la vue seule suffit pour l'exciter à chanter. II place son nid sur des arbres de moyenne hauteur ou dans les grands buissons, et en garnit la base en dehors avec des branches épineuses qui lui forment une espèce de retranchement. Il est d'ailleurs fort courageux, malgré sa petite taille; et par son attitude ferme, il force les petits oiseaux de proie de s'éloigner des ar-
bres qu'il a adoptés, sur-tout dans le temps des couvées. Le nom de moqueur a été donné à ce petit animal, par les Américains, à cause du talent qu'il a de contrefaire différents cris et une partie du chant des autres oiseaux. Cependant ce nom est tout-à-fait impropre, car si le moqueur imite des voix étrangères, ce n'est point pour les ridiculiser, c'est plutôt pour les embellir. Son chant propre est charmant, sur-tout entendu à une certaine distance, et il ne le cède qu'à celui de notre rossignol qui a un peu plus de moelleux et de douceur. En Amérique, sa patrie, il est incontestablement le premier des chantres ailés; et ses admirateurs lui ont même attribué des talents merveilleux dont je ne vous parle point, parce que ces récits sont au moins fort exagérés. La vérité est que le moqueur chante avec goiit et sans paraître se répéter; qu'il chante avec action, on pourrait presque dire avec àme; il semble que les diverses positions ou il se trouve, que les diverses passions qui l'affectent aient leurs tons particuliers. La facilité avec laquelle il s'approprie le ramage des autres oiseaux ne fait que donner au sien une variété agréable et piquante. Ces cris, ces demi-phrases, qu'il emprunte à d'autres pour enrichir son chant, lui ont mérité un surnom plus convenable que son nom, c'est celui de cencontîatolli . qui signifie quatre cents langues.
Je souhaite fort que ceux de mes lecteurs qui ont la faculté d'imiter ce qu'ils remarquent chez les autres , fassent comme cet oiseau; c'est-à-dire qu'au lieu de s'amuser à contrefiiire des ridicules, ils cherchent à profiter de ce qui est Lieu, afin de perfectionner, par de bons exemples, leur esprit, leur langage et leurs manières.
CORRESPONDANCE
RÉPONSES AVK DERNIÈRES QUESTIONS DU BON GÉNIE
En demandant à mes jeunes correspondants de me dire quel est le personnage de l'antiquité qu'ils estiment le plus, j'avais prévu une chose qui est arrivée, c'est que je me trouverais au moins aussi embarrassé pour choisir entre leurs réponses, qu'ils auraient pu l'être eux-mêmes pour déterminer leur préférence entre les hommes illustres et vertueux de la Grèce, de Rome, etc. Voici les noms de ceux qui m'ont été désignés comme méritant cette préférence; je les cite dans l'ordre qui se trouve indiqué par le nombre des suffrages de mes jeunes amis : .'Jorrate, Épaminondas, Aristide, Titus, Antonin,Fabricius,Lvcurgue,Numa, Régulus, Moïse, Joseph, Abraham, Job.
Deux de mes aimables correspondantes ont choisi des personnages moins connus, et ont très bien motivé leur choix. Il y a quelque chose de piquant et d'ingénieux à rendre ainsi hommage à des vertus qu'une grande célébrité n'a pas accompagnées. J'en fais mon compliment à M"' Célinie de B., qui a pris pour son héros l'un des capitaines d'Alexandre, nommé Eumène; et à M"' Ariane de C..., qui a choisi, dans son sexe, Cliélonide, fille de Léonidas.
Je vais donner place ici au plus grand noml)re de ces lettres que l'espace me permettra d'y admeitre. La plupart de celles que je mentionnerai auraient pu être lues aussi avec intérêt.
