PRIX
Voilà le grand jour arrivé! comme disent plusieurs de mes correspondants et correspondantes, en commençant leurs lettres. Oui, mes amis, je suis très content aujourd'hui, puisque je vais être l'occasion de quelques jouissances pour plusieurs d'entre vous; que ne puls-je dire pour tous? Mais vous êtes assez raisonnables pour comprendre que tout le monde ne peut obtenir des prix, des accessit et des mentions honorables. Je multiplierai du moins ces dernières, dans une proportion convenable avec le nombre des concurrents; et d'ailleurs, ceux et celles qui n'en auront pas obtenu, ne doivent pas croire pour cela que leurs compositions n'étaient pas dignes d'intérêt : je déclare, au contraire, avec un vrai plaisir, que, dans toutes les lettres que je viens de lire, il n'en est pas une que j'eusse pu écarter du concours comme n'étant pas assez satisfaisante; il n'y a eu réellement entre elles que la différence du bien au mieux. Plus d'une lois aussi ai-je été fort embarrassé pour déterminer ma préférence, et je ne m'en suis même pas rapporté à moi seul; j'ai voulu mettre ma conscience à l'abri sous des avis éclairés. Il m'a paru juste, en
même temps, lorsque j'ai eu à balancer entre deux lettres d'un mérite égal, de donner le premier rang à celle du plus jeune des deux concurrents. J'ai mis du reste, dans cet examen, le même soin, le même scrupule que de coutume, et j'aime à croire que mes jeunes amis s'en rapportent à moi avec pleine confiance.
L'annonce de ma décision relative aux concurrents âgés de seize ans accomplis, a jeté l'alarme parmi ceux et celles qui se trouvent dans ce cas, à cause des prix de semestre. Il parait que je ne me suis pas expliqué assez clairement, car on a craint que ceux et celles qui ont complété leur seizième année dans le courant du dernier semestre, ne pussent point prétendre à ces prix. Ce n'est pas là ce que j'ai voulu dire, car cela eût été injuste; ceùt été, comme on me le fait observer, donner un effet rétmactifa ma décision, et je n'en avais ni le droit, ni la volonté. J'ai annoncé que ceux et celles qui ont atteint l'âge de seize ans, étaient hors de concours pour les prix que je proposais cette année, de même que ceux et celles qui ont atteint l'âge de onze ans ne peuvent plus concourir dans la seconde division. Mais ceux et celles qui n'avaient pas encore seize ans quand le dernier semestre a commencé, avaient évidemment le droit de prétendre au prix de semestre dans la première
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division; comme aussi ceux et celles qui n'ont complète leur onzième anne'e que dans le courant du même semestre, ont jju prétendre au prix de semestre dans la seconde division. Cette explication n'est pas d'un beau style, mais il me semble qu'elle est claire; et cela était d'autant plus nécessaire, que les jeunes personnes qui ont mérité les deux prix de semestre, se trouvent l'une et l'autre dans ce cas. Elles ont atteint, l'une seize ans, l'autre onze ans, à la Eu du semestre qui vient de s'écouler.
Je dois exprimer à mes correspondants et correspondantes âgés de seize ans, combien je suis touché des choses aimables qu'ils m'adressent, et de la grâce avec laquelle ils ont accueilli ma décision. Lorsque leur nombre sera augmenté, je ne résisterai pas au désir de leur ouvrir un autre concours, et de proposer un grand prix pour eux et pour ceux qui, en ayant déjà obtenu deux , ont été mis hors des concours ordinaires. Pour aujourd'hui, je me bornerai à faire
trois MENTIONS SUPERIEURES ET SPECIALES dcS trois
meilleures lettres que j'ai reçues de ceux et celles qui se trouvent dans ce cas.
Ces trois lettres sont celles de M. EucixE Dehsle, de Périgueux, âgé seulement de quatorze ans et demi, mais mis hors de concours, comme ayant déjà obtenu deux prix; de Mademoiselle Antoinette Rous DE LA Mazelière , de Marseille, qui vient d'atteindre l'âge de seize ans; et de Mademoiselle Clémence de
Flers, qui a également accompli cicpuia peu sa seizième année. Je mebornerai à imprimer la première, afin de conserver la place nécessaire pour les compositions qui ont obtenu les prix et les premiers accessit, dans les deux divisions.