‹ Le Bon génieChapitre 120 sur 135 · LA ROSE ET LA ROSÉE · texte numérisé non relu

LA ROSE ET LA ROSÉE

FABLE (i).

La fleur la |)lus belle et la plus fière des jardins, adressa un jour ce discours à la Rosée: « Si tu te colores de ma charmante teinte de pourpre lorsque tu descends sur moi, pourquoi te plais-tu ensuite à prendre les diverses couleurs des autres fleurs? pourquoi deviens-tu jaune sur la jonquille, blanche sur le jasmin, et ne refuses-tu pas enfin de verdir sur Therbe? Je ne suis pas orgueilleuse; mais je ne puis souffrir que tu t'avilisses ainsi sur les fleurs les plus communes; je m'intéresse à ton sort; conserve les jolies couleurs dont je t'embellis, elles sont faites pour toi; et porte-les à l'herbe humble et modeste. — Je sais aprécier les Ros(S, répondit la Rosée, et je rends hommage à leur éclat; mais mon habitude de prendre la teinte des objets sur lesquels je me trouve, est immuable et ancienne; elle fait régner une douce harmonie entre moi et les fleurs; rien ne m'y fera renoncer. »

Apprenons de la Rosée, si nous voulons être aimables et aimés, l'art si difficile et si important de nous plier aux divers caractères.

MOTS A L'OREILLE

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