"Mon bon Génie, le personnage de l'antiquité le plus estimable à mes yeux est Socrate. Parmi les mille raisons qu'on pourrait donner de cette opinion, sa vertu sublime, la sagesse profonde, la puielé de mœurs qu'il a montrées pendant tout le cours de sa vie, la fermeté admirable qu'il moiitia à sa mort, me paraissent être sans exemple. Quelle grandeur, <]uelle noblesse il déploya à ses derniers moments! Innocent et pouvant vivre heureux et paisible dans la retraite que lui avaient ménagée ses amis, qui voulaient et pouvaient le sauver, il préféra la mort il la crainte de commettre une injustice en se dérobant à ses ennemis; et sacrifiant encore sa vie à son ingrate patrie il aima mieux périr que de risquer d'affaiblir par son' exemple le respect qu'on doit aux lois. Mais ce qui porte sa gloire au comble, c'est qu'élevé au milieu des ténèbres du paganisme, il sentit, il devina l'existence d'un Etre sup('rieur ii tout, qui \oit et punit les m('rhants, qui récompense la vertu, et il reconnut le
Dieu suprême que nous a dévoilé plus tard une religion pure et sainte.
iiEiGÈ.NE Delisle, à Périgueux. »
"11 me semble, mom bon Génie, que l'homme de 1 antiquité que j'estime le plus est Épaminondas; car dans tous les personnages entre lesquels j'ai à choisir je nen estime aucun comiilelement, c'est-à-dire qu'il n y en a aucun auquel je ne connaisse un côté faible qui diminue quelque chose de l'estime que j'aurais sans cela pour eux. Mais quand je me rappelle tout ce que je sais de l'histoire d'Épaminondas, je n'y trouve que des choses qui la méritent.
" En effet, je ne vois rien de plus beau que le désintéressement, la bonté, la modestie, l'amour filial, l'humanité et la valeur qui caractérisent ce grand homme.
» Ayant appris que le roi des Perses envoyait des ambassadeurs à Thèbes pour tâcher de le corrompre par de superbes présents, il les invita à dîner et leur donna un repas très simple; tout chez lui annonçait son extrême pauvreté, u Allez, dit-il en souriant, (1 allez et apprenez à votre maître quelle est la vie "d'Epaminondas; il comprendra qu'un homme qui " peut se contenter de si peu de chose méprise l'or et " les richesses. »
"Tout le monde connaît la belle parole qu'il prononça après avoir gagné la bataille de Leuctres: "Je " me réjouis de ma victoire, à cause du plaisir qu'elle " causera à ma mère. » Après la bataille de Mantinée oii il trouva la mort: «Je meurs content, dit-il; je «laisse Thèbes triouq^hante, Sparte humiliée, et la "Grèce libre. " Il rendit les plus grands services à Thèbes, sa patrie, qui retomba, après sa mort, dans l'obscurité d'où il l'avait tirée.
« .\niANE S. DE G.., à Grans. »
" Je ne suis pas assez instruite pour juger quel est le personnage de l'antiquité qui mérite la palme. Il me semble cependant qu'Aristide fut le plus vertueux ; c'est donc lui que je préfère. ()n admire en lui des qualités qui feraient honte à desthrétiens. Une grandeur d'àme peu connniine lui faisait sacrifier ses propres intérêts à l'amoin- de la vertu et au bonheur de sa patrie. Le mérite des autres, loin de le blesser, était un titre à son admiration: il eu donna une preuve à la bataille de INIarathou, en déférant le commandement à ^lilliade, comme au plus habile. .Aristide, en s'oubliaut ainsi, mit Miltiade en état de remporter la victoire. Gette grandeur d'âme et cette générosité se montrent encore bien davantage, lorsqu'il donna à Tliémistocle, peu avant la bataille de Salamines, un avis important d'où dépendait le succès de la guerre... Tliémistocle est son ennemi, et il ne pense qu'à lui assurer des succès; n'est-ce pas ce qui met le comble à la gloire d'Aristide?...
