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LES CHARMES DE L'ÉTUDE

FRAGME^'T.

Mon fils, dit le vieillard, après un cou»t silence, Je te dois les conseils de mon expérience...

Dès mes plus jeunes ans, une douce habitude

M'a fait voir le plaisir dans le sein de l'étude :

De mon heureuse enfance elle embellit le cours,

Et du triste collège elle charma les jours.

Je n'oublîrai jamais l'époque fortunée

Où, couronnant enfin le travail de Tannée,

Par les mains d'un grand homme un laurier glorieux

Ceignit aux yeux de tous mon front victorieux.

Prémices de l'honneur, innocente victoire.

Qui du talent naissant prophétisez la gloire!

Quel pouvoir est le vôtre! A ce doux souvenir,

Mon sein presque glacé semble encor tressaillir.

A l'âge où la nature allume dans nos âmes

Des folles passions les redoutables flammes,

J'eus le rare bonheur de garder mon repos.

De l'étude suivant les paisibles drapeaux,

Sous ce tranquille abri j'évitai les orages,

Et mon adolescence, exempte de naufrages,

S'écoula doucement, comme un calme ruisseau

Qui recueille en son cours quelques fleurs du coteau.

Enfin, dans la retraite, embellissant ma vie, Une jeu ne compagne à mon sort fut unie. Souvenir précieux! bonheur céleste et pur! Du beau ciel de mes jours rien n'altérait l'azur. Ah! lorsque je connus la douceur d'être père. Quand je vis mon enfant, sur le sein de sa mère, Tourner vers moi les yeux, essayant son regard, Balbutier mon nom , et me tendre au hasard Ses bras qui réclamaient ma première caresse, Ace tableau touchant, plein de trouble et d'ivresse, Je quittais mes travaux, et sur mon doux loisir Planaient l'obscurité , le calme et le plaisir. J'étais heureux alors! —Cependant la patrie, Vers sa perte entraînée au gré d'une furie, Se voyait menacer de la destruction.

Sur un char tout sanglant la révolution ,

Par d'invisibles mains dans son cours emportée, Foulait en grandissant la France épouvantée. Tel ce fleuve puissant, vaste roi des déserts, Qui va par sept canaux grossir le sein des mers. Sous des cieux inconnus cachant sa faible source. S'enfle, s'accroît , grandit, s'élargit dans sa course; Du lit qui le captive il dompte les efforts, Sans cesse en avançant écarte au loin ses bords. Et, roulant de ses eaux l'épouvantable masse, Il marche en conquérant envahissant l'espace! Le torrent menaçait... Il fallut fuir , mon fils. Sous un ciel étranger, pleurant sur mon pays, A des maux plus affreux ma vie est réservée : Par de telles douleurs ma compagne éprouvée Succombe, et m'abandonne, isolé, sans secours. Avec ce dernier fruit de nos chastes amours. Ah! de quel désespoir mon âme fut atteinte! Ces lieux ont entendu ma douloureuse plainte. Ma fille, en cet instant c'en était fait de moi... Tu réclamais mes soins, et je vécus pour toi. Par d'utiles leçons j'éclairai ton jeune âge; Chaque jour, de tes yeux j'écartais un nuage^ Je vis développer ta précoce raison , Dont les fruits cultivés devançaient leur saison; J'étudiais pour toi : cette heureuse habitude Rendit quelque douceur à notre solitude; Puis enfin , retournant à mes premiers travaux, A défaut du bonheur, j'y trouvai le repos.

VARIÉTE5.

Quelqu'un m'a demandé iroù viennent ces mots: croix ou pites , qu'on emploie en jouant avec une pièce de monnaie. L'usage de ce jeu de hasard remonte au règne de Saint-Louis, dont la monnaie portait, d'un côté une croix^ et de l'autre, lies piliers.

— Une personne extraordinairement laide ci. contrefaite, mais qni a le bon esprit de ne pas se faire illusion sur sa figure et sur sa taille, demandait l'autre jour à une petite fille de cinq ans, qu'elle voulait embarrasser: « Dites-moi, ma petite amie, me trouvezvous jolie?» La pauvre enfant baissa soudain la tête, en rougissant jusqu'aux yeux, et ne voulant ni parler contre sa pensée, ni dire une chose désobligeante, elle répondit: u Madame, je crois que je suis encore trop petite pour me connaître en figures. »

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Disu^CBC, 6 AvniL i8a8.

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