DEUXIÈME QUESTION
Qu est-ce que la taquinerie? etc.
Les deux lettres en réponse à cette question, qui m'ont paru mériter la préférence, sont celles de Mademoiselle Fictorine G...., et de M. Anatole de Th
Les voici :
"Mon bon Génie, il me semble que la taquinerie consiste à trouver du plaisir à tourmenter, à vexer, à contrarier les autres, dans tout ce qu'ils disent et ce qu'ils font. Elle naît, je crois, du désoeuvrement et d'un fond de malignité.
« Une taquinerie continuelle est un véritable supplice pour celui qui y est en bute. Je pense que l'enfant qui , de gaieté de cœur, fait, par ce cruel défaut un martyr de son compagnon, n'est pas tout-à-fait bon; ou, s'il a un bon cœur, il oublie de le consulter, lorsqu'il taquine quelqu'un.
«Un enfant taquin compromet non seulement /a réputation de son cœur, mais aussi celle de son esprit; car ne faut-il pas qu'il ait le cerveau bien vide, pour employer son temps et les faibles ressources de son génie, à exercer la patience de ceux qui l'entourent?
«L'esprit de contradiction qui résulte de Ihabitude de taquiner, fait de l'enfant taquin un être insup-
portable. Chacun fuit avec soin celui qui est en opposition avec tout le monde.
u VicTORiNE G.... , âgée de lo ans i mois »
« Mon bon Génie, la taquinerie est une espèce de contrariété qui consiste à ne faire que ce qui peut tracasser, et à le continuer quand on s'aperçoit que ça ennuie. Aussi un enfant qui a ce défaut-là, s'expose à être bien souvent renvoyé d'auprès des personnes avec lesquelles il joue, et à être bien souvent puni, à force d'ennuyer de ses taquineries.
« Anatole de Tu...., âgé de 8 ans, à Autun. »
J'extrais les pensées suivantes de deux autres lettres qui sont aussi très bien :
« La taquinerie consiste à contrarier et à contredire sans sujet, à soutenir des choses que l'on sait n'être pas vraies, à faire ce qui peut être désagréable aux autres. » (M"" Amélie W...... à Corbeil.)
« Un enfant taquin doit être aussi malheureux qu'il est peu aimable; car, comme le bonheur d'un enfant consiste à être aimé de ses parents et de ceux qui Tentourent, il risque, par ce défaut, de diminuer la bienveillance et Tamitié de ceux avec lesquels il vit. » (M"' Louise Le P...., a Bernay.)
Je me borne à mentionner, comme satisfaisantes, les lettres de M""^ Aimée Liautey , a Besancon ; M"" Agathe C....; M. Charles Bojsset, à Châlons-sur-Saône;
M"' Berthe B , à Châlons-sur-Saône; M"' Henriette
G...., à Rouen; M"" F. P...., Amélie H...., Louise dH...., et Julie G...., à Nancy; W' Héloïse F...., à Nancy ; M. Louis Beauchef, à La Flèche.
Je suis obligé de renvoyer à dimanche prochain l'explication de la charade, afin de me réserver aujourd'hui un peu de place pour des annonces d'objets d'étrennes.