"Quelle différence entre la prière que Gainille et Aristide adressent aux dieux, eu partant pour l'exil! " Fassent les dieux, s'écria Gainille, (pie mes ingrats « concitoyens soient réduits à la nécessité de me rap- « peler! » Voici celle d'Aristide :
«Plaise aux dieux qu'il n'arrive jamais aux Athe- « niens aucun malheur qui force le peuple à se sou- " venir d'Aristide et à avoir besoin de ses services! « La preniièic monlri' une .'une a'grie p.ir le ressenti-
ment; quelle modération et quelle noblesse de sentiments dans la seconde! Aristide montra un désintéressement et une probité à toute épreuve dans le maniement des deniers publics, puisquà sa mort il ne laissa pas de quoi faire ses funérailles. Il était si juste, qu'on lui donna ce titre en public. Ferme et constant dans sa conduite, inébranlable dans tout ce qu'il croyait juste, il porta l'amour de la vérité si loin qu'il ne la blessa jamais, même en jouant. On regrette qu'une si belle àme n'ait point été éclairée des lumières du christianisme. « Clémence de F.... u
u Mon bon Génie, je me suis décidée en faveur de Titus, carje crois qu'on chercherait en vain un homme qui piït réunir tant de vertus que ce prince. Titus ne régna que pour faire des heureux; il sacrifia toujours .ses plaisirs et ses penchants au bien de l'Etat; et loin de s'abandonner a l'ivresse du pouvoir suprême, il ne négligea aucun des devoirs de la royauté. 11 renvoya Bérénice, fille d'.\grippa, dont il était amoureu.x, jour ne pas déplaire aux Homaius en épousant une étrangère. 11 Mes amis, j'ai perdu ma journée, >i disait-il à ses confidents, quand il avait passé un jour sans le signaler par des bienfaits. Généreux, mais en même temps sagement économe, plein de clémence, de bonté, de courage, Titus déclara, en montant sur le trône, qu'il ne verserait jamais le sang romain; en effet, jamais il n'en répandit uncgoutte; il pardonna, ou il punit avec clémence. Enfin ce prince mérita, par toutes ces qualités , le titre de delici's du ycnre humain. u LoriSE F...., à Grenoble. »
Il Mon bon Génie, celui de tous les grands hommes qui m'inspire le plus de respect est Antouin, quinzième empereur romain. Il était originaire de Nimes, et cette circonstance a peut-être ajouté à mon admiration pour ce père de thumanitc, titre glorieux qui a été ajouté par la postérité au surnom de pieux qu'il reçut à sou avènement au trône. Je ne crains pas, mon bon Génie, que vous désapprouviez mon choix, s'il est vrai, comme je l'ai souvent entendu dire, que la pratique des vertus est plus difficile pour un prince que pour un particulier.
« Adopté par Adrien, Antonin se conduisit toujours en fils respectueux et soumis; et si quelquefois il alla contre les ordres de l'empereur, ce ne fut que pour sauver des innocents qu'Adrien, devenu soupçonneux sur la fin de sa vie, avait fait arrêter et condamner à mort.
Il Ses vertus l'avaient fait admirer pendant qu'il menait une vie privée; et elles parurent sur le trône avec plus d'éclat encore. Il donna toujours des preuves de bonté, et jamais de sévérité, sans manquer toutefois de fermeté dans les circonstances qui en exigeaient. Des méchants avaient conspiré contre lui; il défendit au sénat toute recherche: u Quel iiiallieur pour moi, "dit-il, si l'on trouvait que je suis liai d'un grand «nombre de mes concitoyens! » Il était fort riche avant de parvenir à l'empire, et jamais il ne fit de largesses aux dépends du trésor de l'état; il employait même son patrimoine à soulager la misère publique. .> Nous n'avons plus de propriétés, dit-il un jour h i' Faustine son épouse , qui lui en faisait des reproches ; 11 depuis que nous sommes parvenus à l'empire, nous «sommes obligés de donner, et il nous est défendu "de prendre....') Ennemi de la guerre, il sut faire
rentrer dans le devoir, sans répandre une seule goutte de sang, les peuples révoltés. 11 fit ctsser les persécutions que Ton exerçait contre le christianisme naissant. ,^i-s vertus, sa sage conduite le firent bénir de ses sujets, le firent également craindre et respecter par les rois ses alliés; de telle sorte que plusieurs nations barbaies le firent l'arbitre de leurs différends, et s'en tinrent à ses jugements. Tel nous avons vu saint Louis aimant à rendre justice à ses sujets, assi> au pied du chêne de Vincenncs, être choisi pour arbitre entre les rois ses voisins.
i( Antonin mourut comme il avait vécu; il s'endormit paisiblement du sommeil du juste. Le dernier mot qu'il prononça prouva létat de son àme. Un officier lui ayant, un moment avant sa mort, demandé le mot d'ordre, il lui dit : J^quuniinitas {égalité frdme)-,
et quelques minutes après, il expira La douleur
que firent éclater tous les peuples, justifie assez mon admiration pour ce prince, qui fut le premier des hommes et le modèle des rois.
Cl Lâche D...., à Beaune. »
u Mon bon Génie, le personnage de l'antiquité que j'estime le plus est Joseph, parce qu'il a souffert patiemment toutes les peines que Dieu lui a envovees; qu'il a soulagé son père dans sa vieillesse, et qu'il a fait du bien à ses frères, dout il n'avait reçu que de mauvais traitements, i. Pol d'Ehceville. «
ii^Nlon bon Génie, je me suis décidée en faveur d'Euméne , parce qu'il ma semblé que ses vertus n'étaient obscurcies par aucun défaut. Seul entre tous les capitaines d'Alexandre, il demeura fidèle à la famille de son prince légitime; il défendit la veuve et les enfants d'Alexandre contre l'ambition sanguinaire d'Antipater et d'Antigone. Jamais rien ne put ébranler i sa fidélité; son courage et sa grandeur d'âme n'étaient pas moins admirables. La veille de la dernière Lataille qu'il livra à Antigone, il apjnit que ses généraux l'avaient indignement vendu a son ennemi. Sans faire paraître qu'il conniit leur criminel dessein, il fit son testament, brûla ses papiers, afin que les avis secrets qui lui avaient été donnés n'exposassent pas ceux de qui il les avait reçus. Ensuite, il se disposa an combat, comme s'il eût dû remporter la victoire. Ses lâches officiers hésitèrent un moment; mais enfin la crainte de jierdre la récompense qu'Antigone leur avait promise l'emporta sur l'admiration qu'ils ne |iouvaient s'empêcher d'éprouver pour Eumène, et ils le livrèrent à son féroce ennemi qui le fit mourir en prison.
11 Eumène possédait au plus haut degré toutes les vertus guerrières, la science, le courage, la prévoyance, la fermeté. S'il avait eu l'ambition et la fortune d'Alexandre, il marcherait son égal; mais si sa renommée est moins brillante, elle est sans tache; elle reçoit encore un nouvel éclat delà comparaison qu'on peut établir entre lui et les autres capitaines d'Alexandre: leur monstrueuse ingrattitude envers la lauiille de leur bienfaiteur, leur mauvaise foi, leurs cruautés font paraure dans un jour plus brillant la touchante fidélité d'Eumène, son désintéressement, son humanité. Ses vertus me semblent avoir quelque chose de doux et de modeste qui manque aux vertus romaines, même dans les plus beaux temps de la république. « Célinie de B , à Caen. »
"Mon bon Génie, le personnage de l'antiquité que l'estime le plus est une femme nommée Chélonide qui, quoiqu'elle n'ait peut-être pas fait autant de bruit dans le monde que beaucoup d'autres, n'en mérite pas moins l'admiration qu'excite la pratique des vertus qui rendent une femme estimable. Chélonide était lille de Léonidas, roi de Sparte, et feitime de Cléombrote qui était aussi de la race royale. Son père fut exilé, et son mari eut assez peu de générosité pour en ])rofiter et se faire nommer roi à sa place. Chélonide suivit son père et fut avec lui la fille la plus tendre. Sparte était alors agitée par de grands troubles, et il n'y restait presque plus de traces de ce qu'elle avait été. La fortune changea; le parti de Léonidas redevint triompiiant; il retourna dans sa patrie et chassa <lu trône Cléombrote qui se réfugia dans le temple de Ne|)tune. Chélonide l'y suivit avec ses deux enfants, et lorsque son père entouré de soldats accablait son mari d'injures, elle le conjura, dans les termes les plus touchants, de ne pas lui doijner la douleur de voir ennemis entre eux deux êtres qui lui étaient si chers. Léonidas enfin consentit à laisser Cléomjjrote sortir du pays vie sauve, et pria sa fille de ne pas le quitter; mais Chélonide prit un de ses enfants dans ses bras, donna l'antre à son mari, et ils sortirent ainsi de leur patrie. Ne trouvez-vous pas, mon bon Génie, que, dans des circonstances aussi difficiles, il était impossible de se conduire avec plus de constance et de douceur? Sa simple histoire fait assez sa louange, et expose suffisamment les raisons qui mêla font estimer, sans y rien ajouter.
« Ariane de C... »
Forcé de céder au défaut d'espace, les lettres que je regrette le plus de ne pouvoir insérer encore à la suite des précédentes, sont celles de W' Jntoinette B. He. la M. , de Marseille; M"' Juyusta S. de C. , ùe Crans; W' Jline L..., de lîaugé; M. Albert Patersi; M. Louis de Saint-Auvant; MM. Gabriel et Ernest d'Erceville; M"' Ernesline P., de Montataire; M"" Delphine F., de Vienne; M"' C. J. , de Saint-Martin-le-Deau; M"' Caliste B. , do Mortefontaine.
Parmi les autres lettres que j'ai sous les yeux je dois mentionner honorablement celles de M""^ Cateaii P., de Maestricht; M. Àmbroise Beauchef, de T-a Flèche; M. Ferdinand de Mezy; M"" E. G., de Nancy; M. Daniel Gavet; M. Jules Guérin; M"" Louise D.; M. Louis Hennan, de Mézières; M. Gustave R., de Itressuire; M. Léon Maury ; M"' Léonie D..., de Lyon; M. Charles d'Etcliégoyen.
Quelques uns de mes correspondants ont choisi des personnages de l'histoire de France. Je n'en fais pas mention, parce que je me propose plus tard de faire ime question à ce sujet.
EXPLICATION DE LA DEnNlfcllE CHARADE.
Presque tout le monde a deviné le mot de la dernière charade. Ce mot est Finisterue, que l'on écrit aujourd'hui par corruption FiNisTèiiE. Il vient de lieux mots latins , fini s terra- , {fin , extrémité de la terre); c'est le nom qu'on donne à la pointe que forme dans la mer l'extrémité de la Bretagne; c'est aussi le nom
du département qui se trouve dans cette partie de la France et dont le chef-lieu est Quimper.
On m'a donné, entre autres, W' Antoinette B. de la M., d'excellentes explications fort détaillées sur ce sujet. Mais comme elles ne renferment guères que des faits très connus, et attendu que j'ai aujourd'hui une grande surabondance de matières, je pense qu'on me permettra de ne pas entrer dans de plus longs détails su*- cette charade.
LITHOGRAPHIE
La lithographie de ce jour représente le jeu de volant au cornet, que tous mes lecteurs connissent et qui n'a pas besoin d'explication.
VARIETES
L'Académie française a décerné à plusieurs actes de vertu, dans sa séance solennelle de vendredi dernier, jour de la saint Louis, les récompenses fondées par feu M. le baron de Montyon. Un jeune enfant de six ans, Etienne Lucas, fils du garde champêtre de la connnune de Serquigny, département de l'Eure, a figuré parmi les noms offerts, dans cette solennité, à la reconnaissance publique. Cet enfant a sauvé d'une mort certaine un autre enfant plus jeune qui était tombé dans la rivière. Etienne Lucas avait la conscience du danger qu'il courait, car il avait vu sa sœur se noyer au même endroit. L'Académie a jugé que ce n'était pas avec une somme d'argent qu'il fallait récompenser cet enfant, assez heureux pour avoir sauvé un de ses semblables, lorsque lui-même entre à peine dans la vie; elle lui a décerné une médaille qui sera pour lui à-la-fois une récompense du passé et un encouragement pour l'avenir. On lui obtiendra en outré une place gratuite dans un établissement d'instruction publique.
Je craindrais de commettre plus d'une erreur, en retraçant ici de souvenir quelques uns des faits que j'ai entendu lire; j'attendrai, pour revenir sur cet intéressant sujet, que le Rapport fait à l'Académie ait paru imprimé. Douze actes de vertu ont été couronnés.
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